InterviewG4E. Nicolas Savinaud et Frédéric Da Rocha nous parlent des matchs entre Nantes et Bordeaux !

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Dimanche, les Girondins se Bordeaux et le FC Nantes se donneront rendez-vous sur la pelouse du Matmut Atlantique, à 15h, pour le « derby de l’Atlantique ». Frédéric Da Rocha et Nicolas Savinaud, Nantais de légende, se sont confiés à Girondins4Ever à quelques jours de cette opposition.

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AFP PHOTO FRANK PERRY / AFP PHOTO / FRANK PERRY

 

Que pensez-vous des formes actuelles des Girondins et de Nantes ?

Frédéric Da Rocha : Franchement, je n’ai pas vu énormément de matchs de ces deux équipes. J’en ai vu des bouts, j’ai suivi l’actualité de loin, les difficultés des deux côtés, les changements d’entraîneurs, ce n’est pas facile. Après, Bordeaux s’en tire mieux parce qu’ils ont quelques points en plus, mais maintenant, est-ce Nantes, avec leur nouvel entraîneur, vont réussir à faire quelque chose ? Je ne sais pas.

Nicolas Savinaud : Pour l’instant, on va dire que Bordeaux a mieux réussi son début de championnat que Nantes. Bordeaux est plutôt sur une phase positive, ils ont fait match nul à Reims, ils avaient gagné le match juste avant. Alors que Nantes, même s’ils ont fait match nul à Lyon, restait sur deux défaites consécutives. On sent que les nantais sont en plein doute. Ils ont changé d’entraîneur donc, est-ce qu’il y aura le fameux impact psychologique ? Dès le premier match, avec le nouvel entraîneur, on saura ça ce week-end…

 

Un petit mot sur l’arrivée de Vahid Halilhodzic à Nantes ?

FDR : J’espère que ça va le faire. Maintenant, c’est dommage pour l’ancien entraîneur, car au bout de 8 matchs, se faire virer… C’était un projet, et pour un projet, il faut laisser un peu de temps. Le président estime qu’il a passé du temps. Mais bon, 13 entraîneurs (en 11 ans), ça fait beaucoup.

NS : C’est un entraîneur qui a déjà fait ses preuves un peu partout où il est passé, donc je lui souhaite bon courage pour essayer de travailler avec le président Kita. On ne peut pas le juger avant, on sait ce qu’il a fait dans d’autres clubs, avec des sélections, c’est quelqu’un qui a de la compétence et qui travaille bien, donc j’espère qu’il aura le temps de travailler comme il le veut et qu’il pourra manager son équipe comme il l’entend.

 

On connaît les matchs engagés de Nantes contre Rennes, et les équipes du nord-ouest, mais est-ce vrai que les derbys contre Bordeaux était particulier pour les Canaris ?

FDR : Moi, c’était plus parce que je revenais et que cela me permettait de voir la famille (Frédéric Da Rocha est natif de Cenon, en région bordelaise), donc cela me faisait plaisir de jouer. Après, c’est entre guillemets le « derby de l’Atlantique ». Mais cela ne faisait rien de plus. Ce sont deux équipes qui ont un palmarès dans le football français, donc le fait qu’elles se rencontrent, à chaque fois, il y avait un peu de tension. Ces derniers-temps, que ce soit Nantes ou Bordeaux, ils ne sont pas sur le devant de la scène. Donc il y a peut-être un peu moins d’importance. Il a baissé en qualité, ce derby. Plus les équipes sont là-haut, au classement, plus les derbys sont intéressants.

NS : Oui, c’est toujours particulier, c’est présenté comme un derby de l’Atlantique, donc c’est toujours particulier. Il y a aussi la rivalité entre supporters, donc ça donne un goût particulier à ce match-là. Ça n’a pas forcément été le cas avec nous pendant quelques années mais dans les années 80, c’était le duel pour être champion ! Donc ce match est toujours resté particulier dans l’esprit des supporters et des joueurs.

 

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Quel match contre les Girondins retenez-vous particulièrement ?

FDR : Je dirais celui où on arrive dans la période hivernale, on gagne 2-0, c’est l’année du titre en fait. Avec ce match, on a senti qu’on était capables d’aller au bout (Nantes garda la première place jusqu’au titre, en 2001).

NS : Le match que je retiens positivement, c’est le match que l’on a gagné 2-0 à Bordeaux. C’était l’année où on a été champions, en 2001. Pour nous, c’était un bon souvenir. Avec ce match, on était passé leader et on avait gardé la tête jusqu’à la fin. Même si on avait perdu 5-0 au match aller, cette défaite-là ne nous avait pas empêché d’être champions. On avait découvert Pauleta et on l’avait mis en confiance pour son arrivée en France.

 

Vous avez joué de nombreuses années au FC Nantes, vous avez connu plusieurs générations de joueurs aux Girondins : quelle a été la plus marquante pour vous ?

FDR : C’est difficile de dire : il y a eu de très bons joueurs qui sont passés par ce club. Quand il y avait cette équipe de robots avec Sylvain Wiltord, Lilian Laslandes, Johan Micoud, Ali Benarbia, Michel Pavon… D’ailleurs, ils avaient été champions ! C’était une sacrée équipe.

NS : La plus grosse équipe des Girondins que j’ai jouée, c’est celle qui avait été championne avec Johan Micoud, Ali Benarbia, Sylvain Wiltord, Lilian Laslandes. Pour moi, ça reste cette équipe-là. Très forte techniquement. Offensivement, ça bougeait pas mal… Ils avaient réussi à être champions, à la dernière journée avec ce but de Pascal Feindouno. Mais sur l’ensemble du championnat et au vu du jeu qu’elle pratiquait tout au long de la saison, c’était mérité.

 

Auriez-vous pu jouer aux Girondins après votre période nantaise ?

FDR : On ne me l’a pas proposé donc… (rires). Je ne sais pas, et puis franchement, j’ai fait toute ma carrière à Nantes, je ne regrette rien.

NS : Nantes, j’avais imaginé y rester toute ma carrière : cela n’a pas été possible. Aux Girondins, si cela avait été possible, peut-être que j’y serais allé. Mon but, c’était quand même de rester au FC Nantes le plus longtemps possible ! Il y a des clubs aussi comme Rennes, où pour un ancien nantais, c’est compliqué d’y aller. Bordeaux fait aussi partie des clubs avec lesquels le FC Nantes a de l’adversité, de la rivalité. Donc c’est parfois compliqué pour des nantais d’aller dans ces clubs-là, mais je n’avais pas de contre indication particulière par rapport à ça. Si j’avais été sans club et que, seul Bordeaux était venu me chercher, à partir du moment où Nantes ne voulait plus de moi, j’estimais que j’avais le droit d’aller dans plusieurs clubs. Peut-être pas le Stade Rennais, mais un club comme Bordeaux, si vraiment ils me voulaient, cela aurait été difficile de refuser.

 

Avez-vous déjà eu une approche de Bordeaux ?

FDR : Non. J’ai eu des approches de Paris, de Marseille, de grands clubs, mais je n’ai rien eu de Bordeaux.

NS : Non non, je n’ai pas eu d’approche, directement, officiellement. J’ai entendu des choses, des fois, mais je n’ai jamais eu un appel, d’un coach, d’un directeur sportif ou d’un responsable du recrutement. Comme je disais à mon agent, à partir du moment où j’étais bien à Nantes, je ne cherchais pas à partir. Et je ne disais pas à mon agent, tous les ans, « appelle tel ou tel club ». Il était plutôt tranquille. À partir du moment où Nantes voulait me garder chaque année, je ne me posais pas la question de savoir si je voulais partir.

 

Comment voyez-vous ce match entre Bordeaux et Nantes ce week-end ?

FDR : Comment je le vois ? Bah un match nul ! Sans but, 0-0. Comme je n’ai pas vu les matchs, et vu ce que j’écoute… Après, le fait de changer d’entraîneur, aura un effet psychologique sur Nantes mais des fois, ça le fait, des fois, ça ne le fait pas. Dernièrement, le jeu n’était pas trop mal, mais ils ont du mal à marquer. Puis Bordeaux, ils sont capables du bon comme du pire !

NS : Si on reste sur les dernières impressions, il est plutôt favorable aux Girondins, qui ont un potentiel offensif de meilleure qualité que celui du FC Nantes. Après, comment les joueurs vont réagir à l’éviction de Cardoso et à l’arrivée d’Halilhodzic. Est-ce que tout le monde va faire corps autour de ce nouvel entraîneur ? L’entraîneur va peut-être aussi faire des choix de joueurs, de système… Les Girondins sont quand même impliqués dans ce qu’ils font depuis le début de saison, donc je donnerais un avantage aux Girondins au niveau psychologique, et du fait qu’ils jouent à domicile.