Si j’étais Paulo Sousa…

Paulo Sousa

Cette nouvelle rubrique n’a pas pour vocation de remplacer notre coach actuel pour lequel nous avons le plus grand respect, mais pour se poser des questions sur la tactique et les joueurs à utiliser avant chaque match en fonction du ou (des) matchs précédents, de la forme des joueurs, de leurs caractéristiques, de l’opposition, des blessures et de l’animation.

Après chaque match, nous essayerons d’analyser le choix des joueurs, la tactique mise en place par Paulo Sousa et son animation.

Les enjeux tactiques du match à Pau

Comment essayer de sortir de cette spirale négative ?

        1 – La question du schéma

La question du 3-5-2 est clairement au centre de l’ensemble des questions et des débats depuis plusieurs semaines. Même si ce schéma a donné quelques matchs intéressants, il ne semble pas convenir à certains joueurs. On a découvert un Pablo maladroit à gauche de la défense alors qu’on avait un défenseur central de qualité avant ce changement de positionnement. Même question avec Mexer qui semble perdu dans la relance.

La première réponse vient peut-être en revenant à un système qui met en valeur les qualités premières de nos joueurs, qui permet de les réinstaller dans le confort d’un poste qu’ils connaissent et de redonner de l’allant au groupe.

Dans une défense à 4, Pablo ou Mexer pourrait retrouver l’axe droit au côté de Koscielny et pour les latéraux, plus de repères dans un système qui demande peut-être moins de coffre et de vitesse.

Dans cette même optique, Kamano, Kalu et peut-être demain Oudin peuvent surement progresser dans un rôle de piston mais quel est l’intérêt à terme de nous passer de leurs qualités premières de percussions en attaque en les obligeant à défendre sans cesse, surtout contre les grandes équipes de notre championnat, nous privant ainsi de leurs lucidités dans les phases offensives.

Ces joueurs sont-ils prêts également à faire ces efforts tout au long de l’année ?

        2 – Repositionner et avoir des joueurs techniques sur le terrain pour améliorer l’animation

Un des éléments les plus frappants samedi soir au Matmut Atlantique : le manque d’animation sur le terrain. On peut se demander si la question du positionnement, l’impression de joueurs enfermés dans un système et finalement l’acceptation sur le long terme d’un schéma contre nature. Comment expliquer cette fragilité mentale, tellement perceptible, depuis que la machine s’est enrayée en 15 minutes au stade vélodrome, 4 jours après un 6-0 qui aurait dû asseoir les fondations de la première partie de saison ?

Une heure avant le début du match, à la lecture des compositions d’équipe, on était déjà en droit de s’interroger sur notre envie d’avoir la possession de balle, un des grands principes de Paulo Sousa, en se privant de notre seul meneur de jeu, Adli, pas prévu sur la feuille de match. Aït Bennasser aurait pu apporter également un peu d’expérience et sa touche technique dans un match où la justesse est indispensable pour espérer un résultat.

Le plus cruel restant à venir avec le récital de Benrahou avec Nîmes pour sa première deux heures plus tard et on se pose la question d’un réel manque de talent dans l’effectif et si l’erreur sur ce match était une erreur de casting et donc en partie du chef d’orchestre. Bien entendu, cela ne retire en rien la faute aux joueurs présents sur la pelouse.

      3 – La question du buteur et de la valorisation de nos joueurs

Bordeaux est à la recherche d’un attaquant, d’un buteur.
Quand Léao arrive à Lille à 19 ans, on lui donne rapidement sa chance, il marque, il joue. Il ne réussit pas tous ses matchs mais il progresse et il finit la saison avec un transfert à plus de 30 millions au Milan AC. Maja a un ratio d’un but toutes les 100 minutes jouées à 19 ans, il a marqué 5 buts et a réalisé 3 passes décisives en 584 minutes. Bien entendu, il doit parfaire sa compréhension du championnat français, continuer à apprendre comme Adli mais pour grandir ne doit-il pas jouer plus ? On se pose parfois moins la question de l’âge et du talent dans d’autres pays européens ou dans d’autres clubs en France qui doivent comme Bordeaux faire progresser mais également valoriser au mieux ses jeunes joueurs, accélérer la formation, notamment en jouant les grands matchs, de ces équations dépendent aussi la réussite d’un projet bordelais sans moyen financier important. De plus, dans un match avec si peu d’opportunité pour notre équipe, pourquoi se priver même pour 20 mn en fin de match du seul joueur qui semblait capable de débloquer une situation compromise. Quelle seraient les stats et la valeur de Maja à la mi-saison s’il avait joué 500 minutes supplémentaires ? Comme Rémy à Lille, l’expérience de Briand est indispensable mais à 34 ans peut-il être le fer de lance du nouveau Bordeaux et être titulaire 30 matchs dans la saison ?

       4 – Relancer et permuter

Pour Pau, si j’étais Paulo Sousa, j’en profiterai pour relancer Adli (s’il est remis de sa blessure cette semaine), Maja, Aït Bennasser mais également Kwateng (très solide à son poste et qui a disparu sans raison réelle à part celui d’être arrière droit et non piston droit). A gauche, personne n’a vraiment convaincu, le retour de Sabaly ou pourquoi ne pas tenter le jeune Ismael Sow (peut être trop tôt dans la zone de turbulence que vit actuellement les Girondins ?).

Kalu retrouverait un poste sur les ailes, permutant à droite et à gauche pendant le match avec Oudin, De Préville ou Hwang. De Préville et Oudin ont également la capacité à permuter avec Adli (en bleu sur les schémas).

Permuter, créer de nouveaux problèmes tout au long du match à l’adversaire peut-être également une piste et une liberté retrouvée pour les joueurs et une alternative à une modification de schéma tactique.

Rendez-vous jeudi soir après le match pour analyser et décrypter les choix et les (nouvelles ?) directions de Paulo Sousa.

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