Ludovic, tu nous manqueras !

 

 

Un départ dans les dernières heures d’un mercato n’est jamais bon. Il oblige forcément le club vendeur à être réactif pour essayer de compenser la perte d’un joueur incontestablement titulaire, par un joueur d’au mois de même valeur. Et c’est là que les ennuis commencent.

 

 

Un titulaire indiscutable

Avec 21 matches joués cette saison dont 20 en tant que titulaire, Ludovic Obraniak était un élément majeur du dispositif de Francis Gillot. Tantôt à gauche, tantôt à droite, tantôt en soutien de l’attaquant, on l’a même vu ces derniers temps assez bas, au poste de milieu relayeur. Véritable couteau suisse du milieu de terrain bordelais, il est aussi celui qui a le plus centré lors de la première partie de saison (105), devançant clairement Saivet, deuxième (avec 78 centres). Avec également près de 81% de ses passes réussies – dans un secteur où il n’est pas évident d’être régulier car l’on se doit de prendre des risques – il va certainement manquer quelqu’un qui joue juste et qui arrive, grâce à son expérience et ses qualités, à garder le ballon lorsqu’il le faut. Toujours dans cette première partie de saison, il est le deuxième bordelais ayant le plus touché de ballons (1041), juste derrière Mariano, ce qui laisse à penser que le jeu passe forcément souvent par lui. Et puis, Bordeaux, c’est tout de même 44% de victoires avec Ludo sur le terrain en L1, ce n’est pas rien…

 

Décrié pour sa « nonchalance » comme l’a pu être Johan Micoud par exemple, on oublie vite son incidence sur le jeu, son travail de fond, et son jeu souvent juste, qui lui ont permis d’être buteur à quatre reprises en championnat cette saison, et deux fois passeur décisif. Nous n’oublions pas non plus qu’il était le préposé, désigné par France Gillot, pour les coups de pieds arrêtés, que ce soit les corners (53 tirés depuis le début de saison) comme les coups francs. Et pour cause, sa qualité de passe n’en demeure pas moins incontestable.

 

Une mentalité et une intelligence indéniables

Dès son premier jour au Haillan, il n’a eu de cesse de remercier le club au scapulaire de « lui avoir tendu la main » à une période où il croupissait sur le banc lillois. L’intelligence d’un joueur, c’est tout aussi important sur un terrain comme pour l’image d’un club. Et il excellait là aussi dans ses conférences de presse, toujours clairvoyantes et intéressantes. Ne cachant jamais aux supporters qu’il ne finirait probablement pas sa carrière aux Girondins, plusieurs rumeurs, pas plus tard qu’il y a un an, l’envoyaient dans des championnats plus « exotiques » comme la Russie ou l’Ukraine. Car pour lui, la carrière d’un footballeur est courte, et il faut être prévoyant. On entendait aussi son affection pour des championnats en pleine expansion comme le championnat américain, mais son discours n’a jamais évolué « je reste concentré sur les prochaines échéances avec mon club, même si dans le football tout peut aller très vite ». Un discours vu et revu, mais certainement sincère. Pourtant, il ne faut pas l’omettre non plus, son agent continuait de travailler et s’exprimer dans la presse étrangère, affirmant que son joueur et lui seraient à l’écoute de toute offre provenant de l’étranger.

 

Pour l’anecdote, nous l’avons côtoyé directement, et indirectement par le biais d’autres joueurs, et nous avons toujours croisé quelqu’un de simple, avec de vraies valeurs et une bonne humeur constante. Sa démarche envers les Handis de Bordeaux est le meilleur exemple de sa générosité, à quelques jours d’un éventuel départ.

 

 

 

 

 

 

Une relation au sein du club moins agréable

Quand c’est tout beau, tout neuf, et dans un moment où on retrouve le chemin des terrains comme lors de son arrivée en provenance de Lille, tout est idyllique. Mais forcément, et comme beaucoup d’autres joueurs, il y a cette envie de connaitre autre chose, même si souvent certains se rendent compte que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Ces derniers temps, quoi qu’en disent les joueurs avec leur sourire de façade, l’ambiance est assez pesante dans le vestiaire. Les bons résultats de la fin de saison dernière ont quelque peu endormi les velléités de départs de certains, mais ce début d’année n’aura pas été des plus roses au niveau de l’ambiance. Parallèlement à ça il y a encore et toujours ce problème de communication avec Francis Gillot, que beaucoup de joueurs, dont certainement Ludo, ne supportent plus. C’est, globalement, un manque d’ambition et d’investissement des uns et des autres, qui a poussé Ludo à aller voir ailleurs, en parallèle bien sur de son envie d’étranger… C’est un mal récurrent, un besoin de connaitre autre chose alors que les conditions du Haillan sont parmi les meilleures au monde, pour rejoindre un club peut-être plus fort financièrement, évoluant dans un plus grand championnat, mais qui sportivement n’a peut-être pas grand-chose à envier à Bordeaux.

 

 

Arrivé pour 700000€ en Gironde, il repartira pour 2 millions d’€ au Werder, laissant – aussi minime soit-elle aux yeux de beaucoup – une plus-value, et économisant un salaire conséquent au club.

 

 

Alors ciao Ludo, merci pour tout, et bonne continuation !