InterviewG4E. Julien Faubert : « Quand on y passe une fois à Bordeaux, on a du mal à décrocher. C’est mon club ! »

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Bordeaux's French defender Julien Faubert (R) celebrates after scoring a goal during the French L1 football match between Valenciennes and Bordeaux at the Stade du Hainaut in Valenciennes on May 4, 2014. AFP PHOTO / FRANCOIS LO PRESTI (Photo by FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Âgé de 36 ans depuis le 1er août, Julien Faubert évolue aujourd’hui à Fréjus-Saint-Raphaël où il a un double projet : jouer et faire grimper cette équipe en National, tout en passant ses diplômes d’entraîneur. Passé par les Girondins de Bordeaux à deux reprises (de 2004 à 2007 et de 2013 à 2015), il garde dans son cœur, pour plusieurs raisons, le club qui l’a lancé en Ligue 1 et qui l’a vu signer ensuite à West Ham, un autre club cher à ses yeux. Alors, qui de mieux que Julien pour parler du FCGB actuel, racheté par un fonds d’investissement américain ? A travers divers sujets, vous allez voir que son attachement à la Gironde et au club au scapulaire est toujours intact et très fort. Merci Julien. Interview. 

 

Peux-tu revenir sur ces deux expériences que sont la Finlande et l’Indonésie ? C’était une réelle volonté de ta part de découvrir une autre culture ou n’y avait-il pas la possibilité de trouver un challenge en France ?

Non, c’était vraiment un choix. J’avais eu des passages à l’étranger que j’avais vraiment adorés, donc j’avais envie de continuer mon parcours à l’étranger. J’avais envie de connaître un nouveau championnat, de nouvelles cultures, et je me suis vraiment épanoui là-bas, j’ai découvert pas mal de choses. Donc c’était vraiment un choix de ma part et je voulais justement aller vers des destinations un peu atypiques.

 

Tu t’es engagé à Fréjus-Saint-Raphaël. Qu’est-ce qui t’a fait choisir ce club ? Le projet et peut-être le fait de te rapprocher de ta famille ?

C’est totalement le projet ! En fait, j’ai mon meilleur ami qui est entraîneur de la réserve ici, et il m’a exposé un peu le projet. Aussi pour ma reconversion, passer mes diplômes et rester dans le milieu du football, on a discuté avec le président, qui me donne des opportunités aussi de pouvoir me reconvertir, ainsi que pour le projet actuel où ils avaient besoin d’anciens, avec mon expérience par exemple pour encadrer les jeunes, le groupe. Donc ça s’est fait comme ça. Moi, j’ai signé un contrat de deux ans donc je suis vraiment intégré dans le projet. Le club a fait énormément d’efforts et ça s’est fait naturellement. C’est vraiment un projet qui est bien structuré, qui est intelligent. Ce n’est pas par hasard qu’ils ont aussi recruté Morgan Amalfitano, qui a eu une belle carrière professionnelle, qui est entré dans le projet également, pas en tant que joueur mais en tant que dirigeant.

 

Julien Faubert

 

L’objectif est un retour en National assez rapidement, c’est ça ?

C’est ça ! Il y a également un projet de stade qui devrait débuter début 2020. On est en Nationale 2, mais c’est vraiment pro, il n’y a aucun de nos joueurs qui travaille. On a tout ce qui fait d’un point de vue professionnel, pour la récup’, le travail… Moi, ça ne me change pas trop !

 

Tu déclarais récemment : ‘quand je serai à la rue sur un terrain, il sera temps d’arrêter’. Combien de saisons encore te donnes-tu pour arrêter ?

Je viens de faire 36 ans, j’ai signé pour deux ans encore…Après, je ne me fixe pas de limite. J’ai mon corps qui suit plutôt bien. J’ai fait toute la préparation avec les petits jeunes de 20 ans donc je n’ai pas de soucis à ce niveau-là. Je ne me fixe pas forcément de limites. Après, c’est sûr qu’à un moment donné, il va falloir raccrocher, mais tant que le corps et la tête suivent et que je prends du plaisir sur le terrain, je continue. Mais le jour où j’en aurais marre, j’arrêterais.

 

Tu parlais tout à l’heure de ta volonté de devenir entraîneur. Tu profites donc de ce projet à Fréjus pour commencer les démarches.

Exactement, c‘est quelque chose qui mûrit au fur et à mesure et qui me plaît énormément. J’ai envie de transmettre et j’ai appris auprès de mes entraîneurs. J’apprends toujours avec le coach que j’ai actuellement car c’est un des entraîneurs que j’ai eu à l’AS Cannes pendant ma formation. Il m’a connu très jeune et c’est un très bon formateur, donc j’apprends beaucoup à ses côtés et c’est quelque chose qui m’intéresse vraiment. Ça me permet également de rester sur le terrain et d’être dans la transmission. C’est déjà le cas actuellement dans les vestiaires car on me pose beaucoup de questions. Mais le faire d’un point de vue plus professionnel, ça m’intéresserait énormément.

 

Julien Faubert

 

Revenons sur la fin de ton second passage aux Girondins. Tu es enfin titulaire à Lorient, et tu te blesses au bout de dix minutes sur la pelouse synthétique… Est-ce que tu te souviens de ce que tu as ressenti à ce moment-là, et savais-tu que ce serait compliqué de prolonger l’aventure ?

Je m’en souviens très bien. Ça a été compliqué pour moi, parce que je suis compétiteur, je le suis toujours. Quand on fait appel à moi, j’ai envie de répondre présent. Après, je savais que ça allait être compliqué, plus dans mes rapports avec Sagnol à l’époque, qui étaient assez compliqués. Je n’ai pas compris forcément son choix donc ça a été compliqué. Ça m’a un peu fendu le cœur, car Bordeaux c’est un club qui m’a lancé, qui m’a refait confiance à un moment donné. J’étais chez moi, je me sentais bien et ça se passait bien. Mais mes relations avec Sagnol ont joué dans la balance. A mon arrivée, avec Gillot ou avec lui, j’ai montré que j’étais encore compétitif. Mais c’est quelque chose qui reste. J’ai peu de chose qui me reste de travers parce que j’assume tout, mais j’aurais aimé rempiler encore avec les Girondins et je pense que j’en étais capable largement.

 

Tu avais une affection particulière pour Ricardo. Il est revenu aux Girondins la saison dernière dans des conditions compliquées puisqu’il ne pouvait pas faire grand-chose du fait qu’il n’avait pas le droit de se lever du banc, parler en conférence de presse, etc… Il a finalement été évincé au profit de Paulo Sousa, comment as-tu vécu son second passage au club ?

Oui, j’ai toujours une affection particulière pour lui. Et pour Colleter. J’ai suivi un peu son second passage. Pour moi, on s’est plus servi de lui qu’autre chose. Après, il a accepté aussi, c’est son choix aussi. Mais on l’a un peu envoyé à l’abattoir : il n’a pas de carte en main, on lui donne un groupe qui n’est pas forcément le sien et on lui dit « tu te débrouilles avec ça ». C’est le football. Mais il est intelligent, je pense qu’il s’en est douté un peu. Dans l’histoire, on voit beaucoup de joueurs, parler de Bordeaux, revenir à Bordeaux. Il y a un truc qui se passe. Quand on y passe une fois, on a du mal à décrocher. Et je pense que ça a été le cas pour Ricardo. Il y est passé une fois, on a vécu des choses extraordinaires, avec des gens extraordinaires et des supporters extraordinaires. Donc à un moment donné, on lui a proposé Bordeaux et il a accepté de suite et c’est logique. Moi, j’aurais fait la même chose. Mais malheureusement pour lui, ça n’a pas fonctionné. C’était un coup de poker. Si ça avait fonctionné, peut-être que… mais ça n’a pas été le cas. C’est le football, c’est comme ça !

 

Ricardo Bordeaux souriant

 

Pourquoi Ricardo est un bon entraîneur pour toi ?

Moi, il m’a fait comprendre beaucoup de choses au niveau de mon attitude, mais hormis ça, je pense que tout le groupe, à l’époque, pouvait se casser la nuque sur le terrain pour lui parce qu’il savait fédérer des joueurs. Il était ferme, il avait un caractère, on le respectait énormément. Mais on pouvait malgré tout décompresser, rigoler. Le binôme Ricardo-Colleter était fantastique. Patrick était également proche de nous. On avait Domi, paix à son âme, qui était aussi extraordinaire au niveau de l’ambiance. On avait vraiment un groupe fort, c’est pour ça que l’on a réussi à faire pas mal de choses. Mais on avait ce ressenti-là avec lui. Quand il fallait travailler, on travaillait, mais quand on pouvait décompresser, il était assez cool, il avait l’esprit joueur. C’était une osmose parfaite.

 

On parle souvent d’une certaine décontraction à Bordeaux, d’une atmosphère qui ne pousse pas les joueurs à se dépasser, parfois qualifié de « Club Med ». Avec du recul, comment juges-tu cela ?

C’est totalement faux. Je pense que c’est facile de dire ça. Moi, je pars du principe que ça vient de l’état d’esprit des joueurs. Si on part dans cet état d’esprit-là, Bordeaux n’aurait pas fait son parcours en Europe à l’époque, on n’aurait pas fait notre parcours et par la suite ils n’auraient pas été champions. Non, ce n’est qu’une question d’état d’esprit des joueurs. Oui, les joueurs disent qu’ils se sentent bien à Bordeaux. Mais quand tu es compétiteur, que tu sois bien ou pas, que tu aies la pression ou pas, si tu veux gagner, tu gagneras. Donc ce n’est pas une question de Girondins, de supporters, ou autres. On a des supporters qui répondent présents quand les résultats sont là, ce qui est normal. On a des supporters aussi qui montent au créneau, quand il le faut, parce qu’il faut respecter le maillot et l’histoire du club. Après, ce n’est qu’une question de joueurs. En regardant l’équipe de maintenant, ça manque de mecs, de caractère. Certes, on a des joueurs de qualité, mais quand je vois dans le passé, même pas mon époque, mais celle de Gourcuff, Diawara ou Diarra, c’était une équipe qui faisait peur parce que quand il fallait être prêt physiquement, ils l’étaient et techniquement, ils étaient là aussi. Je pense que c’est plus une question d’état d’esprit. Oui, il fait bon vivre à Bordeaux, mais ça restera pour moi un des plus gros clubs du championnat français, parmi les 3 ou 4 premiers et on doit respecter ça, tout simplement.

 

Bordeaux, dans notre imaginaire de supporters, doit être dans le TOP 5, c’est un club historique, mais ça fait plusieurs années où ça galère vraiment…

C’est ça ! Moi, quand tu joues à Bordeaux, tu te dois de jouer l’Europe chaque année. Et les échos que j’avais à l’époque où j’étais en Equipe de France Espoirs, c’était que Bordeaux était un gros club de France. Tu dois de faire l’Europe chaque année. Et pourquoi on ne le fait pas, ça c’est une autre histoire…

 

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Photo Abaca

 

Quel regard portes-tu sur le rachat du club par le fonds d’investissement américain ?

Comment dire… Pour moi, je pense que c’était inévitable. Je suis revenu il n’y a pas longtemps à Bordeaux, il y a un mois et demi, deux mois, car mon fils était en essai aux Girondins, donc je suis revenu au club et j’ai discuté un peu avec tout le monde. Malheureusement, c’est le football moderne. Avec le départ de Triaud, on a perdu le dernier vrai club où il y avait ce cocon, ce noyau où on se sentait chez soi. Maintenant, c’est le football business. Je l’ai vu déjà avec le nouveau stade. Il fallait investir, je pense que M6 s’est essoufflé, Jean-Louis est parti. Après la façon dont ils le font, des échos que j’ai eu, ce n’est pas forcément… Ils n’ont pas d’états d’âme et malheureusement, il y a des gens qui en pâtissent.

 

Tu penses que le club va perdre ses valeurs à cause de ce rachat ?

Perdre ses valeurs non, car heureusement, comme je disais avant, on a des supporters qui sont garants de ces valeurs. Il y a un renouveau à faire au niveau des joueurs, qui est en cours donc à voir si un projet à long terme se profile comme il y a pu avoir à l’époque. Je pense qu’il n’y a que les supporters pour défendre cette identité et ses valeurs. Par contre, au niveau plus haut, c’est moins sûr. Il y en a qui sont là pour gérer un club comme une entreprise et quand tu gères une entreprise, il faut faire du profit. Pour amener des gens, il faut monter une équipe et une équipe qui soit compétitive et qui fasse l’Europe. Est-ce que c’est leur but ? Je ne sais pas. Heureusement que l’on a nos supporters parce qu’on aurait pu perdre l’identité de Bordeaux et le flamboyant que l’on a pu avoir à l’époque.

 

On sent que tu es encore très attaché aux Girondins, parce que tu dis « nos supporters », « on a besoin »…

Oui ! Parce que moi, c’est très simple, je suis, je regarde, je vois parfois des résultats qui me rendent ouf. De toute façon, moi, même si ça ne se voit pas sur le terrain, je suis très sentimental. C’est un club qui m’a fait confiance et les supporters m’ont vraiment toujours vraiment soutenu, même quand j’ai pu partir d’une certaine manière, quand je suis revenu, je n’ai pas ressenti d’animosité, bien au contraire. J’ai deux clubs comme ça : West Ham et Bordeaux. Ce sont les deux clubs où je suis resté le plus longtemps de toute manière. Les Girondins, ça reste mon tremplin, j’ai grandi dans le football là-bas, j’ai connu des ambiances extraordinaires à Chaban, j’y ai vécu tout ce que j’ai eu à vivre, ma sélection, etc… donc ça reste quelque chose de spécial. Donc oui, ce sont mes supporters, c’est mon club ! Et mon rêve serait de revenir soit chez les jeunes ou travailler dans le club, bien sûr.

 

Pour revenir par rapport aux nouveaux propriétaires, le club s’est pas mal restructuré ces derniers mois (directeur sportif, staff élargi, centre de formation rénové et politique d’attirer des jeunes talents, etc…), c’était nécessaire non ?

Oui. Si on fait une métaphore, c’est comme quand on achète une nouvelle voiture qui a déjà servi, on regarde un peu partout, on essaie de voir les défauts. Ils arrivent avec un état d’esprit différent donc c’est normal ces changements. Après, je pense que depuis quelques années, le centre de formation marche un peu moins bien. Je pense qu’il reste quand même des opportunités à Bordeaux au niveau des jeunes. Au niveau du recrutement, je pense qu’il y a eu des flops, comme il peut y en avoir partout, mais là, je pense qu’il y en a eu pas mal. Ils veulent amener de la stabilité et je pense qu’ils ont un joyau entre les mains. Quand on reprend un club comme les Girondins, Lyon ou autres, on sait qu’on a une valeur sûre au niveau du football mais aussi des richesses de la ville. Moi, ce qui me dérange juste, c’est de voir ce stade vide. Il y a toujours le noyau du Virage Sud… Après Bordeaux, ce n’est pas forcément une ville de football, mais ce stade magnifique mérite d’être rempli et pour ça il faut des résultats. Et je peux comprendre les gens qui ne veulent pas venir voir leur équipe perdre ou faire très souvent des matchs en dents de scie. Moi, j’ai toujours connu un stade plein à Chaban donc ça fait bizarre.

 

Laurent Koscielny

 

L’arrivée de joueurs comme Laurent Koscielny, ça peut permettre de créer de bonnes bases pour restructurer ce groupe qui est jeune, si elle est accompagnée d’autres joueurs plus expérimentés.

Totalement d’accord. C’est vraiment un super coup, c’est un joueur qui a de l’expérience, qui a du caractère, qui a été pendant des années capitaine à Arsenal. Je suis persuadé que c’est quelque chose qui est important pour le groupe. Après, il est seul. Il y a Benoit Costil mais ça reste un gardien… Deux joueurs de plus comme ça, avec ce calibre, avec de l’expérience, je pense que ça peut être bien pour les jeunes qui ont de la qualité. Je les ai vus jouer et ils en ont vraiment. Après, il y a Jimmy (Briand) aussi que je connais bien, mais ce n’est pas trop son caractère. C’est vraiment un super coup qu’ils ont fait, j’étais super content. Maintenant, il faut que ça adhère à côté, que ça fédère, mais je pense que lui, il a vraiment le caractère pour. J’espère que grâce à ça, on fera une belle saison et que l’on relancera tout ça.

 

Paulo Sousa

 

Le championnat a débuté depuis deux journées, avec des résultats très moyens. Paulo Sousa a eu beaucoup de temps de préparation en fin de saison dernière pour faire une revue de son effectif pour préparer ce début de saison, mais les résultats ne sont toujours pas là…

Oui, les résultats ne sont pas là. Je pense qu’il a eu le temps en effet, après je ne sais pas ce qui se passe, si on lui met la pression ou pas. Il a eu le temps de travailler correctement, de faire une bonne préparation, faire un récapitulatif de son effectif. Maintenant, il est temps. Et je pense que les dirigeants vont attendre de lui des résultats, les supporters également. Objectivement, j’attends de voir. Il a un certain passé. Peu importe ce que les gens pensent, la Ligue 1 est un championnat très compliqué où même les petites équipes sont difficiles à jouer. Il faut des résultats à Bordeaux, et aller aussi chercher des résultats à l’extérieur. Les dirigeants risquent de l’attendre au tournant cette année.

 

Que penses-tu de sa philosophie de jeu ?

J’aime beaucoup, ça reste du jeu avec du ballon. J’aime sa philosophie de jeu mais il faut surtout que les joueurs y adhèrent. Notre problème, il n’est pas forcément technique ou tactique, c’est vraiment un état d’esprit. Parfois, il ne faut pas que bien jouer, il faut mettre le petit truc en plus, il faut aller travailler, mettre un peu de caractère dans l’équipe. C’est ce qui me dérange dans cette équipe aujourd’hui. Il y a énormément de qualités, de vitesse, de jeunesse. Mais parfois, il faut comprendre que quand tu mets un scapulaire, il faut y aller. L’arrivée de Koscielny, c’est une très bonne chose, c’est un leader, quelqu’un qui a l’habitude de gagner. Si ça ne suit pas, il va rentrer dans les gens et ça ne sera pas une mauvaise chose. Même à mon petit niveau en ce moment, il faut bousculer les jeunes, parce qu’ils ont des qualités mais pensent que tout est acquis et pensent qu’il ne faut pas travailler alors que c’est tout le contraire. Il faut que l’équipe comprenne qu’il faut des hommes sur le terrain et que les jeunes de la réserve et du centre de formation doivent s’y mettre aussi.

Un grand merci à Julien pour son amour pour les Girondins, sa franchise, et la qualité de ses réponses. Bonne saison à l’Etoile !