Cédric Anselin : « En centre de formation, on les presse pour avoir du jus et une fois qu’il n’y en a plus, on les jette »

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Dans une longue interview accordée à 20 minutes, Cédric Anselin est revenu sur sa dépression, maladie qui l’a rongé ces dernières années. Si aujourd’hui il va beaucoup mieux, il fait profiter son expérience à tout le monde puisqu’il parle de dépression dans les écoles, les collèges, les centres de formation de clubs professionnels. « Je leur raconte mon histoire. Je les avertis surtout que, si on n’arrive pas à être footballeur, il faudra penser à quelque chose d’autre. Le problème qui se pose dans les centres de formation, c’est qu’on dit aux jeunes qu’ils vont être footballeurs pro, et pas l’inverse, alors que la grande majorité ne le devient pas. Il faut être honnête avec eux. On les programme à être des machines à gagner. On ne les éduque pas à l’échec, que ce soit scolairement, professionnellement ou humainement. Les joueurs c’est comme des oranges, on les presse pour avoir du jus et une fois qu’il n’y en a plus, on les jette. Ils ne sont pas prêts mentalement à ça. Et si on n’en parle pas, ça va être de pire en pire ».

 

Aujourd’hui, l’ancien joueur des Girondins de Bordeaux souhaite continuer de partager cette expérience pour sauver des vies. « Pourquoi, moi, je n’en parlais pas ? Parce que je pensais être le seul, que ça ne venait que de moi. Il faut accepter de voir la dépression comme une maladie. Sauf que c’est une maladie que personne ne peut voir. Quand on dit qu’on est en dépression, les gens ont peur, ils pensent qu’on est fou. Du coup, tu as honte d’en parler. Mais plus on en parle, plus les gens vont savoir comment réagir. Et ce qui est arrivé à moi peut arriver à d’autres. Gary Speed, ancien joueur et sélectionneur du pays de Galles, s’est suicidé, Aaron Lennon (Everton) a été hospitalisé pour dépression. Quand, du jour au lendemain, tu n’es plus à la une des journaux, que tu as moins de sollicitations, tu peux vriller mentalement. Quand tu n’es plus joueur pro, tu deviens une personne normale, où tu dois tout faire toi-même, tu n’es pas préparé à cela. Les clubs, les fédérations doivent aussi veiller sur l’après-carrière des joueurs ».

 

Nous vous conseillons vivement de lire l’interview dans son intégralité ICI

 

Cédric Anselin

Photo NSFT

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