Cédric Anselin : « Je m’étais promis de ne jamais être comme eux, je me suis retrouvé à boire de l’alcool, à manger n’importe quoi… »

Cédric Anselin

Photo NSFT

Cédric Anselin a quitté Norwich par la petite porte, comme il le dit lui-même. S’en sont suivies de nombreuses mauvaises expériences footballistiques, qui l’ont mené vers une carrière qui a forcément contribué à sa dépression. Après le coup de poignard à Norwich, il connut l’Ecosse, puis la Bolivie, deux expériences extrêmement difficiles.

« Le deuxième coup de marteau a été le départ en Écosse. J’arrive au mois de novembre, tout seul, j’ai vécu dans un ‘bed & breakfast’. A la fin de la saison je suis parti, et il y a un gars qui m’a demandé si ça m’intéressait de venir en Amérique du Sud, j’ai alors répondu que oui. Il m’a parlé de la Bolivie qui jouait la Champions League, je suis parti là-bas sans faire mes vaccins de la malaria, et tout ce qui suit derrière… Je suis tombé malade deux mois après à ne pas pouvoir m’entrainer, à être à l’hôpital, et là je me suis dit qu’il fallait que je rentre. Je suis rentré en Europe et en France au départ. C’est là que j’ai appris que j’étais en dettes par rapport à une personne de ma famille qui m’a endetté… Là, la dépression a commencé à tomber, je ne savais pas vraiment ce qui se passait dans ma tête. Je savais que quelque chose n’allait pas mais j’avais peur d’en parler. Je n’ai pas joué pendant énormément de temps, j’ai commencé à boire de l’alcool, je me suis un petit peu vu comme mes parents. Je m’étais promis de ne jamais être comme mes parents et je me suis retrouvé à me lever le matin, à boire de l’alcool, à manger n’importe quoi… J’avais pris 20kg. Je n’étais vraiment bien dans ma tête, vraiment pas bien dans mon corps. La dépression avait complètement pris possession de mon cerveau. Je planifiais mon suicide trente à quarante fois par jour sans le dire à personne, même pas à ma femme à cette époque-là. J’avais fait une tentative de suicide en 2012, en prenant des cachets, et c’est ma femme qui à l’époque m’avait sauvé. Après ça, j’avais décidé de ne pas en parler. Je vivais dans une caravane parce que j’avais tout perdu, je n’avais plus goût à la vie, je ne savais plus quoi faire. Je restais enfermé. J’avais peur de sortir de chez moi, j’avais peur du regard du public. Pour moi, rester enfermé entre quatre murs, c’était ma sécurité ».

 

Slate

Retranscription Girondins4Ever

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