Rio Mavuba : « Le rituel est de taper dans leurs mains. À mon passage, 5 ou 6 d’entre eux retirent leurs mains… »

Sparta Prague Rio Mavuba 4

Photo Sparta

Rio Mavuba, dans un livre qu’il va sortir dans quelques jours (« Capitaine de ma vie » à paraître aux éditions Solar le 15 novembre), s’est exprimé sur le racisme qu’il connut en République Tchèque, lorsqu’il évolua quelques mois au Sparta Prague.

« En fait, il a fallu que j’attende de jouer au foot pour être confronté au racisme. Sur et surtout autour des terrains. Des racistes, il y en a malheureusement partout, il n’y a pas de raison que certains ne s’assoient pas dans les tribunes d’un stade. La différence est qu’ils profitent de l’endroit pour se regrouper et se défouler. […] Pour ma part, j’ai rarement vécu ce type de scènes en France et j’ai été très peu confronté au racisme. Par contre à mon arrivée en République tchèque, à l’été 2017, ce fut une autre histoire. Au moment où je signe au Sparta Prague, j’entends parler d’une frange de « supporters » réputés racistes. J’ai très vite pu le constater. Dès le premier match contre le Bohemians de Prague. Au début de la rencontre, l’attaquant adverse, le Ghanéen Benjamin Tetteh, se blesse devant la tribune incriminée, où sont rassemblés les supporters les plus chauds. Il essuie alors des cris de singes provenant d’une petite partie d’entre eux. Tes propres supporters ! Je suis choqué. J’en parle à Costa Nhamoinesu, défenseur international zimbabwéen au club depuis 2013. « N’y prête pas attention, c’est comme ça ! », me répond-il. Il me raconte que le club a été sanctionné par l’UEFA pour cela mais qu’à part avoir porté un tee-shirt « Sparta contre le racisme », peu de dispositions avaient été prises. Et ce malgré ses plaintes répétées. Deuxième journée, nous jouons à l’extérieur. On gagne. Le capitaine nous appelle pour aller saluer nos quelque 300 supporters présents. Le rituel est de taper dans leurs mains. À mon passage, 5 ou 6 d’entre eux retirent leurs mains. Je suis surpris, méfiant aussi un peu. Je guette leur réaction quand les autres Blacks de l’équipe passent. Ils font la même chose. D’autres joueurs étrangers me le confirment aussi. On est tous choqués. On en parle entre nous. On décide de boycotter le rituel. Il n’y a pas grand-chose d’autre à faire. Voir de tels comportements dans les stades en 2018 est proprement hallucinant et scandaleux ».

Via Le Parisien

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