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Triaud : « Devant le fait accompli, je me suis retrouvé Président »

Jean Louis TRIAUD

 

Jean-Louis Triaud est avant tout un viticulteur. Mais son autre passion est bien évidemment les Girondins de Bordeaux. « La viticulture c’est mon métier. Le football c’est quelque chose que je fais avec beaucoup de sérieux. Passion pour la viticulture oui, mais pour le football aussi parce que sans passion, ce n’est pas possible […] Maintenant que mes enfants ont repris, je suis l’emmerdeur de service, celui qui vient apporter son grain de sel au quotidien […] J’ai affaire à deux activités qui sont éminemment médiatisées. Ce n’est pas important pour moi d’être dans la lumière, je n’ai pas besoin de la lumière du football, peut-être à l’inverse de certains autres ».

 

Président depuis quasiment 20 ans (1996), il raconte comment il en est arrivé à cette fonction. « C’est le plus grand des hasards qui m’a amené à la Présidence. J’ai joué au rugby dans ma jeunesse au Stade Bordelais. Quand les Girondins ont connu cette période difficile de l’après Monsieur Bez, j’avais besoin de ressources. Il fallait trouver les moyens et il y a un vieux fantasme qui était d’associer viticulture et Girondins de Bordeaux. Donc on m’avait demandé de trouver parmi mes amis, des volontaires pour être partenaires régionaux, c’est ce que j’ai fait. J’ai intégré le conseil d’administration et quand Alain Afflelou a quitté le club, sans trop me demander mon avis, il a annoncé que j’avais pris sa succession. Devant le fait accompli, je me suis retrouvé Président« .

 

Et en vingt ans, il y a eu bien sûr des joies, mais aussi des peines. « Que des joies, ce serait beaucoup dire, il suffit de regarder notre parcours en dents de scie. Mais beaucoup de satisfaction et de plaisir oui, parce qu’être Président dans un club de sport, c’est une façon de rester compétiteur, de rester investi alors qu’on est à un âge où la pratique est devenue interdite. Je participe à une compétition par procuration, avec beaucoup de plaisir, beaucoup d’enthousiasme, des frustrations comme nos supporters peuvent parfois en vivre, mais toujours avec la même envie. C’est un challenge, un combat, une lutte. Je crois que le jour où l’homme arrête de lutter, il n’existe plus. C’est une façon d’exister par le sport. Ça me prend du temps, oui. Mais ça se limite à mon épouse qui trouve parfois que je suis souvent absent ».

 

Et Jean-Louis Triaud a conscience de l’importance de son poste, lui qui gère des centaines d’employés. « La responsabilité, elle est forte, mais on est entouré d’équipes extrêmement compétentes. Et puis, la vie du club est plutôt dans les mains de l’équipe. Si l’équipe tourne bien, tout le club fonctionne. C’est quand l’équipe tourne moins bien que là, il faut travailler. Mais c’est une activité agréable pour tous les gens qui travaillent dans ce club ».

 

France 3

Retranscription Girondins4ever