Florian Brunet : « Je le connais, je savais lire au fond de ses yeux, il n’y croyait pas. Et peut-être même qu’il travaille aujourd’hui pour rattraper sa connerie, parce que c’est un homme qui a de la fierté »

Joseph DaGrosa et Nicolas de Tavernost

(Photo by NICOLAS TUCAT / AFP)

Florian Brunet est revenu sur le cas Nicolas de Tavernost, qui a laissé les Girondins de Bordeaux se faire racheter par un fonds d’investissement américain.

« Quand je lis de ces trucs ‘vous avez toujours été gentils avec M6’. Mais les gens qui disent ça, ils connaissent l’histoire du Virage Sud ?! Au début des années 2000 on leur a fait la misère, et pendant des années… Vous croyez qu’on va en quart de finale de la Ligue des Champions par l’opération du Saint-Esprit ? Je ne dis pas que c’est grâce à nous, mais on a notre part de responsabilités là-dedans. Au début des années 2000 on a mis une pression incroyable à M6. Quand on a vidé le Virage pour Bordeaux-Sochaux, quand on prend 4-0 à la mi-temps et que Triaud vient au milieu de 4000 personnes pour s’excuser au nom du club. Vous croyez qu’on leur racontait des poésies à M6 ? Et les années qui ont suivi, on leur a fait des grands sourires. Soi-disant qu’on protège nos avantages acquis… Mais quel avantage ? Le seul avantage qu’on avait, on vient de nous l’enlever, celui de rentrer le camion sous le stade… Ah si, on a eu une prise pour brancher la sono. Sur les deux avantages qu’on a, on vient de nous en enlever un. Je n’ai jamais eu un centime de personne […] On a toujours fait chier M6, toujours. Mais Tavernost c’est un bonhomme. On peut lui reprocher plein de trucs, mais c’est un bonhomme, Triaud aussi. Ils ont fait plein de conneries, mais ce sont des bonhommes. Ce sont des mecs qui encaissent face à toi, ils te regardent dans les yeux, et ils se défendent. Jusqu’au bout Tavernost a été comme ça, sur ce point-là je le respecte. Mais aujourd’hui, il faut le pointer du doigt Tavernost. On leur a tout dit avec Nicolas Florian et Alain Juppé avant que tout ça ne se passe […] De Tavernost a failli quitter la toute dernière réunion qu’on a faite ensemble. Il a failli la quitter au bout de dix minutes parce qu’on lui en mettait plein la gueule et qu’il n’en pouvait plus. Il a été jusqu’au bout quand même, mais les murs du Haillan s’en souviennent […] Jamais on oubliera 2009, le quart de Ligue des Champion’s League, mais de vendre à un fonds d’investissement vautour, jamais on oubliera non plus. Je suis intimement convaincu qu’ils le savaient. Cette histoire qu’on raconte, qui m’a été racontée par des gens dans son premier cercle… Tavernost a tenté un coup de poker, il savait qu’il allait droit dans le mur avec ces gens-là. ‘je vais leur sortir 100M€, ils vont partir en courant’. Et ils ont accepté. A partir de là, il s’est retrouvé coincé, parce qu’il a dit à RTL qu’ils avaient accepté l’offre de 100M€. Il fallait bien qu’il fasse croire qu’il y croyait un peu ensuite… Mais je le connais, je savais lire au fond de ses yeux, il n’y croyait pas. Cette histoire-là, j’y crois. Et peut-être même qu’il travaille aujourd’hui pour rattraper sa connerie, parce que c’est un homme qui a de la fierté. Je peux vous dire que ça aussi, ça doit l’empêcher de dormir. Ça doit le mettre pas bien dans ses journées. Parce que c’est moche. Vendre une si belle histoire, un club si magnifique, avec une telle âme. M6 a une énorme responsabilité, et on en veut énormément à De Tavernost, énormément. Quand il est venu dire au-revoir pour Lyon, il pleurait, il pleurait. Vous croyez qu’il a été bien accueilli ? On lui a dit qu’on n’oubliera pas ce qu’il venait de faire. Il est reparti en pleurant ».

GA, RIG

Retranscription Girondins4Ever

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