Alain Giresse : « D’un coup, dans la nuit, tout s’éteint. Et on voit les balles de partout… Je suis resté enfermé pendant huit jours »

Alain Giresse

Dans L’Equipe, Alain Giresse, sélectionneur du Mali par deux fois de 2010 à 2012 puis de 2015 à 2017, est revenu sur son expérience avec la sélection malienne qui a été intense sur son deuxième passage.

« Je suis arrivé après la grosse génération Keita, Diarra, Sissoko… C’était une équipe à reconstruire et on a fait troisièmes à Libreville en 2012. Le retour à Bamako avait été magnifique, une fête dans le stade ouvert. Le lendemain, le président de la République (Amadou Toumani Touré) nous reçoit dans ses jardins. Je n’ai jamais connu un tel moment de plénitude. Et Seydou Keita… Il avait tout, la tête et les jambes. Quand on se qualifie pour les quarts de finale, Seydou était tellement heureux qu’il m’a demandé s’il pouvait payer à manger à tout le monde… Et je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi malheureux après la défaite contre la Côte d’Ivoire en demies (0-1). Michel (Platini) était là et il se sentait mal à l’aise pour lui. Lors de ma première période là-bas, je vis aussi un coup d’État (le 21 mars 2012). J’allais faire des courses et je vois tout le monde courir. Je me dis : « Il y a un de ces orages qui se prépare ! » Je me mets sur RFI et boom, j’entends ça. Puis un message de l’ambassade nous prévient de rester chez nous. Là, je rentre dare-dare à l' »appart », ça chauffe. Et d’un coup, dans la nuit, tout s’éteint. Et on voit les balles de partout… Je suis resté enfermé pendant huit jours, j’ai mangé des pâtes et des boîtes de thon. Pour mon retour, le Mali avait changé, tout était bunkérisé avec l’attentat du Radisson. Il ne fallait pas aller dans les endroits ciblés où, en tant que Français, on pouvait être en danger. Alors je me rendais de chez moi au siège de la fédération ».

L’Equipe

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