Jamais deux sans trois

Le résumé

Les deux équipes restaient sur un mauvais résultat en championnat. Pour Bordeaux, c’était à domicile face à Toulouse. Pour Bastia, à l’extérieur, contre Valenciennes. Les deux équipes auront donc à cœur de se racheter et se replacer ce soir dans le championnat, avec un avantage pour le club corse qui évolue à domicile avec son douzième homme. D’autant que depuis le début de saison, Bastia est intraitable à domicile… Cela nous promet donc un bon match, sans Landreau ni Cissé d’un côté, et sans Diabaté ni Jussiê pour le club au scapulaire. Hoarau est laissé sur le banc, cela donne cette composition en début de rencontre pour nos bordelais :

 

 

Bordeaux semble très bien entré dans le match alors que l’on pouvait craindre un moral en berne après deux défaites face à Toulouse et Paris. Bien au contraire, les Girondins pressent haut et se procureront les meilleures situations en première période. Cela commence par un centre d’Orban à la 3ème minute qui trouve Poko au second poteau, seul… Mais le gabonais, voulant mettre le plat du pied, met finalement ce ballon nettement au-dessus. 11ème, Bastia n’arrive pas à se dégager et l’action se termine par une lourde frappe de Sertic, elle aussi largement au-dessus. La minute suivante, c’est Saivet dans le couloir gauche qui repique dans l’axe, pour frapper à quelques mètres du poteau de Leca. La réaction bastiaise est trop timide et interviendra par une tête de Squillaci sur corner, trop molle et dans les gants de Carrasso. 19ème minute, Obraniak pique parfaitement son ballon au-dessus de la défense bastiaise mais Maurice-Belay et Saivet se gênent, pour voir finalement Leca intervenir et dégager.

Peu après la demi-heure de jeu, et après plusieurs centres bordelais repoussés et de bonnes phases de jeu, c’est sur une touche mal dégagée qu’Obraniak frappera aux 25 mètres, directement sur Leca. Obra remettra ça à la 41ème et sa seconde frappe connaitra le même sort. Alors que Bordeaux est bien en place et que Bastia ne s’est pas montré dangereux, le match va pourtant basculer côté corse… Sur son côté droit, Krasic a tout le temps de centrer au second poteau et trouver, esseulé, Ba, qui réussit parfaitement son intérieur du pied pour trouver la lucarne de Carrasso. Bastia mène complètement contre le cours du jeu. Bordeaux tentera bien de réagir avant le coup de sifflet de la fin de la première période, comme sentant l’injustice, mais ce sera en vain…

 

 

 

 

La mi-temps est donc sifflée avec cet avantage de 1-0 pour Bastia. Pourtant, Bordeaux avait montré une belle envie, mais a encore pêché dans la finition et le dernier geste. Et pourtant aussi, Gillot avait bien vu avec son dispositif les espaces sur les ailes, d’où Maurice-Belay et Rolan alignés d’entrée. Mais là où le coach bordelais ne peut rien, c’est encore une fois dans la finition, et la conclusion. Et l’entrée de Guillaume Hoarau en seconde période nous inquiète, car ce dispositif qui a très bien fonctionné, va forcément changer… Et l’on aura vu juste, puisque les longs ballons vont s’enchainer, les bordelais oubliant complètement ce qui avait fait leur force en première.

 

 

Bordeaux va aussi se découvrir un peu plus et c’est Sertic qui perd un ballon dès la 49ème, qui se transformera en occasion bastiaise par l’intermédiaire de Ba, qui frappe de peu au-dessus. A l’heure de jeu, Sané prolonge un ballon dans la course de Raspentino qui file au but… Heureusement, sa frappe est trop croisée. La seule et meilleure action bordelaise aura lieu à la 66ème minute, par l’intermédiaire de Hoarau. Lancé par Rolan, Mariano crochète côté droit de la surface, pour centre sur Hoarau, dans l’axe. L’attaquant bordelais contrôle et frappe en pivot et alors que sa frappe semble prendre le chemin des filets, c’est Leca qui sauvera les siens avec un beau plongeon le long de sa ligne… Désarmé, sans inspiration, peut-être aussi sans jus, mais surtout voulant se simplifier la tâche, Bordeaux balancera de longs ballons devant visant Hoarau, mais n’atteignant pas toujours la cible… C’est Bastia, qui évoluera désormais en contre, qui manquera de peu de doubler la mise par Ilan à la 87ème minute.

 

 

Jamais deux sans trois. Bordeaux s’est-il vu trop beau en fin d’année, avec sa belle série ? Toujours est-il que les manques sont flagrants depuis trois matches, surtout au niveau de la fraicheur et la combativité. Sans Jussiê et Diabaté, Bordeaux semble dépeuplé devant. Malgré une excellente première période qui a mal tourné sur une seule occasion (une fois encore), Bordeaux a clairement été horrible en seconde, balançant de longs ballons devant, avec une grande imprécision. Dans ce championnat où beaucoup d’équipes se tiennent à quelques points, rien n’est encore perdu pour la course à l’Europe, mais il faudra clairement montrer autre chose.

 

 

 

 

Les joueurs

Cédric Carrasso prend un but en pleine lucarne, où il ne peut rien. Il sera à créditer d’une belle parade en première période, pas lâché en plus sur le second ballon par sa défense et Mariano (c’est assez rare pour le souligner). Il sera aussi sorti par deux fois loin de ses buts pour couper court à deux actions bastiaises.

Filho Mariano a beaucoup apporté devant au niveau de sa présence. Mais pour le reste, ce ne fut pas une réussite quant à la précision de ses centres. Lucas Orban s’est beaucoup proposé sur les phases offensives en première période. Un peu moins d’activité en seconde et le peu où il monta, il fut pris par les contre-attaques bastiaises. La charnière centrale n’a pas eu grand-chose à faire. Même si Ludovic Sané lance Raspentino pour une occasion de but, il n’a que très peu été sollicité et n’a pas commis de grosse bévue. Mais on ne peut pas dire non plus qu’il a brillé par sa présence. Carlos Henrique avait annoncé la couleur en conférence de presse d’avant match et il a effectivement donné tout ce qu’il put pour inverser la tendance. Combatif et au duel, toute la rencontre.

André Poko a manqué une très grosse occasion dès la troisième minute de jeu. Il disparaitra au cours de cette première période, et se fera logiquement remplacer à la mi-temps. A l’inverse, Grégory Sertic a tout donné et n’a pas arrêté de courir. Une belle dépense d’énergie et comme d’habitude, à l’origine des offensives bordelaises par ses passes le plus souvent précises et dans le sens du jeu. Ludovic Obraniak n’arrive pas à sortir la tête de l’eau. Mis à part un petit ballon piqué dans la profondeur en première période, vraiment rien d’autre à signaler. Dans ce milieu à trois, il était positionné dans cette rencontre assez bas, presque milieu relayeur. Nicolas Maurice-Belay n’a pas non plus brillé lors de cette rencontre. Très peu de centres, surtout réussis, et d’occasions dangereuses mis à part peut-être une frappe du gauche de l’extérieur de la surface en seconde période, à côté. Diego Rolan… Capable de gestes extraordinaires comme cette pénétration dans la défense corse où il élimine quatre joueurs. Capable de bien conserver le ballon ou de le récupérer le long de la ligne de sortie de but adverse… Et puis capable de manque un lob par, encore une fois, un manque de puissance et de force dans sa frappe. Oui, il y a de l’envie, oui, il y a des coups de génie par (grande) intermittence, mais c’est encore beaucoup trop peu. Comment peut-il manquer autant de force ? Sur ses frappes – quand il frappe – c’est mou. Sur ses centres, c’est mou et pas assez levé. Créatine, peut-être ?

Devant, Henri Saivet était encore dans le rôle qui lui convient le moins bien, celui d’avant-centre. Résultat, il dézone et délaisse la surface de réparation. Et puis finalement, lorsqu’il a l’occasion de frapper, il ne cadre pas. Le plus inquiétant pour lui c’est que même lorsqu’il est au milieu, il est capable d’être aussi invisible. C’est bon, ton contrat tu l’as maintenant, alors bouge-toi le cul, ou va voir ailleurs !

 

Guillaume Hoarau a vite compris qu’il n’aurait que des ballons casquette. Il ne s’est mis qu’une fois en évidence sur la seule et meilleure occasion bordelaise, en seconde période. Sinon, contrairement aux deux derniers matches, il n’a même pas été servi avec précision dans les airs. Julien Faubert n’a réussi qu’à se fritter avec Cahuzac. Sinon c’est du basique : réception du ballon côté droit à 40 mètres, je regarde le ballon pour voir où je vais taper pour centrer, je mets trois heures, je suis contré. Bordel de merde. Abdou Traoré, sur ses deux premiers ballons, a fait deux fautes inutiles. En fait, comme son entrée, inutile.

 

 

 

 

La feuille de match

Samedi 18 Janvier 2014 à 20 heures

21ème journée de Ligue 1 2013-2014

Stade Armand-Cesari, Bastia

12778 spectateurs

Arbitre : M. Wilfried Bien

Bastia1 – 0 Bordeaux

Buts : Ba (42ème)

Cartons jaunes : Diakité (27ème), Cahuzac (78ème) – Faubert (78ème)

Cartons rouges : Néant

Bastia : Leca – Squillaci, Harek, Diakite, Raspentino, Cahuzac ©, Romaric, Ba (Boudebouz, 60ème), Yatabaré (Modesto, 71ème), Krasic (Khazri, 50ème), Ilan.

Bordeaux : Carrasso © – Mariano, Henrique, Sané, Orban – Poko (Hoarau, 46ème), Sertic (Traoré, 76ème), Obraniak – Rolan (Faubert, 70ème), Maurice-Belay, Saivet.

 

 

 

 

Les notes Girondins4ever

Carrasso : 5

Mariano : 5

Orban : 5

Sané : 4

Henrique : 6

Poko : 3

Sertic : 6

Obraniak : 4

Maurice-Belay : 4

Rolan : 4

Saivet : 2

 

 

 

 

Les stats de la rencontre

Bastia-Bordeaux

Possession : 48%-52%

Tirs : 11-14

Tirs cadrés : 4-4

Passes réussies : 60%-63%

Hors-jeux : 1-1

Corners : 4-5

Centres : 13-36

Fautes : 14-11

Cartons jaunes : 2-1

Cartons rouges : 0-0

 

 

Crédit Photos : Panoramic, Le 10 Sport, Foot01, L’Equipe, Goal, Corse-Matin