Alain Giresse : “Le public ne marquera jamais un but, mais c’est un atout qui te procure l’excitation, qui te sublime. Ou inversement, qui te tétanise”

    Alain Giresse

    L’ancien joueur des Girondins Alain Giresse a évoqué l’importance que pouvait avoir le public et les supporters au cours d’un match de football, alors qu’il est question de matches à huis clos suite à la pandémie de Coronavirus.

    « Tu ne peux pas ignorer ou négliger l’apport d’une foule dans les données d’un match. Le public ne marquera jamais un but, mais c’est un atout qui te procure l’excitation, qui te sublime. Ou inversement, qui te tétanise. J’ai vécu les deux lors de la demi-finale de Coupe d’Europe contre la Juve (NDLR: 1985). À l’aller, à Turin, on subit le poids de l’ambiance (0-3, le 10 avril 1985). Au retour, à Bordeaux, le journal Sud Ouest avait créé une mobilisation à laquelle la foule a répondu. Il y a eu un investissement du public. Les gens étaient acteurs, plus spectateurs. On l’a senti, et ça nous a aidés à oublier l’ampleur de la tâche et à nous donner une ardeur supplémentaire (2-0, le 24 avril 1985). À Marseille, inversement, j’ai vu des joueurs capituler face à l’hostilité. Là, c’est terrible, car tu deviens une cible, quoi que tu fasses […] France-Portugal (demi-finales de l’Euro 84, 3-2 a.p., le 23 juin 1984), ça dépasse largement, au baromètre de l’intensité, tout ce que j’ai pu connaître. On était dans un cratère. La ferveur marseillaise était une réalité qui reste difficile à traduire. Même à 2-1 pour le Portugal, on s’est toujours senti soutenus. Dans ces moments-là, ça compte énormément. La foule a été un levier psychologique. À Marseille, le public est capable de créer cet environnement, de mettre l’équipe en position de gagner. Toi, tu prépares le match. Eux t’apportent le dernier élément”.

    France Football