Christophe Bérard : « Pour une fois que la L1 possède un club qui fait la grève perlée du jeu, il faut savoir le mettre en vitrine »

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Dans sa chronique « de mauvaise foi » intitulée « Grève à la bordelaise » dans Le Parisien, Christophe Bérard s’est exprimé sur la situation des Girondins de Bordeaux, vis-à-vis d’un éventuel rachat par des investisseurs américains.

« On ne saurait trop conseiller au fonds d’investissement américain intéressé par la reprise des Girondins de Bordeaux de se hâter sous peine de se faire piquer la bonne affaire. Car là, on parle de pépite. Outre-Atlantique, on a historiquement toujours regardé avec crainte le modèle social français jugé trop gréviste et revendicatif. Mais Bordeaux est un parangon de douceur libérale pour un investisseur américain. Juste des piquets pour les vignes, jamais pour les grèves ! Le sixième budget français se rit de la pression et cultive avec élégance son originalité : le patron du club est, depuis un an, un ancien tradeur sans expérience du football qui a l’excellente habitude de ne pas taper du poing quand les défaites s’accumulent. Bien vu. C’est tellement peuple et vulgaire, cette tendance à s’énerver quand les joueurs donnent l’impression de ne pas se livrer à fond. La colère, c’est pour les virages. Pas pour la tribune présidentielle. Le microclimat local, qui fait les grands crus et les petits joueurs, n’aide pas non plus. Le vilain Jocelyn Gourvenneca quand même fini par être viré fin janvier et remplacé par un « guerrier », l’Uruguayen Gustavo Poyet, qui a commencé par remporter quelques matchs et évoquer un strapontin européen avant de comprendre qu’en Gironde tout cela est trop bruyant. Il s’est mis au niveau et affiche un bilan très honorable de zéro victoire lors des six derniers matchs. On a évité le drame : le public se serait emballé, fait du bruit au stade et effrayé les Américains par ses cris. Pour une fois que la L1 possède un club qui fait la grève perlée du jeu, il faut savoir le mettre en vitrine ».

 

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