Cédric Anselin : « Je suis arrivé à Norwich par la grande porte, et je suis parti par la petite porte »

Cédric Anselin, l’ancien joueur des Girondins de Bordeaux, est revenu sur son passage dans le club de Norwich en Angleterre. Un passage de sa carrière dont il n’a pas gardé le meilleur souvenir.

« J’ai beaucoup joué au départ, puis je me suis blessé. Il y a eu un changement d’entraineur, beaucoup de joueurs sont arrivés, et à mon poste il y avait quatre joueurs. Donc si tu es blessé, tu te retrouves très rapidement quatrième et c’est très difficile de redevenir titulaire. Même si l’équipe perdait, à domicile comme à l’extérieur, c’était de ma faute parce que j’étais étranger et que je gagnais beaucoup d’argent… L’entraineur pointait le doigt sur moi tous les lundis à la réunion avant l’entrainement. L’entraineur m’a dit que je ne faisais plus partie de ses plans, qu’il savait qu’il me restait encore un an de contrat, et que je n’allais pas jouer et m’entrainer avec l’équipe réserve. Là, c’était la première personne qui ne me voulait pas. Ca a été un moment difficile. Je n’y ai pas été préparé, je n’ai pas été encadré, éduqué, à être dans cette situation-là. Toute situation où j’ai été, c’était des gens qui me voulaient. En tant que joueur professionnel j’ai été un peu touché puisque je n’avais jamais été dans cette situation. J’avais toujours été un peu mis sur un piédestal, et en deux-trois minutes je suis passé à ne plus être joueur. J’ai eu des gens autour de moi qui m’ont très, très mal encadré. Il y a des agents qui m’ont promis la lune, en me disant qu’ils avaient des contacts avec des clubs. J’ai pris l’argent, je suis parti, ces agents-là ont pris une commission et ils ne m’ont jamais trouvé de club. Je suis arrivé à Norwich par la grande porte, et je suis parti par la petite porte. Les supporters ne savaient même pas que j’étais parti, même un an après. Ça a été un échec pour moi. Tu prends un grand coup de marteau sur ta confiance. Tu n’as plus confiance en toi-même et surtout tu n’as plus confiance en personne. Personne. Il n’y a plus personne autour de toi. Je ne savais pas quoi faire… Et j’avais toujours peur de trouver un club, de me dire que je n’étais pas bon, physiquement que je n’étais pas bon, qu’on ne me voulait pas… Quand vous avez le rêve d’être footballeur professionnel et que votre rêve s’arrête, c’est difficile. Dans la vie on n’a qu’un rêve. Mon rêve s’est arrêté trop tôt. Mentalement, je ne pouvais plus, j’ai gardé cette dépression sur moi pendant 14 ans ».

 

Slate

Retranscription Girondins4Ever

 

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