#Interview. Nisa Saveljic : « Ils annonçaient, comme d’habitude, qu’ils voulaient gagner… »


 

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Crédit Photo : Girondins.com

 

G4E : « Salut Nisa, tu as joué 4 ans à Bordeaux, tu as connu plusieurs Bordeaux-Marseille. Il a quoi de particulier ce match ? »

NS : « C’est un vrai derby! Quand je suis arrivé en 1997, du Partizan Belgrade en Yougoslavie, j’ai joué un match à l’extérieur à Marseille. Vraiment, c’était un vrai derby. Pendant toute la semaine précédent le match, la préparation, c’est complètement à part. La tradition fait que les résultats sont favorables aux Girondins de Bordeaux. Marseille ne gagnait pas à Bordeaux donc, nous aussi, par rapport à cette tradition, nous avions cette volonté de montrer notre force sur le terrain, que ce soit à  Bordeaux ou à Marseille. Nous n’avions perdu qu’une fois à Marseille. A Bordeaux, on gagnait toujours. L’année du titre, on gagne 4-1, on avait toujours de bons résultats. C’était un match particulier, ils annonçaient, comme d’habitude, qu’ils voulaient gagner absolument! C’est un grand club, avec de grands supporters! Nous, on ne disait pas grand-chose dans les journaux, mais on était remarquables sur le terrain. Nous mettions beaucoup d’agressivité, de présence, et de volonté à gagner ce match. »

 

G4E : « Tu me parles de cette victoire 4-1 l’année du titre à Lescure. Tu as retenu quoi de ce match mémorable ? »

NS : « C’est fou mais, je n’ai jamais joué contre Marseille à Lescure: à chaque fois, j’étais suspendu ou blessé! En revanche, j’ai fait tous les matchs là-bas. Pour ce match, j’étais en tribune bien sûr. C’était vraiment le beau jeu… comme nous avions fait toute cette année-là d’ailleurs. Il y avait mon ami Lilian Laslandes Ali Benarbia, Sylvain Wiltord, Michel Pavon, François Grenet, Hervé Alicarte, Ulrich Ramé… c’était une super belle époque. Sur le terrain, on a vraiment imposé notre jeu contre une équipe qui était, sur le papier, plus forte que nous avec Laurent Blanc, Ravanelli, Christophe Dugarry, Robert Pirès, Florian Maurice, il y avait une sacrée équipe en face de nous! C’était l’année où ils étaient allés en finale de la Coupe de l’UEFA contre Parme! » (3-0 pour les Italiens, ndlr).

 

G4E : « Marseille affiche une bonne forme tandis que les Girondins ne sont pas au mieux. Tu vois Bordeaux faire un bon résultat demain soir ? »

NS : « Bordeaux est dans une mauvaise spirale, est sur plusieurs matchs sans victoire. Marseille joue bien, est en pleine confiance, ça va être un match très intéressant. La coupure a fait du bien pour les Girondins, pour prendre un peu de confiance, de fraîcheur, c’est une équipe soudée et je suis convaincu qu’avec un bon état d’esprit, et de l’agressivité sur toutes les parties du terrain, je suis persuadé qu’ils vont gagner contre Marseille. Au niveau des compétences de Jocelyn Gourvennec, Eric Bedouet et de son staff, ils sont performants. Il faut juste que les joueurs reprennent confiance, qu’ils récupèrent l’agressivité et les performances qui étaient remarquables depuis le début de saison. C’est très important, très capital. »

 

G4E : « Beaucoup de joueurs sont passés de Bordeaux à Marseille et vice-versa, comme Dugarry ou Sertic récemment. Tu as déjà eu des contacts avec l’OM durant ta carrière ? »

NS : « Non non, avec l’OM, jamais. Chez moi à Belgrade, en ex-Yougoslavie, si on m’avait sollicité pour signer à l’Etoile Rouge de Belgrade, je n’aurais signé jamais de la vie! C’est une tradition. Partizan-Etoile rouge, c’est un des plus grands derbys, comme Milan-Inter. Mais en France, c’est un peu différent. Marseille ne m’a jamais sollicité, mais si j’avais dû choisir un club après Bordeaux, j’aurais choisi le Paris-Saint-Germain ou Saint-Etienne, ou Lyon. Je n’ai rien contre eux. Marseille est un grand club, une grosse ambiance, mais je préfère le PSG. »

 

G4E : « Après, Grégory Sertic aussi expliquait qu’il ne jouerait pas à Marseille, et pourtant… »

NS : « Après, c’est le jeu. Vous êtes professionnels, vous trouvez une solution pour jouer ailleurs. A la place de Sertic, il a une opportunité de jouer dans un grand club comme Marseille, après une blessure, il a raison. J’aurais fait pareil si je jouais encore. Mais si j’avais pu choisir entre tous les clubs après Bordeaux, j’aurais signé à Paris, Saint-Etienne, ou Lyon oui. »

 

G4E : « Pendant plusieurs années tu as joué au Partizan Belgrade donc, tu as connu les derbys contre l’Etoile rouge comme tu me disais juste avant. Pour toi, c’est quel match le plus chaud entre Bordeaux-Marseille et Partizan-Etoile rouge ? »

NS : « Honnêtement, c’est le derby de Belgrade! Les stades sont distants de 500 mètres. Au Marakana (stade de l’Etoile rouge), quand vous jouez 80 000 personnes, c’est incroyable, c’est un derby de fou! J’ai marqué 3 buts pendant ces derbys, c’était impressionnant! Bordeaux-Marseille, c’est énorme mais là, c’est un très très grand derby! C’est un derby qui a toujours existé, c’est Hajduk Split-Dinamo Zagreb. Mais vraiment, le derby le plus chaud des pays de l’Est, c’est Partizan-Etoile rouge. Les supporters, avec tous ces fumigènes, le bruit dans le stade, c’est incroyable! Ça reste dans ma mémoire, c’est inoubliable. »

 

G4E : « Et donc, ma dernière question, seras-tu au stade ce soir ? »

NS : « Oui, je vais au stade avec Lilian Laslandes. Je suis de tout mon cœur avec les Girondins et les supporters. C’est un match très important pour prendre trois points, pour récupérer la confiance et casser cette spirale de défaites. Dans le foot, ça va très vite. La confiance se récupère avec l’agressivité, de la première à la dernière minute. Bordeaux est capable de battre n’importe quelle équipe, même le Paris-Saint-Germain. »

 

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