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Granjou : « Il n’a pas pris une seule fois une part de responsabilité »

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Denis Granjou est revenu longtemps sur le licenciement de Willy Sagnol. « J’ai commencé, quand je suis arrivé pour RTL, avec Ricardo en tant que coach. C’est aussi pour ça que j’aime le football, pour des moments comme ça. Des moments où c’est de la crise, parce que de ces moments peut naitre une nouvelle réalité. Là, on sentait que depuis longtemps que ça n’allait pas. Ils ne sont pas catastrophiques par hasard, je pense que c’est tout un environnement qui fait que. Et, je pense, Willy Sagnol cristallisait ce mal être, avec ses adjoints aussi. Les dirigeants pensaient peut-être que c’était l’image du club qui était altérée. Quand tu en parles ailleurs, l’image des Girondins de Bordeaux pendant longtemps c’était la défense et beaucoup de rigueur, et c’est quoi aujourd’hui Bordeaux ?! Je ne veux pas non plus taper sur Willy Sagnol parce qu’il n’est plus là, mais c’est quand même catastrophique. On a une équipe en plein naufrage. Je ne veux pas faire celui qui avait raison avant, mais je vous rappelle mes grands cris d’alarme, comme quoi on allait dans le mur. Finalement, tu n’as jamais su quels joueurs jouaient, tu n’as jamais eu un sourire, rien du tout… Il a oublié qu’il était dans un club et que l’entraineur se met au service du club ».

 

Il voit même un lien entre cette instabilité et les blessures, au niveau psychologique des joueurs. « Toutes ces blessures, on ne va pas faire de la psychologie de bazar, mais pourquoi un joueur se blesse ? Oui, il y a le coup de la fatalité, mais il y a aussi peut-être le coup de l’environnement qui fait que le joueur est moins solide et moins sûr de lui, et il va se blesser. Je ne suis pas du tout médecin, je regarde et je m’aperçois que le psychologique et le physique sont souvent liés. Ensuite, dans tous les clubs tu as toujours des embrouilles, c’est vrai, mais là on a atteint le paroxysme. On a des joueurs qui pètent des câbles sur les bancs de touche, qui se battent dans les vestiaires, qui sont totalement livrés à eux-mêmes. Ça, c’est quoi ? ».

 

Denis Granjou

 

Pour lui, le meilleur exemple a été la gestion  de l’après Carrasso. « Pour moi, c’est l’illustration de l’erreur de Willy Sagnol. Tu sors de crise avec Jérôme Prior, c’est assez difficile, et tu prends un gardien en le mettant dans ce contexte-là, avec une équipe qui doute et un peu livrée à elle-même, il se fait démâter à Lyon. Est-ce que tu mets un joueur sur orbite dans ces conditions-là ? Je ne suis pas sûr que la gestion humaine ait été prise en compte. Je trouve que la gestion n’est pas forcément idéale ».

 

Il note enfin que le désormais ex-entraineur bordelais n’a jamais reconnu avec tort sur quoi que ce soit. « Et, même si c’est triste cette fin, il n’a pas pris une seule fois une part de responsabilité dans les échecs consécutifs de l‘équipe. Quand tu te trompes, tu peux t’associer aussi à ces moments difficiles. Quand tu te trompes ou que tu fais un truc que personne ne comprend, ce qui a été quand même le cas plusieurs fois sur les feuilles de matches, tu dis ‘je crois que je me suis trompé’, ce n’est pas mal aussi ! Tout le monde se plante, c’est la vie ça ! Tu ne peux pas avoir la science infuse, ça n’existe pas la science infuse ! », n’oubliant pas certains coups d’éclats dans la presse « sa petite carrière ici a été ponctuée de petites déclarations à l’emporte-pièce ».

 

Il conclut pas une note positive pour lui celle de l’arrivée d’entraineurs du cru. « On est dans les gardiens du temple, dans les grognards, des gens que l’on a vu à l’œuvre en tant que joueurs, qui sont accrochés viscéralement à ce club, c’est ça qu’il faut, et je crois que les gens ».

 

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