Serge Dubeau : “Surtout, il faut qu’il y ait une âme. Une institution sans âme n’est pas une institution qui va durer dans le temps”

    usa etats-unis girondins

    Pour Le Point.G, Serge Dubeau, ancien médecin du club des Girondins, a évoqué l’évolution du club, avec notamment le rachat par les américains, depuis son départ.

    « En étant à l’extérieur, évidemment comme tout le monde, des investisseurs viennent d’arriver donc c’est toujours un peu compliqué de juger si ça va être bien, ou pas. Tout ce que je souhaite c’est que tout se passe le mieux possible. Il est vrai que ça a changé, forcément. J’ai vu, j’ai entendu certains bouleversements dans la direction, et pas que. C’est comme ça, ce sont des choses qui se font naturellement quand il y a un repreneur. Après, sur le plan sportif, c’est toujours difficile de donner son avis. On choisit, parfois, des joueurs qui ne sont pas spécialement de grandes stars du football international, et ma foi c’est quelque chose qui marche bien. La sauce prend bien et on a finalement des résultats tout à fait corrects. Après, ce que j’ai dit il y a pas longtemps, j’avais fait un petit discours parce que ça m’agaçait un petit peu, je disais : ‘surtout, il faut qu’il y ait une âme’. Que ce soit aux Girondins ou ailleurs, d’ailleurs. Quelque chose sans âme, une institution sans âme n’est pas une institution qui va durer dans le temps. Je ne crois pas. Mais je n’y suis pas au club, je n’y vis plus […] Ce que j’ai ressenti un peu ces derniers temps, c’est que les nouvelles personnes étaient plus là pour la marque que pour l’histoire du club. Mais je crois quand même que c’est important de se rappeler l’histoire de ce club, l’histoire d’une famille, cet esprit de famille qu’il y a toujours eu aux Girondins de Bordeaux. Je crois que Bordeaux est une ville déjà un peu particulière. Je ne sais pas si les repreneurs savent ce que sont les bordelais, mais je me rappelle quand j’allais voir des matches à Lescure, ils étaient particulièrement difficiles les spectateurs, très attentifs à ce qui se passait, et à la fois très attentionnés. Ça, je crois qu’il faut en prendre conscience parce que c’est un public très difficile, que ce soit dans le sport ou le spectacle. A l’opéra, si la chanteuse n’est pas très bonne, le public va siffler, et ça se voit essentiellement à Bordeaux, pas spécialement ailleurs. Je crois qu’ils sont plus durs, plus attentifs, et ils sont en même temps habitués à une histoire de club qui s’est prolongée pendant des années et des années. Je crois qu’il va falloir rompre avec ces habitudes et ces traditions, je pense ».

    Le Point.G

    Retranscription Girondins4Ever