Exclu. Mavuba : « Je ne vous oublie pas »

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Rio, comment vas-tu à quelques jours de rencontrer les Girondins ?

Je me sens bien, je retrouve une bonne forme physique et mentale depuis plusieurs semaines. Je suis en forme. En ce mois de décembre, on n’a pas le choix, on doit enchainer les matches. Et il se trouve que cela se passe très bien pour moi.

 

C’est d’ailleurs cette bonne forme qui t’a permis de retrouver l’Équipe de France.

Oui, ainsi que le travail. J’ai eu un début de saison un peu plus difficile, car je trainais une blessure et même si j’étais de retour sur les terrains, il faut toujours un peu de temps pour revenir au meilleur de sa forme, à 100%. Cela passe par le travail, toujours, cela ne change pas (sourire).

 

Tu n’as pas pu participer aux deux rencontres sur le terrain, mais l’on imagine que tu as dû profiter du moment…

On prend deux buts au match aller, avec un joueur expulsé en prime. L’Ukraine a très bien joué le coup. On nous a enfoncés dans les médias mais en interne, on sentait que rien n’était perdu. On a fait profil bas et on attendait vraiment ce match retour pour prouver qu’on méritait de participer à cette Coupe du Monde. Les buts, le coup de sifflet final, le public ; c’était extraordinaire. Beaucoup nous ont dit que cette ambiance ressemblait à celle de la finale de la Coupe du Monde 98. Et je confirme que c’était fabuleux !

 

La Coupe du Monde, justement, ce serait une véritable déception de ne pas aller à Rio, Rio (rires)…

C’est vrai que j’ai un prénom qui est prédestiné à y aller (rires). Je ne vais pas dire le contraire, une fois qu’on a connu des moments comme ça avec l’aventure des barrages, on veut y regoûter. Une Coupe du Monde, c’est un aboutissement dans la carrière d’un joueur. Nous en sommes encore loin, il reste plus d’une moitié de saison, mais c’est dans la tête, bien sur.

 

 

Et cela passe par des bons résultats avec le LOSC, qui fait une première partie de championnat très intéressante…

La mayonnaise a pris. Il y a une bonne alchimie entre les plus anciens et expérimentés, et la jeunesse qui se révèle et confirme les espoirs placés en elle. On a un bon groupe, solide, qui aborde chaque match en voulant l’emporter. C’est un réel plaisir de jouer pour le LOSC cette saison. Il faut qu’on continue afin de pouvoir titiller un peu les deux gros de notre championnat, et pourquoi pas réussir quelque chose cette saison…

 

Cette solidité dont tu parles, on l’a encore vue contre Marseille mardi.

On a beaucoup donné, on voulait faire un bon résultat devant notre public et on savait que l’ambiance nous aiderait à réaliser un gros match. On ne s’est pas démobilisé, on a formé un gros bloc, tout en essayant de jouer et de faire déjouer Marseille. On aurait aussi pu bénéficier d’un pénalty et malgré ça, plutôt que de se désolidariser ou de s’énerver, on a tenu bon, et on a su profiter de cette dernière occasion en fin de match pour faire la différence et l’emporter. Mentalement et tactiquement, on sera dur à bouger.

 

 

 

D’autant qu’Enyeama derrière, c’est vraiment fantastique ce qu’il réalise !

Oui, face à Marseille, il nous a encore sorti plusieurs arrêts de grande classe. Il le mérite, c’est un gars bien, simple, et qui montre toutes ses qualités cette saison.

 

Le record de d’invincibilité de Gaëtan Huard qui se rapproche pour lui, vous en parlez ?

Non, sincèrement non.

 

Dimanche, justement, c’est Bordeaux qui est sur ta route, un club que tu connais très bien !

C’est toujours avec plaisir que je reviens à Bordeaux. Je vais pouvoir y retrouver amis, famille, l’espace de quelques heures, avant de repartir dans « Ch’Nord » et de penser, déjà, au prochain match. Car il faudra bien terminer la saison avant les fêtes, et ainsi pouvoir repartir pied au plancher en 2014.

 

Ces Bordeaux-Lille ont la réputation d’être des matches assez « chiants » pour les supporters…

Je crois qu’on reste sur quelques matches nuls, il me semble ?! (Les trois derniers matches de championnat se sont soldés par un 1-1, ndlr). On va essayer de gagner pour arrêter cette série alors, avec un petit 1-0, notre spécialité (rires). Ce sera encore une fois un match compliqué pour les deux équipes. On se neutralise souvent dans ces rencontres, c’est vrai, mais on ne calcule pas, c’est comme ça. Mais ça m’arrange quoi qu’il arrive de ne pas perdre face à mon ancienne équipe. D’une manière générale, que ce soit à Bordeaux ou ailleurs, je n’aime pas perdre, mais si je peux éviter de perdre à Bordeaux (rires).

 

 

Tu sais, les supporters t’ont toujours dans un coin de leur cœur…

Qu’ils se rassurent, je ne les oublie pas non plus. Et je reçois souvent leurs messages, ça me fait toujours plaisir, surtout que cela fait un petit moment que je suis parti maintenant (Villarreal, 2007, ndlr). Ce match sera une nouvelle fois l’occasion pour moi de les saluer, pour les groupes de supporters, comme les indépendants. Bordeaux sera toujours mon club de cœur, le club qui m’a formé, celui qui m’a fait signer professionnel, celui avec qui j’ai remporté mon premier titre (Coupe de la Ligue 2007, ndlr). C’est le club qui m’a permis de me construire en tant qu’homme. Après, j’ai fait un choix de carrière que je ne regrette pas car il m’a permis d’évoluer, de connaitre autre chose, et d’avoir d’autres titres aussi (Doublé Coupe-Championnat avec le LOSC, ndlr). Lille a aujourd’hui une place importante également pour moi, mais ce n’est pas pour autant que cela change quelque chose sur ma relation avec Bordeaux.

 

Tu fais partie des joueurs que beaucoup de supporters rêveraient de voir revenir…

(sourire) Tout peut aller vite dans le football. Je suis sous contrat avec le LOSC, où je me sens bien. C’est le discours « bateau », mais c’est vrai (rire). Après, malgré les circonstances, j’ai beaucoup aimé mon expérience à l’étranger et ce serait intéressant de pouvoir goûter, avant la fin de ma carrière, à une autre aventure étrangère. Terminer à Bordeaux ? Je ne sais pas, tout est possible, je ne ferme la porte à rien. Il est encore trop tôt pour en parler ou l’évoquer. Mais j’habite aussi la région bordelaise alors les supporters pourront aussi me voir (rires).

 

 

Merci à Rio pour son amitié sincère. Nous en profitons pou vous renvoyer vers l’association de Rio, « Les Orphelins de Makala« , qui a pour but d’encadrer plusieurs orphelins des quartiers pauvres de Kinshasa, en République Démocratique du Congo. Vous pouvez vous aussi participer à ce beau projet né il y a maintenant quelques années. Pour cela, rendez-vous sur ce lien, et n’hésitez pas à donner pour cette bonne cause.