Lawrence Leenhardt : « C’est douloureux, on est tous un peu abasourdis, ça parait surréaliste, c’est un peu effarant »

Jocelyn Gourvennec

 

Lawrence Leenhardt n’arrive toujours pas à comprendre comment un entraîneur de la qualité de Jocelyn Gourvennec a pu quitter le club. « Les deux en même temps la même journée et consécutivement, avec Jérémy Toulalan, je n’en ai pas le souvenir d’avoir vu ça. Je ne sais pas quels étaient les termes d’un potentiel ultimatum. Il y avait le match de Nantes dedans, je pense, et cela implique que cette défaite très injuste à Caen, a été celle de trop. Cela impose du coup un timing un peu étonnant, surprenant, et surement très compliqué à gérer […] Pourquoi ça n’a pas fonctionné ? Si on avait la réponse, il serait encore là. Ça tient un peu du surréaliste une telle chute. C’est plus qu’improbable. Quand on a un bon entraîneur, qui travaille bien, un entraîneur de foot, ça parait complètement surréaliste. On n’a pas vraiment d’explications. C’est une conjugaison de faits et de facteurs, mais que tout s’écroule comme ça… Il n’y a pas de cassure avec le vestiaire et c’est pour ça que c’est encore plus douloureux pour tout le monde. Sur ces dernières semaines, Jocelyn Gourvennec a cristallisé toutes les critiques. On est tous un peu abasourdis. Souvent, quand un club comme ça est dans la misère, il y a des explications évidentes. Il y en a, mais même toutes ensemble, elles n’expliquent pas une telle chute. Il a tenté des choses et en plus, c’est vrai que la défaite à Granville est venue annihiler tous les projets, donc on est repartis en dessous de zéro, elle a tout tué. C’est peut-être celle-là qui a été la goutte d’eau. En étant éliminé, tout ça a complètement plombé le moindre espoir, le moindre facteur d’optimisme […] Il a changé des joueurs, peut-être pas tous. Il y a forcément des erreurs de son côté, mais c’est facile de le dire après coup. Il s’est peut-être entêté trop longtemps avec certains joueurs. Mais de là à en arriver là… Des matches perdus n’amènent pas une telle situation ».

 

Le discours de Jocelyn Gourvennec lui a souvent été reproché ces dernières semaines, souvent lorsqu’il employait des expressions comme « bien s’entrainer »… Lawrence Leenhardt pense que « ce discours ne l’a pas aidé. Il y a cette part d’invisible qui fait que le foot ne se gère pas comme une entreprise. Il y a cette part d’indicible et d’invisible, des paramètres hyper importants qu’on ne maîtrise pas, et ça, c’en est un. On a connu avec Willy Sagnol des groupes affreux avec des clans, pas d’ambiance, une ambiance délétère. Ça ne marchait pas, ou oui sur le terrain parfois, mais on n’en est pas arrivé à cette situation. C’est ça qui est un peu effarant. On a du mal à comprendre comme ça de l’extérieur. On parle du mental d’un joueur, mais il faut en additionner 16, et il faut que ça fonctionne ensemble. Nous, de l’extérieur, on a du mal à comprendre. Quand je regarde les matches, on a l’impression que les bordelais ne courent pas. Ils vont moins vite que les autres, c’est comme s’ils avaient moins faim. On prend un but à la 85ème et tout d’un coup on les voit se ruer devant le but : c’est trop tard. On a l’impression qu’ils jouent moins vite que les autres, que c’est tout le temps sur le même rythme. Est-ce qu’il y a de la retenue, la peur de mal faire ? On dit qu’ils n’ont pas envie mais je n’y crois pas. C’est l’impression que ça donne, mais je n’y crois pas. Tout ça accumulé, et l’enchainement des défaites fait que c’est très difficile à faire repartir. En plus, on n’a pas été vernis sur certains matches. Quand on les additionne et que ça tourne toujours mal… Ce n’est pas une excuse, attention, mais c’est vrai qu’ils ne sont pas vernis, quoi ! Et quand c’est comme ça, tout tourne dans le mauvais sens ».

 

Un exemple par rapport aux propos ci-dessus, l’expulsion de Paul Baysse face à Caen. « C’est condamnable. De la même façon que j’avais hurlé quand Jérémy Ménez s’était fait expulser à Montpellier. C’est bête, c’est condamnable comme réaction. Le problème c’est que souvent, une action de ce genre pénalise ton équipe, mais ça ne la tue pas. Là, ça a tué le match. De la même façon que d’autres gardiens sont montés en fin de match dans la surface adverse, et que pour nous… Non seulement l’arbitre n’arrête pas le match après la dernière chance que l’on nous donne, mais en plus on prend le but derrière, ce qui est encore plus improbable ».

 

GoldFM

Retranscription Girondins4Ever

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