InterviewG4E. Geoffroy Garétier : « J’espère franchement que Bordeaux retrouvera des émotions européennes, le club les mérite »

Geoffroy Garetier

Il ne le sait surement pas, car nous ne lui avons pas dit, mais nous avons beaucoup d’estime pour Geoffroy Garétier. Journaliste et consultant du groupe Canal, Geoffroy est quelqu’un qui dit ce qu’il pense, de manière constructive, et surtout avec la plus grande objectivité possible, peu importe le club. C’est pour cela que ses analyses sont souvent justes et méritent surtout d’être connues et débattues. Il a ainsi accepté d’échanger avec nous sur l’actualité des Girondins de Bordeaux, mais également l’avenir du club qui commence à se dessiner. Des débuts de Paulo Sousa aux choix de la nouvelle direction bordelaise, en passant par le Matmut Atlantique et le match face à Saint-Etienne, voici ses analyses pointues, précises, et qui doivent être lues. Amis lecteurs, c’est à vous !

 

Quelles sont vos premières impressions sur les débuts de Paulo Sousa, même si c’est difficile d’avoir un jugement définitif après trois matches…

« Ils ont donc gagné leur dernier match contre Marseille, une habitude, même s’il y a eu beaucoup de matches nuls ces dernières années. On ne peut pas vraiment les juger là-dessus. Ce que j’ai vu et ce qui m’a intéressé, c’est la solidarité défensive. J’avais l’impression que l’on avait retrouvé un bloc. Ce n’est pas le fait qu’il n’y avait pas de bloc avec Ricardo, mais j’ai senti une nouvelle force. Ce n’est pas en trois semaines que l’on juge, mais peut-être que l’on est sur la voie d’une amélioration à ce niveau-là. Je me souviens, hormis du temps de Laurent Blanc et d’autres périodes avec un jeu offensif, de certains Bordeaux très bons défensivement. Et je pense notamment au Bordeaux de Ricardo première version. Avant toute chose, je pense qu’il faut revenir à une structure d’équipe très collective, avec peu d’espace entre les lignes, et c’est à peu près ce que j’ai vu contre Marseille. Aller plus loin à ce stade, c’est très compliqué ».

 

Paulo Sousa

 

Vous expliquiez que pour vous, son parcours en tant qu’entraineur ressemble plus à un quelqu’un qui n’est pas là pour du long terme (durée moyenne sur un banc 1 an, plus longue expérience 2 ans). Est-ce toujours votre avis ?

« Oui, mais moi je me base dans un premier temps sur les faits. Il est resté en poste au maximum deux ans, à la Fiorentina. Beaucoup d’entraineurs portugais, ont une formation très approfondie notamment en psychologie du sport. Le cursus est un peu différent de celui chez nous. C’est le cas de Jardim, Conceiçao, il y a peu de stabilité, au moins au départ. Puis, il trouve un club et il y reste. Comme Mourinho d’ailleurs, qui a fait 2-3 clubs de mémoire avant Porto. Jardim s’est fixé à Monaco, Conceiçao à Porto, peut-être que Sousa se fixera à Bordeaux. C’est de la fiction. Ce que j’ai cru comprendre, c’est que la nouvelle direction bordelaise n’avait pas envie de miser sur un coach français. Il y a sans doute une question de réseau, de relations, avec des conseillers du président qui ont mené à ce genre de choix. Il y a aussi peut-être une certaine méfiance par rapport aux français à être dur, à tenir un effectif avec une poigne. C’est ce que j’ai dit au début, je n’ai rien contre Sousa, mais je trouve que l’on a des entraineurs très compétents dans le paysage du football français, on l’on aurait pu aller vers ce choix. J’étais un peu désolé que Gourvennec soit viré pour mettre Poyet. C’est toujours aléatoire de changer de coach en cours de saison. Il s’est pas mal débrouillé, mais on a vu par la suite que c’était un choix éphémère ».

 

Ces dernières années d’ailleurs au niveau des entraineurs, Bordeaux a beaucoup, beaucoup changé… Vous pensez que la séparation avec Jocelyn Gourvennec était une erreur ? Même si sur la fin, on a senti qu’il n’avait plus la main sur les joueurs, qu’il manquait de poigne, ce qu’a apporté Gustavo Poyet après lui…

« Je pense oui. Il y a des périodes où tout le monde pense que c’est de la faute de l’entraineur, et que cela ne va pas rebondir. Je sais bien que l’on est dans l’éphémère et que c’est compliqué de faire confiance, mais il y a énormément de palmarès qui ne se seraient jamais construits en ayant viré leur entraineur au premier revers. Je prends toujours l’exemple d’Alex Ferguson, qui a mis quatre ans à gagner son premier trophée. La saison où il le gagne, avec Manchester United, durant la saison 1989/1990, tout le monde veut le virer en octobre 1989, il est à un match de dégager. Il ne dégage pas, et par la suite cela devient un des 3-4 coaches les plus glorieux de l’histoire du football. Ce cas est un peu trop gros pour être transposable à la Ligue 1 d’aujourd’hui. Je pense que l’on aurait pu aller plus loin avec Gourvennec. Ils sont allés un peu trop vite ».

 

Jocelyn Gourvennec et Pierre Espanol

 

Il y a eu les propos de Gustavo Poyet, sur l’amateurisme du club dans ses structures, mot qui revenait souvent ces dernières années. Êtes-vous d’accord avec cela, et à quel niveau pensez-vous que le club était amateur ?

« J’aurais dit oui jusqu’à l’arrivée des américains. Mais le but des américains est de changer ça. En prenant l’exemple de Longuépée, je ne sais pas s’il a une vraie connaissance du football en tant que tel, mais en tout cas c’est un pro. Je pense qu’ils vont s’entourer pour atteindre leurs objectifs, dans le recrutement, dans les ventes de joueurs, dans le club, ils sont pros. Oui, cela a été un club « amateur ». Est-ce que cela le sera aussi dans un an ? Je n’en suis pas sûr. J’ai envie de leur laisser le bénéfice du doute ».

 

Là, Bordeaux a fait venir un Directeur du Football (Eduardo Macia), a doublé son nombre de scouts au niveau du recrutement, a fait venir des personnes spécialisées dans le marketing, la communication. Pensez-vous que le club prenne le bon chemin et se structure dans le bon sens ?

« Bien sûr oui, je pense que le club va dans le bon sens. Cela ne peut être que bénéfique. J’ai bien compris où voulait aller Bordeaux. Ils vont accéder à terme à une permanence européenne. Pour arriver à cet objectif récurrent d’être dans les places européennes, il faut enrichir son effectif soit avec des joueurs formés soit que vous allez chercher ailleurs, pas chers et que vous revendez, en vous développant petit à petit. C’est évidemment le modèle idéal. Maintenant, la limite est que tout le monde est sur ce modèle-là, à l’image de Lille, Monaco, Nice. Je n’ai pas la certitude qu’ils y arriveront, mais c’est la bonne voie. J’en suis convaincu. Il y a une chose à prendre en compte, et vous le savez tout aussi bien que moi, Bordeaux c’est chiant. Le club de Bordeaux dégage une image d’un club ennuyeux. Ce n’est même pas de l’amateurisme, c’est routinier. On dit toujours que Bordeaux n’est pas sexy. Je partage cette idée. On a le sentiment qu’entre Bordeaux et Toulouse il y a match pour déterminer le club le plus ennuyeux de France. Je parle des suiveurs, des spécialistes, des consultants, et je pense même que les supporters bordelais souffrent de ça. Il faut changer ça, donner un peu d’électricité, un peu de relief à l’identité bordelaise. En tout cas, toutes les choses mises en place vont dans le bon sens. Pendant très longtemps, Bordeaux était la belle endormie. Si cela peut changer, tant mieux pour vous, tant mieux pour le football et tant mieux pour la France ».

 

Eduardo Macia

 

L’on semble se diriger vers du trading de joueurs lors des prochains mercato. Mais il est évident que Bordeaux devra également s’entourer de cadres, de joueurs expérimentés, et surtout de joueurs de caractère, pour que cela fonctionne, non ?

« Bien sûr. Quand vous n’avez pas les joueurs ou le profil sous la main et que vous n’avez pas les moyens financiers pour les acquérir, il faut mettre en place des techniques développées. Et là encore, je pense que Bordeaux va dans le bon sens. Je prends l’exemple de Lyon, qui ont fait venir un joueur comme Marcelo, un joueur d’expérience et un joueur à même de satisfaire un club comme Bordeaux. De l’autre coté, vous avez des jeunes comme Aouar ou Ndombélé qui sont formés ou post-formés à leur poste et qui ont maintenant un gros potentiel de revente. Il me semble que Bordeaux va viser ce spectre-là, des trentenaires et des jeunes à fort potentiel de revente. Encore une fois, il faut les trouver et cela ne marche pas à tous les coups. C’est le charme du football business, c’est que vous n’êtes pas toujours sûr de faire de bonnes affaires ».

 

D’une manière plus globale, que vous inspirent le rachat des clubs par des fonds d’investissements américains. On les dit pros du spectacle et du marketing, mais pas forcément connaisseurs du football, et c’est aussi pour cela qu’ils s’entourent de personnes compétentes dans le sportif…

« Des sentiments bizarres. Le premier sentiment est plutôt positif parce que qui dit fonds d’investissement, dit investisseurs, dit développement. Là-dessus, on est tous d’accord pour dire que c’est favorable de retrouver de la croissance et du développement. Le coté négatif qui se réalise ou qui est en train de se réaliser, est quand les investisseurs ne tiennent pas leurs promesses. Pour arriver à rentabiliser leurs investissements, ils font du « cost-killing », en coupant les coûts de manière très importante. C’est ce qui est en train de se passer à Lens par exemple. Les gens arrivent de l’extérieur, mettent de l’argent dans l’équipe première, mais par derrière licencient, sabrent des personnes à l’administratif ou dans le secteur commercial. C’est à se demander si cela rend service au club. Il ne faut pas oublier qu’un club est un ensemble d’interactions humaines avant d’être un objet de business et de produits. Je serais à la place des patrons de la Ligue, je serais content d’avoir des investisseurs pour relancer des clubs.

Ce serait mauvais s’ils ne s’entouraient pas bien, justement. Tout l’art d’un investisseur ou même d’un chef d’entreprise est de savoir s’entourer. On ne peut pas répondre de manière immédiate. Quand McCourt, qui ne connait pas le football plus que ça, prend l’OM, il s’entoure de personnes qui sont censées amener de la compétence. Eyrault connait le sport, Zubizarreta et Garcia aussi. La base c’est de s’entourer. C’est un phénomène de miroir : il faut que vous soyez dans le bon club, dans l’environnement qui vous convient, qui que vous soyez, entraineurs, joueurs ou dans le staff. C’est la dimension la plus compliquée à capter. C’est le charme de l’investissement, on ne sait pas vraiment ce qu’il va se passer. Quand vous allez quelque part, il faut essayer de voir ça en valeur absolue sans toujours considérer les tenants et les aboutissants du club que vous rachetez ».

 

Joseph DaGrosa et Jean-Pierre Papin

 

Pensez-vous qu’il faille inclure dans les organigrammes des anciens joueurs pour essayer de garder l’histoire du club et de la véhiculer ?

« Oui, et mille fois oui. Les gens ont tendance à confondre les joueurs et l’équipe. L’équipe, c’est sur une saison, en fonction des adversaires, la Ligue, c’est saisonnier. Le club, la pérennité, la continuité, ce qu’il est maintenant et ce qu’il a été et ce qu’il sera. Un club c’est une histoire, c’est une mémoire individuelle, pour le meilleur et pour le pire. Et cela se transmet, sans même qu’on ne le sache. Vous donnez des choses en étant impliqué ou en étant à la tête d’un club. Quand les joueurs en question ont participé à une histoire glorieuse, quand ils ont participé à une Coupe d’Europe, un titre de champion, forcément ils ont gardé en eux le meilleur du club. Je pense que c’est très bien pour Saint-Etienne que Rocheteau soit un des dirigeants. Je pense que le PSG devrait ou aurait dû encore aujourd’hui, même si c’est avant l’époque actuelle, avoir dans ses sphères des joueurs qui ont participé aux épopées des années 80. Mais aussi comme Aulas a eu raison d’avoir Lacombe avec lui, cela lui a servi. Outre ses services de fidélité envers l’OL, il représente quelque chose à Lyon, quelqu’un d’important, qui apporte du mémoriel. C’est donc mille fois oui. Cela permet de resituer les gens, de les laisser toujours actifs en plus. Pas un peu, mais ultra favorable. Et à Bordeaux, il y a moyen de le faire, car il y en a des gens glorieux ».

 

On parle souvent, chez une grande partie des supporters, de « Bordeaux Bashing ». Pensez-vous qu’il s’agisse de parano, ou est-ce que les consultants, spécialistes, sont exigeants de par l’histoire du club, et qu’ils attendent forcément beaucoup des Girondins, qui ont semblé manquer d’ambition ces dernières années ?

« Vous jugez quelqu’un en fonction de ses sommets, pas en fonction de sa médiocrité ou de ses bas. Vous n’allez jamais espérer de Dijon, avec tout le respect, l’intérêt et l’affection que j’ai pour ce club, ce que vous espérer de Bordeaux. Dijon n’a jamais été champion, n’a jamais été en Coupe d’Europe. Bordeaux a été champion six fois, a gagné la Coupe de France quatre fois et la Coupe de la Ligue trois fois, a été en demi-finale de Coupe d’Europe. Bordeaux a été un formidable champion en 2009, a joué un quart de finale de Ligue des Champions contre Lyon l’année d’après. Bordeaux a gagné un titre à la dernière seconde d’un dernier match dans un duel épique avec Marseille. Bordeaux est une référence, et vous l’attendez toujours à ce niveau-là et fidèle à son histoire. Et quand vous voyez que Bordeaux s’englue, devient médiocre, forcément ça vous embête. C’est pour cela que je disais que c’est la belle endormie et du coup ça emmerde les suiveurs car Bordeaux n’est pas fidèle à son histoire. Le club devrait chaque année être dans le top 5 ou 6 de Ligue 1. Si j’ai bonne mémoire, dans les années qui ont suivi le titre, Bordeaux a été entre la 5ème et la 7ème place, de manière récurrente. C’est la place des bordelais, en essayant de faire un coup en Coupe. En-dessous, ce n’est pas normal, budgétairement, historiquement, démographiquement. J’espère que les dirigeants vont changer ça. Il n’y a pas de « Bordeaux Bashing », juste une exigence logique en France en fonction de l’histoire propre du club. Tous les supporters de tous les clubs ont tendance à virer dans la paranoïa. Ils estiment qu’ils sont seuls à pouvoir juger leur club. Qu’un œil extérieur est forcément un œil hostile, et ce n’est pas vrai. Je parle de Bordeaux, comme je parle de Lille, de Marseille, de Lyon, de Paris, de Reims, de Dijon, avec la plus grande objectivité possible. Mais je n’attends pas la même chose de toutes ces équipes ».

 

stade matmut atlantique

 

Quel est votre avis sur le Matmut Atlantique qui peine à se remplir ? Pensez-vous qu’il n’y a que les résultats qui pourront amener du monde, ou est-ce aussi un problème de mentalité, d’accessibilité, ou encore de manque d’identification à ce stade (pour rappel c’est SBA qui en a la gérance et ainsi, Bordeaux ne peut pas en faire ce qu’il veut au niveau visuels) ?

« C’est une très bonne question. Ce stade a de grandes qualités à priori. Il est beau de l’extérieur et de l’intérieur. J’étais à Bordeaux la saison dernière pour la finale de la Coupe de la Ligue et j’étais emballé. Je trouve que ce stade est très bien conçu, très vertical, à l’anglaise. Des tribunes populaires aux loges, c’est vraiment un bon stade. C’est un des meilleurs stades de France sans aucun problème. Après, il y a ce problème d’accessibilité. Comme beaucoup de stades en France, ils sont situés en périphérie, et on les construit avant de faire les lignes de transport. Il y a encore des nostalgiques de Chaban-Delmas, mais c’est vrai que c’était quelque chose. Moi j’étais à Bordeaux pour la finale de Coupe UEFA contre le Bayern, il avait un charme ce stade, on est d’accord. Maintenant, il n’était pas adapté à plein d’égards, ni au football d’aujourd’hui. Il faut que les bordelais se rendent compte qu’ils ont un très beau stade et qu’il faut s’en servir. C’est compliqué d’y aller, on y va en avance. Faites le vivre, faites des tifos, chantez. Lors de la victoire contre Marseille, j’ai entendu de vraies participations du peuple bordelais. Ça chantait, le clapping était réussi, il y avait des choses à faire. Les supporters se laissent emporter par nos exigences de suiveurs. La première mission d’un supporter, c’est de supporter. Vous allez au stade, c’est pour chanter et applaudir les joueurs. Il y a un rôle politique avec des exigences de résultats immédiats, ce qui est contre-productif et complètement en contradiction avec la notion même de supporting. Quoiqu’il arrive, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, que les années ne soient pas bonnes, il vous faut chanter pour votre équipe. Allez en Ecosse ou en Angleterre ou en Allemagne, c’est comme ça que ça se passe. Les Glasgow Rangers, quand ils sont relégués en quatrième division, tout le monde allait encore au stade pour encourager leur équipe. Je comprends les préoccupations des supporters envers leur club. Je ne parle pas de Bordeaux mais pour d’autres clubs, on voit régulièrement des banderoles insultantes pour les joueurs, je ne trouve pas ça normal. Si vous n’êtes pas content, n’allez pas au stade. Allez plutôt au théâtre, en famille ou ailleurs. C’était une réflexion sur les supporters, qui me vaut souvent des critiques et des messages hostiles sur les réseaux. Cela m’est égal, c’est ce que je pense ».

 

Bordeaux se déplace à Saint-Etienne et vous expliquiez que ce sera le moment de la confirmation de Marseille pour Paulo Sousa. Même si Bordeaux sera amputé de Pablo Castro et Vukasin Jovanovic ?

« Ce sera un match compliqué, mais à ce titre-là de toute façon, la moitié des matches sont compliqués quand vous êtes au milieu du tableau. Dès que vous vous déplacez chez une équipe qui joue le top 4 ou 5, c’est compliqué. Sousa vient d’arriver, je n’attends pas de lui des résultats immédiats. J’ai d’abord envie de voir s’il s’installe sur la durée mais pour qu’il s’installe dans la durée, il faut qu’il prenne en main son équipe, qu’il connaisse les joueurs, qu’il fasse des ajustements tactiques. Il y aura des hauts et des bas forcément. Ce sera compliqué, la logique voudrait que ce soit Sainté qui l’emporte. Je pense qu’intrinsèquement, il n’y a pas une différence énorme entre les deux équipes en termes d’effectif. Il y a juste une équipe qui a une dynamique depuis plus d’un an, et qui perdure. Et une équipe qui s’est un peu plantée dans le recrutement d’un coach. Autant j’étais un fan de Ricardo au PSG et lors de son premier passage à Bordeaux, autant il faut reconnaître que c’est un échec lors de son deuxième passage. Cela n’a pas décollé. Alors, je sais qu’ils ont perdu Malcom très tôt dans la saison, mais c’était un échec. Je n’ai pas d’exigence particulière par rapport à Sousa et ce match. Je connais suffisamment le football savoir que le choc psychologique n’est pas aussi simple que ça. Ce n’est pas parce l’entraineur gagne son premier match, qu’il va faire un super parcours. On sait très bien que ce n’est pas comme ça que cela marche. Je voudrais juste voir si les qualités de solidarité et de solidité défensive vont perdurer. Si c’est le cas, même si Bordeaux perd, ce sera bon signe et encourageant à mon sens ».

 

saint-etienne

 

A quoi devons-nous nous attendre pour cette fin de saison, et êtes-vous optimiste pour les prochaines ?

« Une place autour de la dixième place, ça me parait être honnête. Il y a quand même pas mal de retard en termes de points sur les équipes qui sont devant. Il ne reste plus beaucoup de journées, ce n’est pas énorme. Avec le contexte d’un coach qui vient d’arriver, cela ne donne pas beaucoup de marge. Bordeaux a 38 points, quatre points de retard sur Rennes, être 10-11ème, ce serait déjà pas mal. Ce ne serait pas une saison sauvée, mais on pourrait penser à la saison suivante. Il y a quatre matches sans défaite en Ligue 1, aucun but encaissé sur les deux derniers matches. Il faut solidifier ces fondamentaux, pour enclencher une dynamique sur la saison prochaine. C’est souvent en fin de saison que l’on enclenche une dynamique sur la saison suivante. Il faut continuer comme ça, encaisser peu de buts, perdre le moins de matches possible, être solidaire, groupé. Ce ne sera déjà pas si mal. Bordeaux va affronter Sainté, Lyon, Lille, Reims, des équipes qui sont devant et qui jouent l’Europe. Je ne vais pas être trop exigeant, il reste sept matches. Si Bordeaux prend 10 points, c’est déjà bien. Pour les saisons suivantes, il faut revenir dans le top 10. Encore une fois, l’inconnu va être la capacité de DaGrosa à mobiliser des fonds importants et s’approcher d’un budget à 100 millions d’euros. Plus on se rapprochera de ce budget, plus ils pourront être ambitieux et viser l’Europe saison après saison. Je le répète, la place de Bordeaux, même avec Paris, Lyon, Marseille, Monaco, etc, c’est de jouer le top 4. Avec Lille, Nice, Sainté, ce sont des clubs de leur calibre. Et de gagner une petite Coupe de temps en temps. Ce qui compte, c’est d’être dans les 6-7 premiers de manière récurrente, ce que faisait Bordeaux il n’y a pas si longtemps. Il faut que Bordeaux refasse vibrer les gens un peu. Les saisons 1999 et 2009 sont les deux meilleures saisons de Bordeaux sur ces dernières années, et cela vibrait. On aimait voir jouer Bordeaux. Pour ma part, dans ma mythologie européenne, le Bordeaux-Slavia Prague ou le Bordeaux-Milan AC, l’épopée de 1996, ou le Bordeaux-Juventus de 1985, ils sont gravés. J’espère franchement que Bordeaux retrouvera des émotions comme ça, le club les mérite. Il faut faire confiance. Pour faire la synthèse, que ce soit les dirigeants, la politique de recrutement, le coach, les joueurs, les supporters, il faut faire confiance. Il faut adhérer, et on avisera sur place ».

 

Nous remercions chaleureusement Geoffroy Garétier d’avoir accepté d’échanger avec nous, ainsi que pour la qualité de ses analyses. Bonne fin de saison !

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