Stéphane Martin : « La forme juridique des clubs français ne se prête pas à avoir des socios »

Nicolas de Tavernost et Stéphane Martin

Nicolas de Tavernost et Stéphane Martin

 

Stéphane Martin avait sous-entendu qu’il pourrait proposer à l’actionnaire des Girondins de Bordeaux, un projet de Socios au niveau des supporters. Le Président du FCGB a tout dit sur le sujet auprès de France 3 Aquitaine.

 

« Historiquement, c’était tous les clubs espagnols et c’était grosso-modo des statuts qui correspondaient aussi au football professionnel en France, la loi 1901. Il n’y avait pas de capital, c’était des associations. Et effectivement, les associations appartenaient aux abonnés du club. Il y aussi la notion d’abonnement parce que ça ne marche pas que dans un sens (sourire). C’est aussi des gens qui prouvaient une fidélité à leur club en étant abonné et souvent de grand-père au petit-fils, ils se repassaient la carte d’abonnement. Il y a une vingtaine d’années, il y a eu une faillite quasi globale du foot espagnol, tous les clubs étaient en faillite à 4 exceptions près. Le gouvernement a dit ‘on arrête, on change le statut des clubs et on passe en statut d’équivalent au SASP qu’on a en France, de sociétés classiques avec du capital pour éviter ces situations de faillite’. Les 4 clubs qui n’étaient pas en faillite ont dit ‘très bien, mais nous, on est sanctionné avec les autres et il n’y a pas de raison donc on veut garder ce statut’. C’est le cas pour 4 clubs aujourd’hui en Espagne. Tous les autres n’ont pas de socios. Aujourd’hui de toute façon, la forme juridique des clubs français ne se prête pas à avoir des socios comme on peut l’avoir en Espagne. Ensuite, que des supporters aient plus envie de s’engager dans la vie du club, d’imaginer une sorte de super abonnement où il y a quelque chose en plus, un engagement supplémentaire qui donne droit à assister à des assemblées, de participer de manière un peu plus active à la vie du club, comme pourrait le faire un actionnaire minoritaire dans une entreprise traditionnelle, pourquoi pas. Je crois que le projet était un peu d’actualité il y a deux, trois ans, notamment les pouvoirs publics qui étaient assez intéressés. Je pense que ça, ça peut être une bonne idée, de dire que le capital du club est partiellement ouvert à des socios, pourquoi pas. Mais aujourd’hui il faut aussi comprendre que compte tenu de la forme juridique et compte tenu – c’est vrai pour les Girondins mais aussi pour tous les clubs – du fait qu’il y a des actionnaires qui mettent du capital et puis surtout qui garantissent les dettes – il y a des dettes dans la plupart des clubs français – on ne peut évidemment pas demander à un actionnaire d’abandonner le pouvoir à des gens qui n’auraient pas le même type de risques ou d’engagement vis à vis du club. Encore une fois, les clubs qui restent socios en Espagne, c’est le Real, Barcelone, la Real Sociedad et le 4ème m’échappe, je crois que c’est le Bétis Séville, c’est aussi parce qu’il n’y a pas de structures, il n’y a pas de sociétés anonymes. Ça n’empêche pas que les différents présidents puissent avoir des garanties personnelles comme Florentino Perez au Real qui apporte des garanties personnelles. C’est quand même une structure juridique bien différente. Maintenant, le fait que les supporters participent plus à la vie du club, je pense que c’est très bien, qu’ils puissent donner leur avis… On a quand même ici quelques initiatives qui vont dans ce sens-là. Ça reste modeste mais imaginez qu’on puisse faire une sorte d’assemblée générale comme on peut le faire dans les sociétés où tous les actionnaires sont invités et faire la même chose avec les abonnés, ça peut être une idée effectivement, des questions/réponses, d’expliquer la vie économique du club aux gens qui sont plus engagés. Pourquoi pas pour les abonnés mais il faut que ça joue aussi dans les deux sens. Il faut une preuve d’engagement qui va au-delà d’aller voir un match de temps en temps ».

 

Retranscription Girondins4Ever

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