InterviewG4E. Yassine Benrahou : « J’avais des propositions ailleurs, européennes, mais j’étais concentré sur Bordeaux. Je voulais sortir à Bordeaux »

Tout fraîchement professionnel, Yassine Benrahou s’est confié à Girondins4Ever. Le franco-marocain, ancien camarade de jeu de Kylian Mbappé, aborde sa bi-nationalité, Jaroslav Plasil et sa saison à venir notamment. Prometteur.

 

Quel est ton ressenti après la signature de ton premier contrat professionnel ?

C’est une fierté, je travaille pour ça depuis tout petit. C’est la concrétisation de tous les efforts, tous les sacrifices que j’ai pu faire, depuis tout petit. De la région parisienne, quand j’ai quitté ma famille, donc c’est une récompense. Mais ce n’est qu’une première étape.

 

Tu avais encore un an de contrat stagiaire. Pour quelles raisons le club t’a-t-il fait signer pro cet été ? 

Je pense que j’ai joué de mes atouts. J’ai fait une bonne saison, je trouve que j’ai très bien travaillé avec le coach Chalmé. Déjà, pour commencer, il y avait un bon travail en formation, que ce soit avec tous mes coachs : André Penalva, Jean-Luc Dogon, Matthieu Chalmé, Philippe Lucas. La saison de National 3 de l’année dernière, c’est celle qui est la plus visible entre guillemets, puisqu’on est aux portes des professionnels. On est amené à être appelé, quand il manque des joueurs, aux entraînements. Donc c’est sûr que c’était une année importante, j’ai bien travaillé. Je suis content car j’ai passé plusieurs caps, donc je pense que c’est pour ça que le club m’a fait signer. J’avais des propositions ailleurs, européennes, mais j’étais concentré sur Bordeaux. Je voulais sortir à Bordeaux. Je pense que c’est bien pour tout le monde.

 

Des propositions de quels clubs ?

Je ne veux pas trop rentrer dans les détails, maintenant, c’est du passé. Je reste concentré sur Bordeaux franchement.

 

Quel a été le discours de Gustavo Poyet sur la saison à venir ? Compte-il t’utiliser régulièrement ou est-ce vraiment une saison de transition entre la National 2 et la Ligue 1 ?

Je ne sais pas, je n’ai pas eu de discussion précise avec le coach mais, après, c’est à moi d’aller chercher ma place. C’est ce que je vais faire. Ça peut être une année de transition mais, je suis -sans me vanter bien sûr- habitué à m’entraîner avec les pros, depuis plusieurs mois. La saison dernière, je m’étais déjà entraîné avec les pros, donc je commence à être habitué. Je compte aller chercher ma place.

 

 

Après des titres de U19 et de National 3 avec un groupe assez semblable, vous évoluez cette année en National 2. Quels sont les objectifs de cette saison pour les Girondins ? 

Les objectifs de cette saison, c’est à peu près les mêmes que ceux de l’année dernière. C’est-à-dire qu’au départ, on ne s’est pas dit avec le coach, le staff, et le groupe, qu’on allait remporter le championnat. On a dit qu’on allait prendre les matchs les uns après les autres, qu’on allait essayer de faire de notre mieux parce qu’on est des compétiteurs dans l’âme. Cette saison, l’objectif c’est de faire le mieux possible, on est conscient que c’est un autre niveau. Il y a un autre niveau entre ce championnat-là et celui de l’année dernière. Après on a une équipe très jeune, un peu moins expérimentée que les autres équipes. On doit faire la différence, parce qu’on est peut-être amené plus tard à intégrer l’équipe professionnelle. Cela passe par là. On doit donner le meilleur et gagner, match par match.

 

Quels sont tes objectifs personnels ?

C’est aller chercher ma place et jouer le plus possible en Ligue 1. Aller chercher ma place de titulaire.

 

Que penses-tu de cette génération dorée avec les Jules Koundé, Zaydou Youssouf, Aurélien Tchouaméni…

Avec cette génération dorée, il faut surtout souligner la qualité du centre de formation. On a une bonne formation. Chaque joueur a des objectifs bien définis. Il est suivi. Il faut surtout qualifier la formation des Girondins de Bordeaux. Quand on a une formation avec des joueurs de talent, forcément, ça paye.

 

Tu as joué à Bondy, avec un certain Kylian Mbappé. Avais-tu des propositions d’autres clubs hormis les Girondins ?

En étant honnête, j’avais beaucoup de propositions. C’est normal, il y avait le concours de Clairefontaine, pour intégrer l’INF. Il y avait beaucoup de recruteurs. Mais j’ai choisi Bordeaux… Le discours d’Arnaud Vaillant (recruteur des Girondins de Bordeaux en région parisienne), m’a convaincu et, jusqu’à aujourd’hui, je ne suis pas déçu par le discours qu’il a tenu, et les engagements que le club a pu tenir envers moi.

 

Tu as fait un bon match contre Moulins le week-end dernier, malgré la défaite (2-0). Quelles différences vois-tu entre le National 2 et le National 3 ? 

Quand on passe de U19 à National 3, ça nous fait un choc. Il y a plus de jeu que par rapport aux U19. Au fil de la saison, ça s’est décanté. Mais c’est vrai que cette année, c’est encore un autre choc. C’est vraiment marquant. C’est-à-dire que là, il y a vraiment peu d’espaces, que le combat est vraiment accentué sur ça. Comme les matchs « clichés », quand on dit qu’on va jouer contre une CFA, que ce sera « des duels des duels, peu d’espace », que si ça marque un but, ça « reste derrière ». C’est ce qui s’est passé le match dernier.

 

Après avoir évolué avec les U16 et les U17 de l’Équipe de France, tu as choisi il y a quelques mois de porter le maillot du Maroc. Pour quelles raisons avoir changé de sélection ?

Comme j’ai dit dans les interviews précédentes, c’était surtout pour me réhabituer aux matchs internationaux, aux compétitions internationales. Je voulais découvrir aussi un autre football, le football africain. Cela ne peut que m’apporter, dans mon expérience, sur mon CV. Quand vous dîtes « choisir », on n’en est pas encore là. Je suis français, je suis né en France, j’ai des origines que je ne renie pas du tout, donc le choix n’est pas du tout fait. Vraiment pas du tout.

 

 

As-tu évoqué la sélection A avec Hervé Renard ?

Non, il ne m’a pas contacté directement. Après, peut-être qu’il y a eu des contacts, ça a pu se faire. Moi, j’ai pour habitude de ne me concentrer que sur le terrain. Après, mon entourage me parle des choses extra-sportives, comme ce que vous venez d’évoquer, que lorsqu’il y a vraiment quelque chose d’abouti. Je ne veux être au courant que quand il y a quelque chose de conclu, de sûr.

 

Qu’a pensé la Fédération Française de Football quant à ce changement de sélection ? 

Pareil, je ne sais pas. En tout cas, personnellement, non.

 

De qui t’inspires-tu au sein du groupe pro ? Dans la façon de travailler, de jouer… 

Pour ma part, ce qui m’a marqué au sein de cet effectif, c’est l’état d’esprit des anciens. Jaroslav Plasil, c’est vraiment un exemple pour tout le monde. Que ce soit Jaroslav Plasil, Paul Baysse, Benoît Costil… Ce sont vraiment des joueurs qui véhiculent l’exemplarité, la discipline et le travail.

 

Quels sont tes modèles dans le monde du football ? 

Il y a beaucoup de joueurs que j’apprécie. Quand j’étais petit, j’étais un fan de Cristiano Ronaldo. Quand il était à l’époque à Manchester, quand il dribblait… Je m’inspire de lui, c’est une machine. Il a su changer son jeu pour être efficace. J’aime beaucoup Eden Hazard, sa faculté à changer de rythme, se retourner et aller provoquer, jouer de son corps… Ce sont vraiment des joueurs qui m’inspirent beaucoup. Mohamed Salah, Lionel Messi… Je me fis aux joueurs qui ont mon gabarit, et de la technique.

 

Bonne saison à toi Yassine !