« Si j’étais Paulo Sousa »… changer ou stagner ! (Avant Dijon !)

tactique

Le discours a changé. L’ambition a laissé place à la prudence. Paulo Sousa nous parle de plus en plus des petits défauts de notre équipe tandis qu’Eduardo Macia semblerait se satisfaire d’une 8ème place. Sur le terrain, on retrouve les actes qui traduisent ces mots. Malgré un 4ème match sans défaite, Bordeaux semble perdre son âme et ses espoirs d’automne. Décryptage.

 

Retour sur Metz

Paulo Sousa a parlé de changements avant ce match, un vent de jeunesse devait venir réveiller la torpeur d’une équipe suffisante et fébrile à Brest. Finalement à l’annonce du groupe, la seule nouveauté se nommait Ismaël Sow, disparaissant dès le lendemain de la feuille de match. Le désormais « classique » 4-4-2, pourtant décrié et vu comme une « non solution » en décembre puis début janvier, est reconduit. Après un repos, bien mérité à Brest, Koscielny retrouvait sa place et Adli était relancé au détriment d’un Oudin moyen depuis son arrivée. Sur le match, pas beaucoup d’enseignements à en tirer malgré la victoire. Bordeaux a joué plus de 80 minutes à 11 contre 10 et a réussi par faire plier une courageuse équipe messine à force de défendre son but de la 2ème minute.

 

Les points positifs 

Le premier but d’Oudin qui pourrait libérer enfin le joueur, la bonne rentrée de Sabaly, l’amélioration dans le jeu vers l’avant d’Otávio et la progression de Basic.

 

Les points négatifs 

La maladresse de Briand, l’errance de Hwang depuis plusieurs semaines sur le terrain malgré son but à Brest.

 

Changer même si l’équipe ne perd plus

Bordeaux a beaucoup de difficultés dans les 30 derniers mètres, l’équipe est prévisible, lisible que ce soit dans son schéma en 3-5-2 ou 4-4-2. À part la première mi-temps à Marseille, le jeu proposé est sans saveur, loin du plaisir de la fin de l’été et de l’automne. La victoire étriquée samedi dernier ne peut pas permettre d’avoir des certitudes indispensables pour voir plus haut.

 

Maja, Adli, Kwateng et Kalu : même combat

Quand on regarde la situation de ces quatre joueurs et leurs utilisations, on comprend mieux l’inconstance de cette équipe. Briand, qui passe de match correct à fantomatique, a la carte d’intouchable dans cette équipe quand il n’est pas blessé ou suspendu. Pour Hwang le constat est identique alors que le joueur semble épuisé. Pour Benito, la donne est un peu différente car Ismaël Sow est (encore) trop tendre pour Paulo Sousa, Sabaly passe plus de temps à l’infirmerie que sur un terrain d’entrainement et Poundjé passe de la cave au brassard de capitaine mais uniquement en coupe.

Dans le même temps, Maja n’a plus de temps de jeu depuis sa titularisation contre Pau et son but. Et quand on pense qu’il va être relancé plusieurs matchs après, il a le droit à 20mn contre Brest puis direction la tribune. On a la désagréable impression que ce joueur n’a pas le droit de passer au travers d’un match ou même d’un bout de match. Même analyse pour Adli, comment appréhender sa titularisation à Metz quand tu sais pertinemment que tu joues ta place à chaque contrôle et que tu disparaîtras pendant un mois si tu ne réalises pas au moins une passe décisive quand tu as l’honneur d’être sur le terrain ?! Kwateng fut un des meilleurs joueurs des 10 premières rencontres, puis sans explication, il disparaît du 11 de départ, du groupe. Pour Kalu, on ne sait plus chaque semaine si il est blessé ou mis à l’écart.

La lecture de tout ces éléments brouille, rend parfois illisibles les choix du coach. Avant eux, une seule mi-temps catastrophe à Angers a scellé définitivement la saison de Bellanova et Lottin.

Comment dans cette optique créer une concurrence saine entre les joueurs ? Comment trouver cette stabilité mentale pour l’équipe entre des joueurs qui semblent avoir une confiance relative du coach et d’autres qui ont conscience qu’ils joueront sans avoir besoin d’être à un niveau exceptionnel ?

Alors que Bordeaux ne perd plus, on entend de plus en plus de voix se faire entendre sur le « dogmatisme » du coach.

 

Bordeaux à sa place ?

Si on considère que Bordeaux est à sa place, alors Paulo Sousa est en train de réussir son pari.

Si on regarde maintenant les effectifs de Ligue 1, il faut légitiment se poser la question de l’objectif réel des Girondins. Derrière l’ogre parisien, Marseille, Lyon, Lille voire Monaco l’instable ont des effectifs en qualités et quantités supérieurs au nôtre. Mais derrière, prenez-le temps de regarder St Etienne, Rennes, Strasbourg, Nantes, Reims, Montpellier et vous verrez que nous n’avons rien à envier à ces équipes. Bordeaux doit alors avoir une ambition au porte du top 5. L’excuse de la progression à petits pas est bien loin du désir de voir toujours plus haut. Avant le match de Marseille, cette équipe n’avait pas à rougir de sa 3ème place et maintenant elle se satisfait de sa 8ème place comme si elle préparait déjà la déception de la fin de saison. Avec ce discours, comment les cadres vont se mobiliser ? Comment nos joueurs vont-ils se dépasser et être valorisés ?

 

Dijon pour préparer Paris

Nous pouvons continuer avec la même équipe que lors des quatre dernières journées et battre Dijon mais avant le virage parisien, ne faut-il pas remobiliser l’ensemble de l’équipe ? Ne peut-on pas battre Dijon avec Maja, Kalu et/ou Adli ? Ne peut-on pas donner un peu de temps de jeu à Zerkane ou Sow dans ce type de match ? Comment intégrer par petites touches ces jeunes si on n’ose pas les lancer dans le grand bain contre Dijon ?

La victoire ne doit pas nous rendre aveugle. Bordeaux a besoin de certitudes après avoir retrouvé une certaine solidité. Après la mutation tactique, Paulo Sousa peut faire taire les détracteurs et retrouver du crédit auprès des supporters grâce à son audace et une dose d’imprévisibilité.

Voilà ma composition avant de connaître le groupe retenu par notre coach (sans Adli car incertain).

Et vous quelle équipe aimeriez-vous voir samedi soir au Matmut Atlantique ?

 

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