La tête dans les Etoiles

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    Le résumé

    Dès la première minute, tout un stade se lève et hue l’arbitre, sur un tacle par derrière sur Maurice-Belay dans la surface. Mais il n’en est finalement rien au vu du ralenti. Dès l’entame du match, l’Etoile Rouge n’évolue qu’avec un seul attaquant dans notre partie de terrain, mais cela va vite changer. En effet, Bordeaux a une équipe qui laisse plus d’espace, car tentant de créer du jeu et ayant la possession de balle. A plusieurs reprises, les serbes tenteront leur chance soit en contre, soit en créant justement le surnombre. 6ème minute, Sertic frappe de très loin. Ce n’est pas cadré et le gardien la capte. 10ème minute, le dédoublement de Tremoulinas est très bon, son centre aussi : Gouffran placé entre les deux défenseurs met sa tête mais le portier adverse se couche bien.

     

    19ème minute, le défenseur central serbe veut dégager de la tête mais se manque… Gouffran est à l’affut, résiste au latéral revenu défendre, puis frappe fort du gauche : à côté ! Une grosse occasion manquée. Deux minutes plus tard, sur corner, Henrique dévie le ballon au premier poteau, mais Gouffran, qui ne sait pas quoi faire, manque son contrôle et le ballon est dégagé. La réponse serbe ne va pas tarder. Vesovic, dans son couloir gauche, fixe ses vis-à-vis et n’est pas attaqué. Il pénètre tranquillement dans la surface malgré les trois défenseurs bordelais en face de lui… Un dernier crochet pour se mettre sur son pied gauche et frapper fort dans un angle fermé, mais très proche de Carrasso : à la parade, en deux temps ! Les serbes, présents en nombre dans la surface cafouillent à la 28ème minute et le ballon est dégagé… pour le contre de Maurice-Belay ! Le milieu bordelais profite de sa technique et sa puissance pour résister au dernier défenseur et frappe de l’extérieur du gauche : ballon dévié par le gardien sur la barre ! Nouvelle grosse occasion bordelaise non concrétisée.

     

    Les serbes sont mieux dans le match et les bordelais les craignent. Craints, tout comme leurs supporters qui balancent des projectiles sur Obraniak voulant tirer un corner. Le match est arrêté quelques instants, Obraniak est protégé par trois stadiers (« Il y a des idiots partout dans le monde… ça en fait quelques uns de plus », au micro de Be In Sport à la mi-temps). La fin de mi-temps se profile, deux minutes de temps additionnel. Et sur un mauvais dégagement bordelais à l’entrée de la surface – Henrique fait clairement preuve de suffisance et de trop de tranquillité – Mladenovic se protège des mains et le ballon est juste au dessus de lui. Instinctivement, il effectue une volée du droit : le ballon est puissant, redescend vite, et lobe Carrasso ! But Serbe juste avant la mi-temps ! Ce qui oblige Bordeaux à marquer deux fois, sans encaisser d’autre but…

     

     

     

     

    Bordeaux revient des vestiaires un peu plus fort, avec un peu plus de volonté encore. 48ème, frappe pied gauche dans la surface de Gouffran, passant nettement au dessus des buts. Trois minutes plus tard, double frappe de Jussiê entrée de surface : la première est contrée, la deuxième est nettement au dessus. Une minute plus tard, excentrée côté droit, Maurice-Belay va réussir l’exploit. Long de ligne de sortie de but, le milieu bordelais se joue des deux défenseurs et centre du droit : une merveille de centre pour Gouffran qui arrache brillamment l’égalisation de la tête ! Buuuuutttttt ! Bordeaux égalise et revient dans le match. La réaction serbe ne tarde pas. Sur un coup franc surpuissant, Jovanovic trouve la barre transversale de Carrasso qui voyait ce ballon passer au dessus, mais étant aussi sur la trajectoire.

     

    Bordeaux continue de pousser et manque de peu de passer devant au score lorsque Maksimovic, voulant intercepter un centre, faillit marquer contre son camp. A l’heure de jeu, les serbes montrent clairement leur manque d’expérience et se laissent dominer, commettent quelques fautes bêtes… Bordeaux en profite et se crée quelques coups de pieds arrêtés intéressants mais non concluants. L’arbitre là aussi joue son rôle et ne tombe dans les intimidations ou simulations des deux équipes. 64ème minute, pourtant, Bordeaux se verra infliger un carton rouge. Deuxième carton jaune pour Maurice-Belay sur un tacle par derrière en retard (sans pour autant être dangereux), alors qu’il avait pour consigne de ne plus faire de faute. On se dit alors que cela va être compliqué mais Francis Gillot va tenter un gros coup de poker en faisant sortir la charnière centrale Planus et Henrique, pour Plasil et Saivet (70ème). Bordeaux a un coup franc lors de ce changement. Obraniak s’applique et l’équipe adverse ne semble pas prête… Le ballon arrive sur la tête de Jussiê qui croise et marque ! Buuutttttt ! Poteau rentrant ! Jussiê vient fêter son but devant la tribune du Sud ! Le public exulte ! Immédiatement, Francis Gillot fait machine arrière, et fait rentrer Marange, ne pouvant plus laisser Sané seul au poste de défenseur central ! C’est Jussiê qui sortira, ovationné par tout un stade et le Virage Sud.

     

     

     

     

    Rien ne semble plus arriver pour notre équipe, le plus dur est fait ! Chaque geste technique raté en face sera applaudi… Gouffran tente même le grand pont au milieu de terrain en contre attaque sur Jovanovic qui réalise le coup de la corde à linge ! Carton jaune, seulement ! Pourtant, Gouffran reste au sol, civière sur le terrain, secouristes en nombre… Et pendant ce temps quelques petites explosions dans le parcage Serbe. Mais tout va bien, Gouffran revient après deux minutes dehors, et il est acclamé !

     

    Bordeaux défend du mieux qu’il peut. 84ème, frappe des 25 mètres de Lazovic au dessus… 88ème, un « olé » du public à chaque passe bordelaise. 90ème, punition ! Sur corner, Bordeaux n’arrive pas à dégager et au milieu de la mêlée, Mikic propulse le ballon dans les buts ! Marange était intervenu sur la première frappe, mais la seconde finit bel et bien au fond ! Le moral est presque à zéro… Quand le 4ème arbitre annonce 5 minutes de temps additionnel !

     

     

     

     

    91ème minute, sur un ballon anodin, Obraniak donne tout ce qu’il a dans le pressing, récupère le ballon, et se fait faucher par le portier adverse ! Bordeaux a la qualification au bout des pieds ! Même si le tir de pénalty n’est plus notre spécialité depuis quelques longs mois… Ce sera Gouffran, désigné avant le match comme potentiel tireur, qui s’exécutera. Sans élan, l’attaquant bordelais trompera tranquillement Bajkovic et enverra Bordeaux en Europa Ligue ! Les deux dernières minutes seront jouées à l’expérience, tout en conservation de balle !

     

    Bordeaux s’est fait peur, jouant avec le feu, et tombant sur une équipe très volontaire et pleine de volonté. C’est en larmes, d’ailleurs, que les joueurs serbes quitteront la pelouse, après être passés par le parcage de leurs supporters. Le principal est là, même si ce fut dans la douleur. Et après deux ans d’absence sur la scène européenne, Bordeaux revient avec les trippes : ce sera essentiel dans cette compétition. Bravo Bordeaux, cela va nous occuper quelques soirées en milieu de semaine !

     

     

     

     

     

     

    Les joueurs

    Cédric Carrasso eut une belle parade à effectuer en première mi-temps. Il ne peut rien sur les deux buts, surtout le premier où la trajectoire est tout simplement parfaite. De belles sorties pleines d’assurance, quelques gestes intéressants en seconde. De la présence !

    Benoit Tremoulinas, dans son couloir, a eu un peu plus de mal à passer qu’à l’accoutumée. Quelques centres, ne trouvant pas preneur cette fois-ci sauf en première mi-temps sur la tête manquée de Gouffran. Défensivement, au charbon, n’ayant pas peur des gabarits adverses. Mariano a été moins entreprenant que lors de la dernière rencontre face à Paris. Mais il commence à se faire une spécialité : la faute provoquée sur un grand pont. En place défensivement. Carlos Henrique, réalisant un match correct, a tout de même manqué d’assurance et de sérieux sur le premier but serbe. En effet, il dégage trop sereinement à l’entrée de la surface et offre la balle de but. Marc Planus, par contre, a réalisé un excellent match. Encore dans nos esprits, ce tacle à la 56ème minute, aérien, dans les pieds de l’attaquant allant prendre l’espace. Des interventions derrière, un jeu sur. Du tout bon.

    Lamine Sané est resté dans le même registre qu’au match aller : volontaire, et agressif. Seul au poste de milieu défensif, il dut combler les brèches, tout en se retenant pour ne pas commettre trop de fautes. Grégory Sertic a connu un coup de moins bien ce soir. Un jeu moins précis, moins porté vers l’avant aussi, et des coups de pieds arrêtés que très peu réussis. Même si son abattage fut conséquent, ce n’est pas un match plein auquel nous avons assisté : oui, on s’y habitue vite aux bonnes performances. Nicolas Maurice-Belay, physiquement, semble bien revenir à son niveau de la saison passée. Beaucoup de percussion, et déstabilisation de ses adversaires grâce à sa technique, et des occasions. Comme cette barre trouvée, mais surtout comme cette passe décisive délivrée pour l’égalisation de Gouffran. Du pied droit, s’il vous plait ! L’expulsion est stupide, même si le premier carton jaune n’est pas forcément mérité. Mais avec cette victoire, on l’a déjà oubliée. Ludovic Obraniak a beaucoup subi les contacts de ses adversaires. Très exposé, il a réussi à sortir son épingle du jeu sur un magnifique ballon donné pour la tête de Jussiê ! Mieux encore, il provoque le pénalty bordelais ; récupération, technicité, pénalty récolté : du travail de pro.

    Devant, Vieira Jussiê est resté égal à lui-même. Il peut être ce joueur qui s’arrête après un petit tirage de maillot comme à la 11ème minute, comme ce joueur sortant de l’ombre et donnant l’avantage à son équipe (de la tête qui plus est). Jussiê c’est ce joueur, ce paradoxe. Un but et puis s’en va, ovationné par tout un stade. Devant, Yoan Gouffran a encore beaucoup donné. Trop seul devant à notre goût, il a donné de sa personne en inscrivant deux buts. Le premier est une tête plongeante rageuse qui donne l’égalisation à son équipe. Le deuxième est ce pénalty victorieux qui nous donne cette qualification en Europa Ligue. Il est assurément l’homme décisif bordelais de ces dernières années.

     

    Jarosalv Plasil a essayé de tenir le ballon au milieu de terrain. Henri Saivet s’est échauffé dès son entrée en jeu en accompagnant Jussiê devant les supporters bordelais lors du second but. Avant de faire quelques chevauchées pour gagner du temps. Enfin, Florian Marange est intervenu sur la première frappe du second but serbe. La deuxième finira malheureusement au fond, et il fut le seul à se jeter pour essayer d’empêcher le frappe de marquer.

     

     

     

     

     

     

    La feuille de match

    Match retour de qualification Europa Ligue

    30 août 2012, 20h30

    Stade Jacques Chaban Delmas

    Bordeaux – Etoile Rouge

    Arbitre : M. Mark CLATTENBURG

    Buts : Gouffran (51ème, 92ème), Jussiê (71ème) – Mladenovic (45ème +2), Mikic (89ème)

    Cartons jaunes : Gouffran (30ème), Maurice-Belay (41ème et 64ème), Sertic (81ème) – Jovanovic (50ème), Kasalica (66ème), Maksimovic (51ème), Jovanovic (75ème)

    Carton rouge : Maurice-Belay (64ème)

    Bordeaux : Carrasso © – Henrique (Plasil, 70ème), Planus (Saivet, 70ème), Mariano, Tremoulinas – Sané, Sertic, Maurice-Belay, Obraniak – Jussiê (Marange, 73ème), Gouffran.

    Etoile Rouge : Bajkovic, Mijalovic, Dimitrijevic, Lazovic, Maksimovic, Mikic ©, Jovanovic (Babalj, 86ème), Milunovic (Miric, 62ème), Kasalica, Mladenovic, Vesovic (Asamoah, 75ème).

     

     

     

     

     

     

    Les notes Girondins4ever

    Carrasso : 7

    Tremoulinas : 6

    Mariano : 6

    Planus : 7

    Henrique : 5

    Sané : 6

    Sertic : 5

    Maurice-Belay : 7

    Obraniak : 8

    Jussiê : 6

    Gouffran : 8

     

     

     

     

     

     

    Les Papinades faciales

    Soir de fête, et sans stats à disposition, on s’est alors dit qu’on allait vous proposer les meilleurs passages du célèbre Jean-Pierre Papin. Meilleurs commentaires de la soirée, meilleures analyses, meilleures expressions. Du grand art. Même si on ne vous cache pas que cela nous insupporte plus qu’autre chose, et qu’on aimerait bien lui mettre une belle Papinade faciale !

     

    Tout commence avec le début de match, lorsqu’il annonce la composition bordelaise. Il se réjouit alors de « ce milieu à quatre », puis il compte les joueurs, et rajoute finalement Sané, dit « la sentinelle devant la défense », ni milieu de terrain, ni défenseur. Sic. « Sentinelle », ce mot sera mis à profit dans ce début de match, puis plus rien. Plus rien juste après ayant dit « le sentinelle ». Ayant certainement un doute sur la nature du mot, il tentera de ne plus l’utiliser.

     

    Quant intervient le fameux départ de Ciani et cette phrase à double tranchant : « On lui en veut pas ». Entraineur (oui, oui, souvenez vous… Bon il n’a jamais réussi… Mais il a les diplômes !), il n’hésite pas à étaler sa science et son expérience du schéma tactique avec « un 4-4-2 en cuvette ». C’est ce genre de schéma nul à chier ? Personne ne le sait. Ça doit être assez compliqué ce schéma qui consiste à faire un ovale, avec au centre une sorte de cavité remplie d’eau. Complexe.

     

    Il reviendra d’ailleurs plusieurs fois sur un point : « Il vaut mieux faire un 0 à 0 à la maison », essayant d’argumenter sa thèse sur le moral des joueurs à l’entame du match retour. Pour nous, il vaut mieux gagner le match à domicile, en fait. Des palabres de haute voltige, comme celle-ci : « Quand on est jeune on est insouciant, c’est un premier pavé dans la marre […] l’entraineur adverse attend à la mi-temps un score de nullité ». Trop de mots complexes. Insouciant, pavé, marre, tout ça.

     

    Quand soudain, un éclair de lucidité et de bon sens ! Toujours en première mi-temps : « Jussiê, il est encore en week-end ? Parce qu’il est amnésique depuis tout à l’heure ». A vrai dire, cela fait quelques années qu’il est en week-end. Le prochain désigné sera Obraniak avec cette remarque de bon sens et d’antijeu : « Obraniak, il doit éviter les contacts pour ne pas se faire mal ».

     

    La seconde mi-temps doit aussi être riche en phrases cultes. On notera sur la volonté de gagner pur les jeunes serbes cette « Porte de sortie pour l’avenir ». Ou encore cette belle remarque (le score est alors de 1-1) : « En tout cas, là, c’est sur, il n’y aura plus de prolongations… ». Depuis l’ouverture du score serbe en première mi-temps, Jean-Pierre, il n’y aura plus de prolongations… Nous finirons sur l’expulsion de NMB avec cette remarque merveilleuse, alors qu’il ne reste que 25 minutes à jouer et que le score est toujours de 1-1 : « Ca ne change pas grand-chose cette expulsion »… Au final, il aura raison… Presque visionnaire ce JPP.

     

     

     

    Crédit Photos : L’Express, L’Equipe, Le Parisien, AFP, FranceInfo, 20minutes, sofoot, sport24, ouest-france