Tout ce qui s’est dit au CFC

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On s’attendait à un choc entre Jean-Louis Triaud et Pierre Ménès. Il n’en fut rien. Après quelques joutes joviales en début d’émission, le consultant de Canal s’est très vite éteint et a vite arrêté d’aboyer. Jean-Louis Triaud était fort, certes, mais tout de même… Nous n’apprendrons pas grand chose au final si ce n’est que Bordeaux comptera cette année sur ses jeunes, comme pour l’année prochaine. Que « certains » supporters ont des œillères et de la mauvaise foi et que seuls les Ultras et les Irréductibles comptent… Que d’insulter un journaliste n’est pas grave et mérite même une récompense. Que le Grand Stade sera rentabilisé car il a au moins 70 ans devant lui. Et qu’apparemment, ce n’est pas la dépression à Bordeaux, mais la joie de vivre !

Bref, voici le contenu du semblant d’échange entre le Président des Girondins de Bordeaux, Jean-Louis Triaud. Et les faux aboyeurs qui y vont finalement avec des pincettes pour ne pas se mettre un club à dos. C’est ça, le foot dans les coulisses d’aujourd’hui. Des petits tacles par derrière, et de l’hypocrisie devant. Pas de doute, Bordeaux n’est pas prêt de changer…

 

 

 

CFC : Les vendanges sont bientôt terminées ? D’ailleurs vous avez un Château au nom de Pierre…

JLT : « Il reste trois jours. On a hésité à changer le nom du Château Saint-Pierre (Saint-Julien-Beychevelle) justement pour ça… »

 

Jean-Louis Triaud, vous avez été agacé par nous, les médias ?

JLT : « Pas par vous, lui (en montrant Pierre Ménès) ! On va pouvoir en profiter pour régler quelques comptes »

 

Sur l’arbitrage, et les stars dans les clubs…

JLT : « Les arbitres doivent respecter les stars, mais les stars doivent aussi respecter les arbitres. Je fais passer le message à mes joueurs de ne pas discuter. Ça ne sert à rien, un arbitre est meilleur lorsqu’il n’est pas sous pression.

PM : C’est facile pour lui, il n’en a pas des stars à Bordeaux.

JLT : Il est dans son rôle, dans sa fonction, il fait rire… (parlant au public et au plateau) »

 

Qui est votre favori pour le titre ?

« Paris a de la marge, de la maturité, et un effectif plus riche. Monaco est moins constant, mais joue mieux au football. »

 

Sur l’équipe de France et le match face à l’Australie

« Il faut relativiser par rapport au niveau de cette équipe d’Australie, même si elle est qualifiée pour la Coupe du Monde. Il y avait de l’animation, beaucoup de présence dans la surface, alors que d’habitude il y en a un et encore c’est par hasard. Il y avait de la vie, c’était plutôt sympa.»

 

Savoir pardonner pour Nasri ?

« Dans la vie en général, tout le monde mérite le pardon, personne n’est condamné à vie. Il avait fait quoi Nasri ? (il avait insulté un journaliste). Ah, ça c’est pas grave, moi je le décore pour ça (rires). Blague à part, il doit être pardonné à un moment ou un autre »

 

C’est important pour un Président de club la Coupe du Monde ?

« Pour un Président pas vraiment, pour les supporter oui. On a envie de voir la France en finale. Quand on est Président, on espère toujours qu’il y ait quatre ou cinq joueurs qui vont se montrer à leur avantage, ça peut aider… Mais ce n’est pas notre cas ».

 

On a l’impression que ce n’est pas la joie à Bordeaux, le club est-il tombé dans l’indifférence ?

JLT : « Je crois que vous avez démontré le contraire. Après, il y a des reproches. Moi ce qui m’intéresse c’est le bilan. Un tout simple depuis 2000 : Bordeaux est le seul club qui a remporté les quatre trophées à l’échelle nationale. »

 

Vous avez les reproches des supporters …

JLT : « Non, de certains de nos supporters (il voit les images… Ce sont les Irréductibles qui sont filmés). Ah, les Irréductibles, c’est des vieux… (le reportage est diffusé) Nous avons deux groupes actifs. Les Ultramarines avec qui nous avons un dialogue permanent, les plus jeunes. Puis les Irréductibles que je connais depuis vingt ans, qui sont en fait d’anciens Ultras mais qui ont muri. Ce sont des garçons très sympas. Je ne suis pas là pour discuter des avis des supporters. Je respecte tous les avis, je m’inscris en faux quand on dit que Bordeaux n’a pas de bilan. Les joueurs ont gagné et m’ont accompagné. Sur vingt ans nous sommes le deuxième palmarès français. Ça fait 17 ans que j’entends ça, et quatorze qualifications pour la Coupe d’Europe. Nous avons le besoin d’équilibrer nos comptes, d’arriver à l’équilibre financier. On n’est pas les seuls à avoir cette stratégie, même un club comme Lyon est critiqué. »

 

Ménès : Cela fait quatre ans que vous dégraissez ? Quinze jours après l’arrivée de Tigana, vous avez vendu Gourcuff à Lyon pour 22 millions d’euros…

JLT : « Tu as raison. Ce qui nous a couté, c’est l’après titre. Quand on n’a pas les moyens… Il vaut mieux être deuxième que premier. Il y a les primes… Pour l’après titre, on est premier pendant six mois, et on ne finit pas européen. On sait tous que lorsqu’on n’est pas européen, les ennuis commencent. D’autres ont connu ça : Montpellier, Lyon, Lille… L’ambition ? Le club a toujours tenu son rôle. Nous n’avons jamais été plus loin que la septième place. On veut s’appuyer sur le centre de formation. C’est aujourd’hui des joueurs issus du centre qui font la moitié de l’équipe. Et recruter des jeunes avec une prise de risques. Des joueurs confirmés, nous n’en avons pas les moyens. Diego Rolan, par exemple, tout le monde a dit qu’il était nul. Pas totalement, il a quand même été en finale de Coupe du Monde des moins de 20 ans… C’est plus qu’un pari ! C’est un nouveau pays, une nouvelle culture, qu’il ne connait pas. Il vient seul… Et sur les deux derniers matches, il a trois passes décisives… »

 

Vous n’allez pas jouer la Ligue Europa…

JLT : « Il y a un gros malentendu là-dessus (sur les propos de Francis Gillot qui a dit le lendemain du Maccabi, en conférence de presse, qu’il n’avait pas les moyens de la jouer). Les propos étaient après le match, pas avant. Je suis d’accord avec Francis dans ses choix. Il fait ce qu’il veut, il voit les joueurs en forme à l’entrainement, les joueurs à protéger. Moi je dis simplement que les onze gars, plus ceux sur le banc, doivent se désosser pour gagner le match. »

 

Bordeaux lâche t’il la Coupe d’Europe alors ?

JLT : « Non, on ne lâche pas la Coupe d’Europe. On adapte l’équipe le jour du match. »

 

Ménès : Moi, je ne les regarde pas. En ne la jouant pas, vous ne faites pas votre travail, alors je ne vois pas pourquoi je ferai le mien. Je la boycotte.

JLT : « Pourquoi tu en parles alors ? »

 

Ménes : Je ne comprend pas qu’on défende un entraineur sur cette prise de position. Nos points UEFA s’effondrent. Et dire qu’on en a pas parlé de Bordeaux la saison dernière en Ligue Europa c’est faux. L’année dernière les meilleurs matches en Coupe d’Europe des français c’était l’Europa Ligue. Mais c’est un discours pas audible pour le football français les propos de Gillot…

JLT : « Francis est quelqu’un d’entier. Les points UEFA, on est les seuls à en avoir marqué la saison dernière. Cette année, Nice, Sainté, ils n’ont même pas passé le tour préliminaire… La seule chose qu’on puisse dire, c’est demander aux gars de jouer pour gagner. C’est ce qui nous a d’ailleurs valu de perdre contre Paris et Monaco, parce qu’on a joué pour essayer de gagner, et ne pas faire un match nul 0-0… »

 

Mathoux : Vous êtes dur avec votre équipe ?!

JLT : « Les gars, il faut les bouger. Mais je ne suis pas d’accord sur le fait qu’il faut absolument qu’un match soit intéressant à voir jouer. Il n’y a pas de notes esthétiques comme le patinage artistique. »

 

Ménès : Vous ne gagnez pas souvent quand même…

JLT : « Plus que tu ne le dis, plus que tu ne le penses… »

 

« Dugarry : On a l’impression que c’est un club de dépressifs…

JLT : J’en ai l’air ?

Dugarry : Non, parce que je te connais bien. Mais je vois les joueurs tristes, les entraineurs et les supporters aussi. Le bilan n’est pas négatif, même si je me fais chier à regarder Bordeaux, c’est la vérité. J’ai l’impression qu’il n’y a pas de plaisir dans ce club, tout le monde s’ennuie…

JLT : Seule la victoire est jolie. L’année dernière, je discutais avec un dirigeant d’un club que j’aime bien, Marseille. Tout le monde a dit que Marseille, on s’emmerdait à les regarder jour. Tu demandes au public s’ils veulent un beau match où ils prennent une taule, ou un match vilain à voir où on gagne, t’auras la réponse… »

 

Duga : L’avenir, c’est quoi ?

JLT : Vous avez que le foot à montrer du doigt…

Duga : L’été prochain, c’est quoi l’avenir ?

JLT : Les jeunes !

 

Le Grand Stade, est-ce un investissement risqué ?

JLT : « C’est un investissement risqué, mais calculé. Ça a été bien ficelé avec les collectivités locales et M6. Ça devenait une obligation. Nous n’allions quand même pas jouer comme dans les arènes de Nîmes au temps des gallo-romains… De plus, à Chaban, il n’y avait pas de quoi accueillir les personnes à mobilité réduite. Notre stade avait 70 ans. Si le nouveau dure aussi 70 ans, nous avons le temps de l’amortir. »

 

 

Source : Canal Football Club

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