InterviewG4E. Albert Riera : « L’image de Bordeaux va peut être changer avec l’arrivée des américains »

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Galatasaray's Spanish midfielder Albert Riera gives a press conference at the Santiago Bernabeu stadium in Madrid on November 26, 2013, on the eve of the UEFA Champions League football match Real Madrid CF vs Galatasaray SK. AFP PHOTO / JAVIER SORIANO (Photo by JAVIER SORIANO / AFP)

Albert Riera est passé deux saisons aux Girondins de Bordeaux, de 2003 à 2005. Alors qu’il fut l’un des rares espagnols à quitter son pays pour connaitre, jeune, un autre championnat, il a réussi deux saisons correctes au FCGB, avant de voir sa carrière prendre une autre dimension : l’Espanyol Barcelone, Manchester City, Liverpool, l’Olympiakos, Galatasaray… De très nombreux clubs d’un grand standing. Pourtant, l’international espagnol (16 sélections) a gardé sa simplicité et sa gentillesse, lui qui commencera bientôt une nouvelle vie, celle d’entraineur professionnel de football. En effet, Albert a obtenu le plus haut degré de diplôme avec l’obtention de la Licence UEFA Pro il y a quelques jours, de quoi le voir coacher un jour les Girondins de Bordeaux ? Rien n’est impossible, en tout cas ce n’est pas l’envie qui lui manque. Nous avons abordé avec lui de nombreux sujets en rapport avec le club au scapulaire, et vous allez vous apercevoir qu’il connait de nombreuses nouvelles personnes du sportif, présentes depuis le rachat du club. Interview.

 

Quel regard portes-tu sur le rachat du club par un fonds d’investissement ?

« Il faut qu’ils s’assurent de penser Football avant de penser Argent. Car le plus important c’est le foot. Parce qu’il y a beaucoup d’investisseurs qui arrivent dans le monde du football et qui veulent faire ça à leur manière. Ils ne pensent parfois qu’aux affaires… Mais, les fonds d’investissement, il y a des fois où cela fonctionne plutôt bien. Par exemple, à Majorque, il y a 3 ans, le club a été racheté par le groupe des Suns de Phoenix, le club de basket, et ils ont mis Steve Nash, l’ancien meneur de la NBA comme « contrôleur ». Et nous les majorquins, on se disait « Mon dieu, des américains qui arrivent, pas du monde du football mais celui du Basket qui arrivent, ça risque d’être un désastre. Ils ne vont penser qu’à l’argent ». Et au final, ça s’est très bien passé. Donc cela montre que ce n’est pas toujours une mauvaise chose, mais il faut être prudent. Cela peut bien se passer, mais il faut qu’il y ait des gens qui contrôlent, qui soient du monde du football. On sait que le football c’est aussi du business, mais ce n’est pas que ça. Ils ne peuvent pas transférer des joueurs, qui deviennent intéressants pendant le mercato, en ne regardant seulement que d’un point de vue financier. Il faut parfois accepter de payer un peu plus cher des joueurs qui ont un bel avenir devant eux, avec du talent et pas seulement voir des opportunités pour se faire de l’argent.

 

A Bordeaux, il se pose cette même question en ce moment, avec la possible vente de Jules Koundé, le jeune défenseur central bordelais, qui est courtisé par Séville notamment, alors qu’il serait peut-être intéressant de plutôt le garder et construire un groupe autour de lui…

Oui, en effet. C’est pour cela qu’il est important d’avoir quelqu’un de fort au sein du club, qui connaît le football et qui pourra prendre ce type de décisions. Il faut mettre la personne adéquate à ce poste, qui soit dure dans les négociations. Quand tu as un joueur important, si à la première offre tu le vends… ça ne va pas. Quand tu négocies avec un club comme Bordeaux, c’est difficile car il faut augmenter la somme… Quand tu as un club comme Manchester City qui négocie, qu’est-ce qu’ils font ? S’ils ont besoin de sortir 80 millions d’euros, ils les sortiront puisque c’est Manchester City. Pour Bordeaux, l’image que les autres peuvent avoir du club de l’extérieur dans ce type de transactions, c’est « on va proposer quelques millions pour ce joueur et ça suffira ». C’est plus facile de sortir d’un club comme ça… C’est pour cela qu’il est important de mettre une personne forte à ce poste.

 

Eduardo Macia 3

 

Justement, à ce sujet, il y a une nouvelle personne qui a intégré le club récemment et que tu as connue personnellement à Liverpool et l’Olympiakos, c’est Eduardo Macia. Que peux-tu nous dire sur lui ?

Oui, je le connaissais déjà à l’époque où il était à Valencia et oui en effet, nous étions par la suite dans les mêmes clubs, que ce soit à Liverpool ou à l’Olympiakos. C’est une personne qui connaît très bien le football. J’espère pour le club que c’est la bonne personne pour relever ce défi. C’est une personne clé dans les clubs, pour construire une équipe et en même temps qu’ils maintiennent un budget cohérent. Je lui souhaite le meilleur car c’est une bonne personne, un bon directeur sportif.

 

Tu viens d’arrêter ta carrière en janvier 2018. Est-ce que ça a été une étape difficile pour toi ou le fait de te plonger dans la formation pour devenir entraîneur t’a aidé ?

Je pense que pour tous les joueurs, quand arrive le moment, il faut être sincère de te rendre compte que tu ne peux plus faire comme avant. Surtout quand tu as joué dans des clubs importants et qu’ensuite, tu baisses de niveau… Par exemple, quand je suis allé à l’Udinese, ou en Russie, tu ne joues pas de la même façon car la motivation n’est plus aussi haute. La motivation est quelque chose de très important et quand tu joues dans une équipe où il n’y a pas spécialement d’objectifs, de motivation, ce n’est plus pareil. Cela a été le cas pour moi, je m’en suis rendu compte qu’il était temps d’arrêter. En plus de cela, j’ai reçu, comme beaucoup d’autres anciens joueurs espagnols, un appel de la Fédération Espagnole de Football, qui nous proposait de faire un bon groupe de futurs entraîneurs, avec Xavi Hernandez, Xavi Alonso, Raúl, Capdevila, Luis Garcia… Ils ont constitué un beau groupe et durant ces deux dernières années, on a suivi cette formation, entre cours théoriques et stages pratiques. Maintenant, j’ai la Licence Pro qui me permet d’entraîner n’importe quelle équipe. En réalité, je suis content de franchir cette nouvelle étape. La carrière de footballeur ne peut pas durer toute la vie, il faut bien arrêter à un moment. Je vais profiter de cette nouvelle étape, cela fait moins d’un mois que je suis diplômé. Je commence à écouter les différentes offres de clubs que je peux avoir. Je suis en train de penser de commencer dans une équipe où je peux être à la tête d’une équipe première ou sinon, ce qui ne me dérangerait pas non plus, d’être aux côtés d’un bon entraîneur, en adjoint. Il faut être ouvert à tout, je regarde un peu ce qui se passe et d’ici 10-15 jours, je vais prendre une décision de ce que je veux faire.

 

Quand est venue cette envie de devenir entraîneur ?

Je n’y avais pas vraiment pensé en réalité. Quand tu es joueur, après tant d’années à jouer au football, je pensais qu’une fois que je m’arrêterais, je me reposerais un peu. Mais comme le football, c’est ce que j’ai fait toute ma vie, quand je me suis reposé pendant 3 mois chez moi, je me suis dit  « non, non, j’ai besoin d’être proche d’un terrain de football ! » (rires). Je suis resté 3 mois sans rien faire et j’ai reçu l’appel du directeur des entraîneurs de la Fédération Espagnole pour commencer cette formation et j’en suis content. Dans mon cas, je ne peux pas délaisser le football, c’est ma passion et c’est ce que je veux faire.

 

Celades et Riera Bordeaux

 

Albert Celades, ton ami et ancien girondin également, est devenu entraîneur/sélectionneur il y a quelques temps déjà. Avez-vous parlé ensemble du métier avant de t’engager dans cette formation ?

Oui, avec Albert, même en dehors du football, nous sommes très amis. En fait, on se connaissait un peu avant d’être ensemble aux Girondins. Moi j’étais plutôt jeune à l’époque mais on se connaissait déjà. Même en dehors du terrain, on s’entendait très bien. On s’appelle au moins une fois par mois. Quand je lui ai dit que je voulais devenir entraîneur, il m’a donné des conseils, m’a partagé son expérience, notamment ces 4 années à la tête des U21 espagnols et ensuite son expérience avec Lopetegui au Real Madrid. Maintenant, il se repose mais après l’été il veut se relancer en reprenant une équipe. Nous sommes en contact. Il se peut qu’un jour on se lance dans un projet ensemble. Autant au bord du terrain, nous avons des idées qui nous rapprochent en tant qu’entraîneur, autant en dehors du terrain, nous avons une belle amitié. Je pense que les gens à Bordeaux gardent un beau souvenir de lui, de son caractère tranquille, qui venait de clubs comme le Barça ou le Real Madrid. Il a apporté beaucoup d’expérience lors de sa venue aux Girondins.

 

Quelle serait ta philosophie de jeu que tu souhaiterais mettre en place en tant qu’entraîneur ? Et y a-t-il des coachs qui t’inspirent ?

Je pense qu’il n’y a pas deux entraîneurs identiques. C’est vrai que j’ai suivi la formation avec des personnes qui vont être de très bons entraîneurs. Par exemple, moi je suis plutôt le type d’entraîneur qui s’exprime. Je préfère plus la façon de jouer du Barça que celle du Real Madrid, si tu me poses cette question par exemple, mais tous les entraîneurs, nous sommes différents. J’aime la philosophie du Barça et j’aimerais que mes équipes aient le contrôle du ballon, qu’elles jouent depuis l’arrière et qu’elles maîtrisent le football. Mais toujours avec un certain métissage. C’est-à-dire que cela dépend de l’équipe que tu as. L’entraîneur ne doit pas s’imposer et dire que l’on va jouer comme ça et c’est tout. L’entraîneur doit s’adapter à ses joueurs. Donc cela dépend des joueurs que tu as dans ton équipe et ce sont donc beaucoup de paramètres que l’entraîneur doit gérer. Moi, comme joueur, quand j’allais d’une équipe à l’autre, d’un pays à l’autre, je devais m’adapter, parce que c’est plus facile d’adapter seul face à 25 personnes, plutôt que 25 personnes à toi seul. Et lorsque tu es entraîneur c’est la même chose. C’est plus facile que l’entraîneur s’adapte à son équipe que l’inverse. Si tu t’imposes trop, il y a des chances que tu ne ressortes pas avec un bon résultat. Il faut donc s’adapter comme entraîneur, et je vais essayer d’être un entraîneur moderne, qui écoute ses joueurs et qui a une bonne gestion de groupe. Je pense que ce dernier point est très important pour que les joueurs se sentent heureux, qu’ils profitent de leurs expériences. Quand j’étais joueur et que j’étais heureux à l’entraînement, le weekend qui suivait je jouais mieux. Je vais faire en sorte que mes joueurs vivent cette sensation.

 

Si un jour, tu reçois une offre pour entraîner les Girondins de Bordeaux, est-ce que cela serait un défi que tu souhaiterais relever ?

Oui. Malgré le fait d’avoir joué par la suite dans de grands clubs comme Manchester City, à l’Espanyol, où on a eu une belle épopée avec Valverde, en arrivant en finale de le Coupe de l’UEFA, puis à Liverpool… Je pense qu’à Bordeaux je n’ai pas été mauvais, même si j’étais jeune. Mais j’ai toujours eu la sensation que j’aurais pu faire mieux. J’ai toujours dit aux personnes du club, au Président, au capitaine de l’époque Ulrich Ramé, que j’aimerais un jour revenir et aider. J’ai la sensation que je dois quelque chose au club. J’aurais pu donner plus au club parce qu’ils ont misé sur moi alors que j’étais très jeune. Donc à voir si un jour, en tant qu’entraîneur, je peux leur apporter cette aide qu’ils m’ont donnée. Pour le moment, je vais prendre de l’expérience, pour m’améliorer en tant qu’entraîneur. Mais un jour, qui sait, que ce soit en tant qu’adjoint ou entraîneur principal, ça me plairait oui.

 

Albert Riera joueur Bordeaux 2

 

Penses-tu qu’à l’époque, on ne t’a pas laissé assez de temps pour t’imposer aux Girondins ? Comme tu étais jeune et que tu manquais d’expérience…

Je ne dis pas que c’est la faute du club hein (rires). J’ai toujours pensé que je ne l’ai pas fait aussi bien que ce que j’aurais voulu, parce que les gens attendaient beaucoup de moi, mais je ne pense pas non plus avoir été si mauvais que ça. J’aurais pu donner plus, et je ne veux pas rejeter la faute sur quelqu’un d’autre. Cela peut dépendre aussi de l’entraîneur, de l’équipe qu’on aurait pu avoir. Mais je ne suis pas du genre à me trouver des excuses. J’avais 22 ans je pense à l’époque, j’étais jeune et en manque d’expérience. Ce sont des détails importants dans le football. La qualité dans le football est quelque chose d’important mais l’expérience apporte beaucoup aussi. Il me manquait à l’époque des choses qu’avec 4-5 années supplémentaires j’aurais pu apporter au club. Mais je ne les avais pas à cette époque-là, ce n’est la faute de personne. J’aime être une personne critique avec moi-même et je donne le maximum de moi avec les moyens que j’ai. Il y avait beaucoup de facteurs qui entraient en jeu : c’était la première fois que je sortais de mon pays, j’étais jeune, ce n’était pas le même football que celui dont j’avais l’habitude de jouer. Mais réellement, je ne me cherche pas d’excuses, c’est toujours le joueur lui-même qui peut donner plus et si je peux donner un conseil aujourd’hui, c’est se regarder soi-même, pour voir ce que l’on fait de mal et ensuite regarder les autres. C’est quelque chose que je me répète souvent.

 

Au moment de signer chez les Girondins de Bordeaux, quel regard portais-tu sur le club ?

En se remettant dans le contexte, on parle de l’année 2003… On en parle avec les amis de la sélection, Silva, Cazorla, Reina, Fernando Torres, qui ont tenté l’aventure à l’étranger, plus tard. A cette époque en 2003, nous les espagnols, ce n’est pas vraiment que nous avions peur, mais nous pensions « Pourquoi devrions-nous quitter le pays si nous avons le meilleur championnat ? ». Nous pensions comme ça, de façon égoïste. Mais avec les années qui passent, j’ai été l’un des premiers qui soit sorti. Certains sont partis sans crainte, en Angleterre, en Italie. On parle souvent de cela avec les amis de la sélection espagnole qui ont gagné le Mondial et l’Euro, que le fait de partir nous a fait du bien à tous. Nous avions des joueurs d’Arsenal, de Liverpool, de la Juventus, qui ont joué dans différentes équipes à l’étranger et je crois que c’est aussi ce qui nous a rendu meilleurs. Si tu as tous les joueurs qui jouent en Espagne, c’est bien, nous avons une équipe qui joue très bien au ballon, nous avons beaucoup de possession de balle mais il manque quelque chose. Et je pense que l’expérience des joueurs qui jouent à l’étranger a beaucoup apporté.

Donc quand tu me demandes ce que je pensais avant de signer aux Girondins, la réalité c’est ce que je ne pensais même pas partir (rires). Mais maintenant, je ne regrette rien, je suis très content de tout ce que j’ai vécu depuis que je suis parti de Majorque qui était mon premier club. Et commencer tout cela par Bordeaux, je ne le regrette pas du tout. Si je devais refaire les choses, je ferai tout de la même façon.

 

Et aujourd’hui, quelle est l’image que tu as du club ? Ou du moins, l’image que l’on a de lui en Espagne.

Pour nous, l’image de Bordeaux, comme je te le disais tout à l’heure, elle va peut être changer avec l’arrivée des américains mais on a l’image dure du club. Ils récupèrent de nombreux jeunes joueurs de qualité, pour jouer à un bon niveau. Mais c’est comme si c’était rapide et facile pour eux, non ? Et si un jour les Girondins veulent évoluer, être aux côtés des clubs de haut niveau, comme le PSG, comme Marseille ou Lyon, je pense qu’ils ont peu de patience et qu’ils sont durs. Parfois c’est à cause du facteur économique que tu te retrouves dans cette situation. Donc peut-être qu’avec l’arrivée des nouveaux propriétaires, ils pourront avoir un peu plus de patience et construire une équipe forte pour qu’ils arrivent au niveau qu’ils méritent. Pour moi, Bordeaux a toujours été un club historique de France et devrait être toujours dans les 5 premiers du classement.

 

Paulo Sousa

 

Est-ce que tu connais Paulo Sousa, l’entraîneur actuel des Girondins ?

Je ne le connais pas personnellement mais on a des personnes que l’on connaît en commun, notamment un des agents sportifs qui a déjà travaillé pour nous deux. J’ai suivi un peu sa carrière, comme quand il était à la Fiorentina. La personne que nous avons en commun est celle qui l’a amené en Chine, qui ne fut pas une très bonne expérience pour lui d’ailleurs. Je pense que c’est un grand entraîneur avec beaucoup d’expérience. Il fait en sorte d’atteindre ses objectifs, de mettre en place ses idées du football qui sont très bonnes. Il s’appuie beaucoup sur la transmission de ses idées à l’équipe pour mettre en place son façon de jouer. Je lui souhaite le meilleur et beaucoup de chance. Je pense vraiment qu’avec l’arrivée des nouveaux investisseurs, qu’ils vont bien s’organiser dans sa structuration, ils ont un bon entraîneur, et avec Eduardo Macia également. Je ne sais pas s’ils ont besoin de gens encore, mais s’ils veulent, je veux bien venir (rires). Avec mon expérience que j’ai eue à Bordeaux et dans toutes les autres équipes, qui étaient nombreuses et variées, de ce que j’ai vu, c’est que le principal est de créer une réelle connexion entre le club et ses joueurs. Les joueurs ne sont pas là seulement pour faire de bonnes prestations et être vendus par la suite, de façon trop rapide. J’espère donc qu’ils pourront avoir cette patience-là.

 

Un autre ancien bordelais a passé les diplômes d’entraineur en même temps que toi, dans la même promotion, Kiki Musampa. Avez-vous parlé de vos expériences aux Girondins ?

Oui, oui, Kiki (rires). On a parlé oui, c’était à deux périodes différentes mais nous avons souvent échangé au sujet de Bordeaux. Il y avait Ludovic Giuly avec nous également avec qui nous avons discuté du championnat français aussi. Ce sont des personnes qui suivent de près le championnat français, donc quand j’ai quelques doutes, je leur demande des informations. Kiki, je le connais également de l’époque de Manchester City où nous avons joué ensemble. C’est une bonne personne réellement.

 

Très peu d’espagnols sont passés ces dernières années aux Girondins de Bordeaux, et même en France. Comme expliquer que peu de joueurs espagnols viennent dans notre pays ? Est-ce un problème d’adaptation à la vie française ou le style de jeu qui diffère du jeu espagnol ?

C’est ce que je te disais tout à l’heure, même si nous les espagnols, on commence à avoir l’habitude de sortir de chez nous, on préfère quand même rester à la maison. C’est vrai que pour les espagnols, le championnat français est vu comme un championnat plus physique que les autres. Il y a des équipes qui travaillent sérieusement l’aspect physique et parfois ne prêtent pas autant d’attention à l’aspect technique. Mais je ne pense pas que ce soit la seule raison car de nombreux joueurs espagnols ont totalement les capacités de pouvoir venir jouer en France, il leur faut peut-être plus de confiance pour franchir le pas.

 

Cette saison, un espagnol a joué pour les Girondins. Sergi Palencia prêté à Bordeaux, par le FC Barcelone. Est-ce que tu le connais ?

Oui, je le connais. Pas personnellement car il est très jeune. Mais oui, je l’ai suivi, il a pas mal joué à son arrivée au club et c’était bien ce qu’il proposait. C’est un joueur encore jeune, donc il pourra progresser, il a encore beaucoup de temps devant lui.

 

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Liverpool Manager Rafael Benítez (L) stands with new signing Albert Riera at the club’s Melwood training complex, in Liverpool, north-west England, on September 4 , 2008. Riera, 26, has signed a four-year contract for a transfer fee believed to be around eight million pounds after turning down a host of other clubs including Liverpool’s city neighbours Everton. AFP PHOTO/Andrew Yates (Photo by ANDREW YATES / AFP)

 

Dernière question : en tant qu’ancien joueur de Liverpool, récent Champions d’Europe, quel regard portes-tu sur leur dernière saison et ce club ?

Liverpool, à l’époque où j’y étais, de 2008 à 2010, nous étions très proches de gagner la Premier League, on était à deux points derrière Manchester United. Ils ont souvent été à deux doigts de la remporter et ont donc passé beaucoup d’années sans la gagner. Même à l’époque de Gerrard ou de Suarez, ils sont passés tout près également. Donc ce championnat leur résiste pas mal. Mais après, avec ce qu’ils font, on signerait tous pour finir second du championnat et gagner la Ligue des Champions ou au moins arriver en finale. Parce que ce qu’ils ont fait, deux années d’affilée, c’est vraiment beau. Ils sont réellement en train de grandir en tant qu’équipe parce qu’en tant que club, ils l’étaient déjà, c’est un club historique. Mais il faut qu’ils gagnent la Premier League parce que c’est ce que les supporters veulent.

Sinon, si je devais parler de mon expérience là-bas, c’est un club immense, qui est très bien organisé. Et c’est un club que beaucoup de gens aiment, trouvent attachant… Tu peux être supporter de Bordeaux et de Liverpool, de Madrid et de Liverpool… Bon, être d’Everton ou Manchester United et Liverpool non, ce n’est pas possible. Mais de tous les autres clubs du monde, je pense que tu peux l’être à la fois pour Liverpool et un autre club, car c’est un club sympa. Leurs supporters y jouent beaucoup aussi puisqu’ils sont très forts et respectueux. Je pense qu’ils ont beaucoup de sympathie de la part du monde entier. Et en tant que joueur, tu le ressens vraiment quand tu joues dans un club comme ça. Ca a été une très bonne expérience pour moi d’y jouer et j’ai vraiment profité là-bas.

 

Un très grand merci à Albert pour le temps qu’il nous a accordé, pour sa sympathie, et tout cela alors qu’il profite de ses vacances. Une nouvelle fois, félicitations pour l’obtention de son diplôme, à très bientôt !