InterviewG4E. Lilian Compan : « A l’époque de Rolland Courbis, j’ai été un peu abordé par les Girondins… »

Lilian Compan

Avec près de 400 matches de Ligue 1, plus de 100 buts inscrits en carrière et une place de 4ème meilleur buteur de l’histoire de la Coupe de la Ligue, Lilian Compan connait très bien notre championnat français. Que ce soit en D1 ou en D2, de Cannes à Caen en passant par Saint-Etienne ou Montpellier, ce natif d’Hyères -club qu’il entraîne à l’heure actuelle- est un ancien attaquant renommé. Afin d’aborder cette rencontre entre les Girondins de Bordeaux et Montpellier (ce soir à 19 heures), nous avons voulu échanger avec lui sur plusieurs sujets le concernant. Amis lecteurs, c’est à vous. Interview.

 

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Photo Icon Sport

 

A vos débuts en professionnel à Cannes, vous avez croisé de nombreux joueurs qui sont par la suite devenus des joueurs des Girondins de Bordeaux : Laurent Leroy, David Jemmali, Romain Ferrier, Bernard Lambourde, Johan Micoud, etc… Était-il question pendant cette période, ou plus tard de votre carrière, d’un intérêt des Girondins ?

« Au moment où Rolland Courbis était à Bordeaux, il y avait beaucoup de cannois à Bordeaux. C’est vrai, qu’à un moment donné, j’ai été un peu abordé. C’était en 1997, l’année où je vais à Auxerre. Cela ne s’est pas fait, et je n’ai pas senti que Bordeaux était très motivé. De plus, il y avait déjà de bons attaquants à Bordeaux à cette époque. C’est dommage, car je trouve que c’est un club historique, c’est un bon club français, qui a un passé. Cela ne m’aurait pas dérangé de rejoindre ce club, en plus du fait que beaucoup de cannois allaient là-bas. Je n’ai pas fait le meilleur choix non plus en partant à Auxerre ».

 

Qu’est-ce qui fait, après toutes ces années, que l’AS Cannes n’arrive pas à rebondir et revenir au premier plan du football français ? L’arrivée justement au bureau d’anciens bordelais, comme Johan Micoud et Bernard Lambourde, peut-elle changer les choses ?

« Je connais très bien Johan et Bernard, je les côtoie. Ils sont dans un projet super intéressant. Malgré tout, je pense que ce n’est pas si simple que ça. J’y suis, dans un club amateur. Même si Cannes a le nom amateur, mais les structures ne le sont pas. Ce projet est ambitieux d’un jour retrouver le monde professionnel. Cela ne va pas se faire en claquant des doigts. Tout le monde le pense car Johan est arrivé, que Bernard aussi, que tout va se faire très vite. Il y a de l’expérience, de l’argent, une histoire. Mais cela met un peu plus de temps que prévu. J’espère croire qu’ils vont réussir parce que ce sont deux personnes qui sont motivées pour ce club, je pense ».

 

Joie Johan Micoud joueur Bordeaux

 

Vous êtes aujourd’hui entraineur principal au FC Hyères et deux joueurs sont passés par le centre de formation des Girondins de Bordeaux : Cyril Manas et Victor Fuchs. Comment jugez-vous ces joueurs, et que pensez-vous qu’il leur a manqué pour réussir au niveau professionnel ?

« Ce sont deux profils physiques similaires : très grosse technique, très bonne vision du jeu. Cyril Manas a un gros tempérament. Je pense qu’il a eu ce manque de mental, de savoir se faire mal. Parce que le talent il l’a. C’est un gâchis ce garçon, car il avait vraiment tout pour accéder aux pros. Maintenant, son aspect athlétique lui a fait défaut à un moment donné mais également son mental. Pour Victor Fuchs, c’est un peu différent. Il n’a pas su prendre le bon filon à un moment donné dans sa carrière lorsqu’il était à Bordeaux. Il a vraiment le mental pour réussir, la technique, le volume également, mais par contre, au niveau athlétique et dans l’impact, il est un peu en manque. Ils sont encore jeunes, mais ils n’ont pas su prendre le bon filon au bon moment ».

 

Vous avez connu les deux derniers titres de Champion de France des Girondins de Bordeaux, lors des saisons 1998-1999 et 2008-2009. Quels souvenirs avez-vous de ces deux équipes ?

« Je me souviens surtout du premier titre, celui qui m’a le plus marqué, avec ce qu’il s’est passé lors du dernier match avec Pascal Feindouno qui marque. Le scénario, de dernière journée avec un jeune qui arrive de nulle part et qui va devenir la star de Bordeaux à ce moment-là. J’ai trouvé ça super, avec des joueurs d’expérience. Ils méritaient amplement ce titre. J’ai un peu moins suivi le deuxième titre. Je me rappelle du but de Yoan Gouffran contre Caen par contre ».

 

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Vous avez terminé votre arrière à Montpellier, avec la première année une montée. On imagine que ce club reste particulier et important pour vous ?

« Je n’ai pas joué longtemps à Montpellier mais j’ai passé deux années vraiment fabuleuses. C’était inespéré car personne ne nous voyait faire ce que l’on a fait. C’est-à-dire monter en Ligue 1, et finir en Europa League l’année d’après. Puis je m’en vais, et ils sont champions (rires). En trois-quatre ans, le club a pris une autre dimension. Personne ne s’attendait à ça. Nous étions une bonne équipe, avec de bons joueurs, ils ont su exploiter le maximum de notre potentiel. Louis Nicollin et son fils Laurent nous donnaient une confiance absolue à ce moment-là. Loulou a bien mérité ce qu’il a pu vivre sur ses dernières années de vie. Cela reflète bien la famille Nicollin, dans les bons et dans les mauvais moments. Aujourd’hui, tout leur travail porte ses fruits, on le voit sur la formation mais aussi en Ligue 1. Ce n’est pas facile de jouer contre eux, ils sont bien placés en Ligue 1 et notamment dans la première partie de tableau. La place où Bordeaux doit être, et depuis des années ».

 

D’ailleurs, comment voyez-vous la prochaine rencontre entre votre ancien club et Bordeaux, deux équipes en proie au doute depuis quelques semaines…

« J’ai vu que Bordeaux avait viré leur coach. On dit souvent qu’après cela, il y a une prise de conscience et derrière il y a des résultats qui s’enchainent. Je pense que Montpellier est dans un moins gros doute même s’ils ne sont plus dans la même dynamique qu’en début d’année. Tous les joueurs de Bordeaux doivent se remettre en question. Ils ont quand même des places à prendre encore. Le match devrait être tendu, je vois bien un match nul entre ces deux équipes. Quelques fois, des groupes avec beaucoup d’expérience arrivent à se prendre en main. A l’image de ce que j’avais vécu avec Caen une année. A Bordeaux, le groupe est assez jeune dans l’ensemble… ».

 

Montpellier

 

Revenons à vous. Vous avez aussi été, dans votre seconde carrière, entraineur des attaquants (A Saint-Etienne, U19). Pensez-vous vous qu’il s’agisse d’un poste à développer ? Très peu de clubs de Ligue 1 ont une personne qui s’occupe spécifiquement de ce poste. A Bordeaux, Lilian Laslandes avait fait quelques entrainements, avant que l’on oublie ce poste dans le staff…

« Je pense que cela va se développer dans l’avenir, pas à court terme mais à moyen terme. Certains clubs y sont déjà arrivés. Par exemple Lyon avec Gérald Baticle. Cela va se développer, et même à la Fédération, où j’y suis. Je fais partie d’un groupe d’anciens attaquants qui développe des diplômes pour les futurs entraineurs des attaquants. On travaille dessus pour essayer de monter des formations. Cela va se développer, mais ce n’est pas imminent. Pour Lilian, il était bien placé, c’est un local du club. Etre entraineur des attaquants, c’est une fibre. La fibre du buteur, il l’a. Reste à savoir s’il a la fibre d’entraineur. Je le connais un petit peu, et je sais qu’il aime ça. J’aspire à croire qu’il peut amener son expérience aux Girondins mais également sa personnalité. Je pense que Bordeaux a besoin de cette confiance et de marquer plus de buts que ce qu’ils ont marqué jusqu’à maintenant ».

 

Merci Lilian d’avoir accepté de répondre à nos questions, bonne continuation !

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