InterviewG4E. Olivier Auriac : « C’est une grande fierté d’avoir porté le maillot de mon club formateur »

Olivier Auriac

Après Bruno Ecuele Manga, nous nous sommes entretenus avec un autre ex-joueur passé par les Girondins de Bordeaux et le SCO d’Angers, Olivier Auriac. Actuellement entraîneur des U17 angevin, Olivier a été formé au FCGB, avec qui il a disputé 12 matches en professionnels. Non conservé par notre club, l’ancien milieu de terrain réalisé une brillante carrière. A Brest d’abord où il débuta réellement en professionnel, avant de devenir la plaque tournante du SCO d’Angers en Ligue 2 et de participer à l’ascension du club angevin, qui terminera pour sa dernière saison en Ligue 1. De ses débuts avec le club au scapulaire, en passant par la création de l’expression « la dalle angevine », pour arriver à ses échelons gravis pas à pas dans un rôle d’entraîneur, voici notre entrevue avec Olivier Auriac. Interview.

 

Tu es originaire des Charentes et tu as fait ta formation aux Girondins, qui aboutit, il nous semble à un contrat professionnel. On imagine que cela a dû être un aboutissement et une fierté ?

Je me suis entraîné pendant deux ans avec les pros, mais je n’ai pas signé professionnel, j’étais sous contrat Espoir. A la fin de mon contrat, j’ai été prêté à Brest, donc je n’ai jamais joué pro aux Girondins.

 

Que gardes-tu comme souvenir de tes 12 matches avec Bordeaux (12 matches au total, 9 L1, 1 CDL, 2 CDF) ?

C’était une super expérience. Faire ses premiers pas en Ligue 1 avec son club formateur, c’est quand même magnifique de pouvoir porter le maillot professionnel quand tu es un jeune joueur, d’autant plus quand c’est ton club formateur. Donc, c’est une grande fierté d’avoir porté ce maillot !

 

A l’époque, il y avait une vraie concurrence à ton poste (Eduardo Costa, Alexei Smertin). Qu’est ce qui t’a manqué pour t’imposer, même si les blessures n’ont pas dû aider…

Oui, et puis je pense, qu’à l’âge que j’avais, je n’avais pas conscience de l’exigence du métier en lui-même, que ce soit en termes de travail, d’investissement quotidien. Même si j’avais beaucoup travaillé au centre, je pense qu’arriver chez les pros, c’est encore un monde au-dessus. Et je n’avais pas cette exigence de travail que j’ai eue après durant ma carrière. Mais du coup, ça m’a servi. De ne pas signer pro à Bordeaux, ça m’a servi dans la carrière après, pour ne pas répéter les mêmes erreurs. Je pense que quand je suis arrivé chez les pros, tout est arrivé très, très vite pour moi. Du coup, pour moi, tout ce qui m’était arrivé jusque là était normal et peut-être qu’à un moment donné, j’ai relâché le travail. Et à ce niveau-là, ça ne pardonne pas !

 

Olivier Auriac

 

C’est plus à Brest ou à Angers que tu as pris conscience de la charge de travail ?

Oui, exactement ! Quand tu pars de ton club formateur pour te retrouver un club comme Brest où on était en National à l’époque… On est monté en Ligue 2 mais ce n’était pas hyper bien structuré, il y avait beaucoup de choses à faire. Et c’est aussi en rencontrant des personnes qui te font prendre conscience que par le travail, tu vas y arriver… Quand tu as les qualités, avec le travail, forcément ça vient, mais c’est avec le temps et la maturité qu’on prend conscience des choses. Je pense qu’à 17-18 ans, je n’étais pas aussi mature, qu’à 22 ou 23 ans.

 

Après trois saisons pleines à Brest, tu rejoins Angers où c’est le début d’une belle aventure de 9 saisons pendant 9 saisons avec au final, une montée en Ligue 1. Tu peux nous parler de cette expérience ?

C’est avant tout une histoire de coach. Mon premier coach c’était Jean-Louis Garcia, que j’avais eu en formation à Bordeaux et qui m’a fait venir à Angers. Et puis ensuite avec Stéphane Moulin avec qui j’avais de très bons rapports. Il m’a fait entièrement confiance pour m’inclure dans le projet du club. Après ça a été un aboutissement sur une année où on a réussi à monter, où on avait un groupe incroyable. Une belle aventure qui fait qu’aujourd’hui, le club se retrouve en Ligue 1.

 

Olivier Auriac

Photo by THOMAS BREGARDIS / AFP)

 

Tu incarnes même ce qu’on appelle « la dalle angevine », tu peux nous parler un peu de cette expression …

C’est tout simplement représentatif des valeurs : le travail, l’humilité, le club qui ne lâche pas, avec des garçons qui sont là sur le terrain pour donner le maximum ! Et c’est vrai que nous, l’année où j’ai sorti l’expression sur les réseaux sociaux, sur Twitter notamment, on était allés faire un match en Corse, on avait gagné 1-0 à la 90ème… et comme dans le Sud-Ouest, on dit qu’on a la dalle… C’est devenu la « dalle angevine ».  C’est sorti comme ça et c’est resté ! Et ça représente une vraie valeur du club aussi !

 

Plusieurs anciens bordelais – issus de la formation – sont passés par Angers ces derniers temps. Enzo Crivelli, Thomas Touré, sans que ce soit un véritable succès, avec notamment des mésententes avec l’entraîneur. Quel regard portes-tu sur leur passage ?

Pour ma part, je n’étais pas à l’intérieur du groupe, donc je ne sais pas réellement ce qu’il s’est passé. C’est vrai que pour Enzo, comme pour Thomas, ça ne s’est pas passé comme ça aurait dû. Mais honnêtement, je ne peux pas donner plus d’informations, je n’étais plus dans le groupe à ce moment-là.

 

Et cet hiver est arrivé Théo Pellenard. Même s’il n’a joué que deux rencontres pour l’instant, que penses-tu de lui ?

Oui, Théo a fait son second match ce weekend. Il est très appliqué, concentré. Il a été bon, il a fait un bon match, il a été sérieux. C’est un garçon qui bosse, qui est là pour s’épanouir aussi, donc il est sur la bonne voie pour le moment !

 

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Samedi, Bordeaux accueille Angers, qui est l’une de nos bêtes noires, puisque depuis leur montée en Ligue 1, nous n’avons jamais gagné contre eux au Matmut Atlantique (2 défaites et 1 match nul). Comment vois-tu cette rencontre entre tes deux anciennes équipes ?

Déjà, ce sont deux équipes qui n’ont pas grand-chose à jouer dans le championnat. Je pense que ça va être un match assez ouvert, avec des équipes qui auront à cœur de jouer, pour montrer des choses, pour bien finir la saison.

 

Et du coup, tu continues de suivre les résultats des Girondins ? C’est toujours un club particulier pour toi ?

Oui, quand tu y passes un tiers de ta jeunesse là-bas, forcément que c’est un club qui me tient à cœur. Je connais encore beaucoup de monde au club. Quand je les vois à Angers, ça me fait plaisir. Je continue forcément à suivre, peut-être un peu moins qu’avant mais j’ai toujours un regard sur le club.

 

Que penses-tu de leur rachat par un fonds d’investissement américain ?

Je n’ai pas forcément d’avis, il faut laisser le temps au temps, on verra ce qu’il va se passer. Ils vont apporter un peu de sang neuf, de nouvelles méthodes. C’est compliqué de donner un avis aujourd’hui, il faut leur laisser du temps…

 

Pour finir, te concernant, tu as passé et obtenu de Brevet d’Entraîneur de Football. Quelle suite souhaites-tu donner à cette nouvelle carrière ?

J’ai passé le DES l’année dernière, que j’ai obtenu. Là, la perspective aujourd’hui est d’aller au Brevet d’Entraîneur de Formateur de Football. Et puis après on verra ce qu’il se passera, selon les opportunités, le projet du club dans lequel je suis aujourd’hui… Je continue à me former, à apprendre au quotidien avec les coachs. Je continue à travailler et après on verra ce qui se passera. Je veux emmagasiner un maximum d’expérience pour peut-être un jour entraîner à haut niveau.

 

Un très grand merci à Olivier pour le temps qu’il nous a accordé. Nous lui souhaitons une bonne fin de saison avec son équipe, et le meilleur pour la suite.