Jérôme Alonzo : « Je suis certain que Benoit est un gardien qui, plus c’est tranquille, moins il est bon »

Benoit Costil

Jérôme Alonzo est forcément un spécialiste du poste de gardien de but, grâce à sa carrière de joueurs professionnel. Il connait d’ailleurs bien le portier et capitaine des Girondins de Bordeaux, Benoit Costil. Nous lui avons demandé de nous parler de cette évolution visible dans le système de jeu de Paulo Sousa, cette volonté de relancer dès le gardien de but pour initier une attaque.

« Le monde a changé. Nous, on nous demandait de remettre long sur l’attaquant. C’était pas dans les années 70, c’était en 2000 jusqu’à 2010. D’ailleurs c’est drôle d’en parler avec quelqu’un des Girondins car un des précurseurs, c’était Ulrich Ramé. Tout le monde parlait de Fabien Barthez. Pour moi, de ceux de ma génération qui avaient un bon pied droit et pied gauche, c’était Ulrich. Sans aucun problème. Ulrich pourrait jouer aujourd’hui ! Enfin, dans ce rôle-là aussi. Moi, je pourrais jouer à l’anglaise à la limite. Non mais c’est que je n’avais pas confiance dans mon jeu au pied. Je n’ai pas de pied gauche pour commencer, et moi ma génération c’est « tu mets sur le grand devant ! » ou dans la course de Pauleta après, quand je jouais avec lui. Sur la fin de ma carrière, la tendance tournait un peu à faire tourner l’attaquant en sortant court. Ça commençait un peu. Aujourd’hui, oui avec un profil comme celui de Benoit, qui est parfaitement à l’aise au pied, qui fait très peu d’erreurs à ce niveau-là, il est parfaitement à l’aise dans un système comme ça. Benoit est le gardien moderne par essence et un gardien moderne doit savoir relancer court dans les intervalles pour faire mal de suite et casser les lignes très tôt. Et Benoit dans sa panoplie, il a ça, bien sûr ».

Il y a quelques semaines maintenant, Jérôme avait parlé de notre capitaine, expliquant qu’à une époque on lui prédestinait une meilleure carrière que celle qu’il vit actuellement (lire ICI). Jérôme et revenu pour nous sur ses propos.

« Comment dire sans lui faire trop de compliments, sinon il va avoir la grosse tête après (rires) ! On en a parlé ensemble et Benoit a parfaitement conscience de ça. Un gardien ne doit plus être bon, ça ne suffit plus, c’est fini. Il faut qu’il soit très bon. Quand tu es dans un club comme Bordeaux, et je me répète, où c’est tranquille… En fait, j’avais dit vraiment que je voulais voir Benoit dans un club sous pression. J’avais dit que j’étais certain que ce garçon, dans un club comme Marseille, où vraiment où ça tape tout le temps… Bordeaux on n’est pas sous pression tout le temps, tu n’as pas de pression populaire, quotidienne, c’est comme ça. J’espère que ça reviendra. Mais je suis certain que Benoit c’est un gardien qui, plus c’est tranquille, moins il est bon. C’est la phrase que je voulais dire. Pour moi, c’est certain que Benoit est un gardien qui est fort sous pression lorsque les matches sont chauds. Et c’est vrai qu’à une époque, il était moins décisif et il était le premier à le reconnaître. Benoit est un gardien qui mérite de jouer la Champions League. Si c’est à Bordeaux, je serais ravi pour vous ! On refera l’interview et je te dirais « voilà, maintenant je m’éclate ! ». Mais si ce n’est pas à Bordeaux, un jour où l’autre, pour franchir ce dernier palier de progression dans la pression, dans tout ce que représente le poste de gardien, quand c’est dur, quand c’est bon, quand c’est chaud… Ça, peut-être qu’un jour, ça se fera à Bordeaux ».

Retrouvez l’intégralité de l’interview ICI, sur Girondins4Ever

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