#Interview. Camel Meriem : « Si je ne devais retenir qu’un nom, ce serait Marouane »

Il a porté le maillot de Bordeaux plusieurs saisons, entrecoupé d’un prêt à l’Olympique de Marseille, qui l’a conduit en finale de la Coupe de l’UEFA. Habituellement très discret dans les médias, Camel Meriem a accordé une interview à Girondins4ever, à quelques jours du déplacement des Girondins à l’Orange Vélodrome de Marseille.

 

Camel Meriem joueur Bordeaux

 

Bonjour Camel, tu es retraité des terrains depuis 2015 et la fin de ton contrat à l’Apollon Limassol (Chypre). Tu continues toujours de jouer en amateur ? 
Je joue un peu comme ça, pour le plaisir, avec des amis. Juste pour le plaisir. J’avais pris une licence avec d’anciens joueurs, avec la troisième équipe de Monaco, l’année dernière. Mais cette année, je suis plus souvent à Sochaux, donc je n’ai pas trop le temps. Mais j’ai fait quelques matchs la saison dernière avec l’équipe 3 de Monaco oui.

On a parlé d’un complexe sportif avec ton beau-frère David Sauget, ou en est le projet ?
On est en plein dedans là, on espère ouvrir début mai. C’est un complexe assez grand. L’activité principale, c’est le foot, mais il y a diverses activités à l’intérieur du complexe. Cela prend pas mal de temps.

Tu as eu ta formation à Sochaux, et a connu une belle équipe avec Pierre-Alain Frau, Mickaël Pagis, Benoit Pedretti notamment. Que penses-tu de la situation de ton club formateur aujourd’hui ?
Ça fait un peu mal au coeur, Sochaux reste une place forte du football français. Depuis quelques années, le club a perdu de son aura. Ils ont été rachetés il y a quelques temps, et depuis, on entend beaucoup de rumeurs, beaucoup de bruits, on ne sait pas trop où le club va… C’est triste de voir Sochaux dans cet état.

Serais-tu prêt à signer à Sochaux s’ils te proposaient un poste ?
Bien sûr ! Bien sûr ! C’est un club qui m’a donné beaucoup, il m’a permis de devenir professionnel, j’y ai encore pas mal d’attaches. Si par mon expérience, et par ce que j’ai connu dans le football, je pouvais aider le club dans n’importe quel domaine, ce serait avec plaisir.

Te vois-tu devenir entraîneur, ou avoir une autre fonction dans le football aujourd’hui ?
Entraîneur, non, je ne pense pas. Ce n’est pas dans ma vocation, ce n’est pas quelque chose qui m’attire. J’ai vécu toute ma vie dans le foot, je suis un passionné de foot, je continue à regarder beaucoup de matchs de foot, ça reste une passion, donc, rester dans ce milieu-là, cela peut être quelque chose de bien.

Quelles sortes de fonctions, dans un club, pourraient t’attirer ?
C’est vrai que j’aime regarder pas mal de matchs. Je vais voir pas mal de matchs quand je suis dans le Sud, à Monaco, à Nice, où quand je suis à Sochaux. Donc, être l’œil d’un club en allant voir des matchs, cela pourrait m’intéresser oui.

Camel Meriem sourire étirements
Tu signes ensuite à Bordeaux, et tu es très vite comparé à Zinédine Zidane, de par tes origines, ton potentiel , ton poste, et le fait de signer aux Girondins. Pourquoi Bordeaux, alors que des clubs comme Marseille, Lyon, souhaitaient te recruter ?   
J’avais surtout le choix entre signer aux Girondins ou à Lyon. Et à l’époque, Lyon était un peu le PSG d’aujourd’hui. Ils gagnaient tous les titres et étaient champions de France plusieurs fois de suite. Moi, j’avais surtout l’envie de jouer, de progresser, j’avais 20 ans. Il y avait une très très forte concurrence à mon poste à Lyon, et à Bordeaux, le discours de l’entraîneur m’a plu. Le club était régulièrement européen, il y avait tout pour pouvoir progresser et franchir un palier. C’est surtout pour ça que j’ai signé à Bordeaux.

A cet âge-là, ce n’est pas trop difficile d’être comparé à Zinédine Zidane ?
C’est le rôle des journalistes… Dès qu’il y a quelques similitudes avec Zidane, on est vite comparé à lui. Après, je n’y tenais pas trop compte, ce n’est pas quelque chose qui m’a gêné pendant ma carrière.

Que retiens-tu de ton expérience aux Girondins ?
J’ai découvert le vrai haut niveau en sortant de mon cocon à Sochaux, où j’ai tout connu. Partir du jour au lendemain, dans un club comme Bordeaux, cela m’a fait grandir. J’ai connu des débuts difficiles, je n’avais pas les mêmes repères qu’à Sochaux. Bordeaux, cela reste le club qui m’a permis de devenir international. J’ai connu ma première sélection en Equipe de France en 2004 sous l’ère de Michel Pavon, où on avait fait un très bon début de saison. Ensuite, on s’était un peu écroulé sur la fin. Cela reste un beau souvenir pour moi. C’est un bon club, qui reste régulier chaque saison, qui joue l’Europe régulièrement, c’est une place forte du football français.

Quel est le joueur qui t’as le plus marqué en Gironde ?
J’ai vu débuter Marouane Chamakh. Quand il est arrivé avec nous, il était tout jeune, et puis, il a grandi avec le club jusqu’au titre de champion de France. Si je ne devais retenir qu’un nom, ce serait Marouane. On avait une facilité à se trouver sur le terrain, c’était plaisant de jouer avec lui.

As-tu gardé des contacts à Bordeaux ?
Avec Bordeaux, non. J’ai gardé des contacts à Monaco, parce que j’ai encore ma maison, et je vis encore là-bas. Mais c’est vrai qu’à Bordeaux, je n’y suis pas retourné. C’est vrai que c’est un club qui m’a quand même marqué même si je n’y suis pas retourné depuis mon départ, sauf pour jouer contre les Girondins.

Ce week-end, les Girondins se déplacent à Marseille, de quel côté ton cœur balancera-t-il ?
C’est vrai que j’ai joué dans les deux clubs… C’est délicat. J’ai été prêté un an à l’OM alors que j’appartenais aux Girondins. Cela s’est bien passé à Marseille, puisque nous avons eu une belle épopée en Coupe d’Europe. Cela reste un souvenir marquant. Une année à l’OM, cela équivaut à plusieurs années dans un autre club. Je souhaite beaucoup de réussite aux deux clubs. Sur ce match là, un match nul, ce serait bien.

Tu as un pronostic ?
Je supporte les deux clubs, donc un match nul, ce serait parfait ! Je vois des buts, 2-2.