Gernot Rohr : “Claude Bez avait poussé pour ma naturalisation, parce qu’il voulait acheter Dieter Muller et Caspar Memering”

    Gernot Rohr joueur Bordeaux

    Gernot Rohr joueur Bordeaux

     

    Gernot Rohr n’a jamais porté le maillot de l’Allemagne avec les A. Il décida finalement de se faire naturaliser français, mais à l’époque il n’a pas pu jouer avec les Bleus, le règlement étant différent de celui d’aujourd’hui. Lors d’un long entretien à Ouest-France, l’ancien bordelais revient sur ce moment de sa carrière.

     

    Je suis devenu français en 1981. À l’époque, je jouais aux Girondins de Bordeaux. C’est Claude Bez (président du club) qui avait poussé pour ma naturalisation, parce qu’il voulait acheter deux autres Allemands : Dieter Muller et Caspar Memering. Dans le temps, il n’y avait le droit qu’à deux étrangers par club. On a donc fait les papiers […] En 1982, le sélectionneur Michel Hidalgo a voulu me prendre, cherchait un arrière droit pour les Bleus. Il habitait à Blaye et venait souvent voir les matches à Lescure. Une fois, il était entré dans le vestiaire après une rencontre et m’avait fait la proposition. Mais c’était impossible, car j’avais évolué avec les juniors allemands, je ne pouvais pas porter un autre maillot. À 27 ans ! À l’époque, c’était impossible de changer. C’est devenu faisable quelques années après la fin de ma carrière […] Un regret ? Bien sûr, ça m’aurait beaucoup intéressé. Pas mal de mes équipiers bordelais évoluaient en équipe de France : Giresse, Lacombe, Battiston, Tusseau, tous les autres… Et puis on a fait des grandes saisons avec les Girondins en 1984 ou 1985. J’aurais pu avoir une chance. Mais je ne regrette rien. Pendant ce temps, j’ai pu avoir du temps pour passer mes diplômes d’entraîneur à Vichy et Clairefontaine, préparer ma reconversion, pendant les championnats d’Europe et les Coupes du monde. Il y a toujours du pour et du contre dans les choix de nos actes…

     

    Ouest-France