Patrick Guillou : « Une approche différente dans l’investissement, le travail invisible, l’implication, dans tout… »

Patrick Guillou

 

Patrick Guillou, qui connait bien les championnats français et allemands pour y avoir officié, a donné les différences entre eux deux au niveau des joueurs, et de leur manière de travailler.

« Au niveau mentalité, investissement, ce que j’ai pu connaitre pendant deux mois à Wolfsburg, c’était totalement différent par rapport à ce qu’on peut connaitre en France, les cultures sont différentes. Par exemple, en Allemagne, un jour l’intendant m’avait donné une mauvaise paire de chaussettes, personne ne pouvait savoir que la faute était de l’intendant… J’ai dû payer 500€ parce que je m’étais trompé de paire. Chaque minute de retard, c’est 300-400€ d’amende… Quand vous vous commencez une séance à 15h30, à 15h30 tout le monde est sur le terrain en Allemagne […] C’est deux choses complètement différente. Le joueur français, pour lui le plus important, c’est le jour de match. C’est important aussi en Allemagne évidemment… Mais dans l’approche de la performance, l’implication au quotidien est complètement différente que ce soit en Allemagne ou à l’étranger, qu’elle ne peut l’être en France. Ce n’est pas pointer du doigt le football français, c’est juste que c’est une approche complètement différente dans l’investissement, dans le travail invisible, dans le quotidien, dans l’implication, dans tout… Pour ne pas pointer du doigt aux Girondins, je vais donner l’exemple de Subotic à Saint-Étienne. Beaucoup de joueurs de Saint-Etienne sont agréablement surpris d’un investissement au quotidien et par le professionnalisme de Subotic. Alors que pour Subotic, qui a fait huit ans à Dortmund, tout ce qu’il faut c’est logique et normal. Ce n’est pas une contrainte… C’est juste tout à fait normal dans ce métier de footballeur professionnel de ce que lui doit apporter au quotidien […] En Allemagne, on gagne aussi sa place aux entrainements. Vous n’avez pas besoin aux séances d’entrainement au quotidien, de les pousser. A la limite, ils vous rendent le job facile. Ces joueurs-là, vous avez juste à gérer l’aspect psychologique, et l’aspect de l’égo. Tout ce qui est discipline et implication personnelle, les joueurs de cette envergure-là, vont mettre tellement de pression positive sur leurs partenaires quand une passe n’est pas assurée, une erreur technique… En France, c’est l’adjoint qui gueule et qui reprend. En Allemagne, c’est eux, envers eux… Ils font entre guillemets la police entre eux-mêmes. Vous ne perdez pas votre salive et quand vous faites une remarque, l’approche est perçue autrement que quand vous avez toujours un adjoint qui aboie derrière ». 

 

Retranscription Girondins4Ever

RIG

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