Laurent Perpigna : « On leur a posé des numéros sur le torse, de 1 à 43, et on les a mis à quatre par cellule »

Ultras

 

Laurent Perpigna est revenu sur les malheureux événements vis-à-vis des Ultramarines, lors de la rencontre entre Strasbourg et les Girondins de Bordeaux.

« Ils ont été menottés, on les a emmenés au commissariat. On leur a posé des numéros sur le torse, de 1 à 43, et on les a mis à quatre par cellule. Il y aussi deux minibus qui ont été contrôlés en arrivant. Ils ont pris les identités, et ils les ont renvoyés. Le traitement qui est fait à des supporters qui vont voir un match de football, ce traitement-là est dégradant, indigne. Faire 18 heures de garde à vue pour avoir été voir un match de football, c’est totalement aberrant. Le traitement qui a été fait aux supporters est totalement déplacé. On ne met pas un numéro sur des gens, on ne colle pas une étiquette de 1 à 43, on ne regroupe pas les gens à quatre par cellule. Ils n’ont quasiment pas mangé pendant 18 heures… On n’est pas en train de pleurer, mais il faut quand même bien préciser ce qui est. Au final, on nage dans l’absurde parce que les policiers eux-mêmes ont fini par être désolés de la situation. Au moment de prendre les photos ils disaient ‘mais qu’est-ce que vous foutez-là’. Un témoignage d’un officier de police sur place : à quelques rues du commissariat une voiture s’est encastrée dans un immeuble avec un conducteur en état d’ébriété. Ils sont intervenus en lui prenant les clés, et ils lui ont presque dit de repartir… Il n’y avait plus de place dans le commissariat. Nous sommes en 2018, on privatise un commissariat dans une ville comme Strasbourg, pour des supporters qui ont été au stade […] Des personnes qui ont été arrêtés à Strasbourg, il y a des gens qu’on ne connaissait même pas, qui ont vu les supporters qui se sont regroupés, qui habitent en Alsace et ils se sont rapprochés d’eux. Ils ont passé la nuit aussi au commissariat et seront convoqués le 20 mars au tribunal de Strasbourg (4 personnes) ».

 

Que répond-il aux supporters qui disent « vous le saviez, il y avait un arrêté, il ne fallait pas y aller » ? « On fait les choses en connaissance de cause, on sait très bien qu’on viole les interdits, mais… A un moment donné, à partir du moment où c’est illégitime, il faut quand même qu’on s’offusque !  On ne peut pas accepter. Je le dis, on interdit des gens d’aller voir un match de football en raison de leur origine. Vous mettez les mots que vous voulez là-dessus. C’est complètement aberrant, contre-productif, et ça va à l’encontre de tous les efforts faits dans les années 1990 […] Si les gens ne comprennent pas ça, c’est qu’ils ne comprennent rien, qu’ils n’ont jamais mené de combat dans leur vie. On ne peut pas accepter ça, c’est une privation de liberté, cela va à l’encontre de toutes les lois : la liberté de circulation… ».

 

GA, RIG

Retranscription Girondins4Ever

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