Tsamere : « On ne s’y fait jamais »

TsamereLyon2014

Véritable touche-à-tout, Arnaud Tsamere est avant tout connu pour être un humoriste. De l’improvisation au one-man-show, il intervient aujourd’hui ponctuellement dans L’Equipe 21 au niveau audiovisuel, mais aussi dans Le Monde depuis plusieurs mois, où il a sa propre chronique. Dernièrement, on le retrouve sur TMC dans « Canapé Quiz », qu’il anime. De passage le 9 mars dernier à Chaban Delmas – en compagnie de Bapstiste Lecaplain – pour donner le coup d’envoi fictif de la rencontre opposant les Girondins à l’Olympique Lyonnais, il est ressorti déçu de cette rencontre, mais cela n’ébranlera pas sa passion pour le club au Scapulaire. Propos.

 

 

 

Arnaud, comment es-tu devenu supporter des Girondins de Bordeaux ? Est-ce simplement géographiquement parlant, ou y a-t-il un ou plusieurs évènements qui ont fait que ?

J’ai découvert le foot à la télé en regardant le France-Allemagne de Séville en 1982, avec mon père. C’était incroyable, j’avais 7 ans et je me suis tout de suite passionné. J’ai demandé à mon père où j’étais né et quelle équipe j’allais pouvoir supporter. Réponse ; Bordeaux ! C’était la grande époque en plus. Alors, je suis supporter des Girondins depuis 32 ans…

 

En 2001, ta vie a pris un tournant puisque tu as décidé de passer d’un poste de commercial à l’humour. Certains devraient penser aussi à passer du football à l’humour, non ?

En donnant le coup d’envoi de Bordeaux-Lyon le 9 mars, Baptiste Lecaplain et moi avions annoncé qu’on allait mettre en scène le prochain one-man de Francis Gillot. Je crois que ça peut cartonner !

 

Justement, comment as-tu vécu cette rencontre face à Lyon ? C’est un scénario habituel, où on n’arrive toujours pas à s’y faire ?

Un épisode très douloureux… On ne s’y fait jamais. Perdre dans les arrêts de jeu est la pire chose qu’un supporter puisse vivre. En plus, on était assis pas loin de Jean-Louis Triaud, avec nos maillots sur le dos… J’entends encore le speaker annoncer « temps additionnel 4 minutes », juste avant l’égalisation de Lyon.

 

 

 

 

C’est une saison compliquée pour les supporters que nous sommes. Quelles sont les raisons qui font que cette saison sera, au final, très moyenne ?

Il faut chercher, je pense, les raisons au cœur des valeurs qui font la réussite d’une équipe : le collectif, l’envie, la solidarité. On parle beaucoup de la frilosité sur le recrutement, des départs de joueurs etc, etc. Mais je pense qu’avec l’effectif actuel, on doit être capable d’accrocher l’Europe. Pour moi, c’est une question d’état d’esprit et de motivation. Je ne sens pas les joueurs tirer dans le même sens et surtout on ne les sent pas sous pression. Ça me fait penser à un très bon élève qui pourrait décrocher les félicitations mais qui ne travaille pas assez pour exploiter ses capacités.

 

Mais il y a cette sensation – très visible au final – que Bordeaux perd en qualité chaque année…

Encore une fois, je ne trouve pas que intrinsèquement on perde tant en qualité que ça d’année en année. Pour moi, le club ne s’est jamais remis moralement de la dégringolade d’après la trêve hivernale en 2010/2011. Je pense que retomber si vite et si violemment a laissé beaucoup de traces dans l’état d’esprit et l’envie de se défoncer sur le terrain.

 

En parlant de départs, on a pu voir que Ludovic Obraniak – entre autres – était venu il y a presque un an jour pour jour assister à ton spectacle. C’est un joueur que tu appréciais ? Comment as-tu réagi à son départ lors du dernier mercato ?

J’adore Ludo, il est venu deux fois même au spectacle. C’est un joueur incroyable mais qui a besoin de relais au milieu de terrain pour s’épanouir. Or avec les départs de Trémoulinas, Gouffran et Plasil, le jeu devenait plus compliqué pour lui. Il regardait passer les ballons au-dessus de sa tête au milieu du terrain…

 

On a appris la semaine dernière sur Gold FM que Francis Gillot avait refusé Wahbi Khazri afin de remplacer Ludo Obraniak, justement. Comprends-tu ce choix ? Nous pas tellement…

Moi non plus… Mais les personnes qui ont pris cette décision ne sont ni suicidaires ni folles, alors elles avaient surement d’autres raisons qui nous échappent, peut-être…

 

D’une manière plus générale, que t’inspire Francis Gillot ? Les avis sont très mitigés ici, que ce soit humainement, tactiquement, ou au niveau de la communication…

Je l’aime bien moi. Il n’est pas le plus fun du foot français, mais il a fait de très bonnes choses, je trouve. Son passage à trois centraux par exemple la saison dernière était plutôt osé et s’est avéré assez payant. Maintenant, je pense que d’ici quelques mois nous n’aurons plus à nous poser la question…

 

 

 

Merci à Arnaud une nouvelle fois. Dès demain, retrouvez la seconde partie de son interview avec les thèmes « Bordeaux Vintage » et des « Médias », afin de mieux le connaitre encore.