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Faubert ne veut pas s’arrêter là

 

 

Le retour de Julien Faubert à Bordeaux laissait songeur cet hiver. Pourtant, son bilan lors de cette demi-saison est plutôt positif, grâce notamment à un excellent état d’esprit, et l’amène donc à disputer une nouvelle finale de coupe nationale. Il s’est confié au quotidien L’Equipe sur l’ensemble de sa carrière, qui a eu des conséquences positives sur sa vie personnelle et familiale. Il évoque également son choix de religion.

 

 

« Vous êtes parti de Bordeaux en 2007 sur un succès en Coupe de la Ligue contre Lyon (1-0) et vous allez disputer une finale de Coupe de France pour votre retour …

Ça me fait plaisir de revenir à ce niveau-là, car j’ai pu participer à seize matchs, plus la Ligue Europa (3 matchs). C’est appréciable.

 

Arrivé à Bordeaux à vingt et un ans, vous aviez dû gagner votre place. C’est encore le cas, huit années plus tard. N’est ce pas difficile à accepter ?

Mais je ne l’ai pas accepté ! Je suis venu pour bousculer la hiérarchie, même si je savais que j’arrivais comme le remplaçant de Mariano. Je ne me suis pas dit que j’allais faire six mois tranquille sur le banc.

 

Vous avez honoré une sélection en Equipe de France (en Bosnie-Herzégovine, 2-1, le 16 Août 2006, 1 but), êtes passé par West Ham et le Real Madrid. On a l’impression que vous n’êtes pas parvenu à confirmer toutes ces promesses …

Je n’ai aucun regret. J’assume mes choix et referais les mêmes si c’était à refaire. Qui peut dire qu’il a joué, même peu (2 matchs), au Real Madrid ? Je viens d’un milieu modeste, avec une mère qui se levait à 4 heures du matin pour aller travailler. Moi, je pratique ma passion le matin et j’ai mon après-midi de libre.

 

Vous avez été formé à Cannes, on oublie que vous venez de Caucriauville, un quartier défavorisé du Havre …

C’est pour çà qu’on ne peut pas se plaindre. J’ai fait des sacrifices, mais beaucoup moins que la plupart des gens. Quand je regarde d’où je viens et où je suis arrivé, je peux être fier.

 

Dès petit, c’est le foot qui vous a tiré vers le haut ?

Oui, je jouais tout le temps, dans la cour de l’école, la rue, avec les frères de Mamad (Mamadou Niang) et Souley (Souleymane Diawara). C’était çà ou mal tourner.

 

Vous avez toujours gardé la passion du jeu ?

Je regarde tous les matchs à la télé, même la L2. J’ai un fils de sept ans pire que moi. Vous lui dîtes numéro 22 d’Evian, il va vous sortir son nom ! Et mon petit de deux ans et demi shoote déjà dans le ballon.

 

Votre enfance a aussi été marquée par la découverte de l’islam …

Presque tous mes amis étaient musulmans. J’ai énormément lu et je me suis orienté vers cette religion car elle me correspondait.

 

Comment vivez-vous ce mélange des cultures ?

C’est très enrichissant ! Ma femme est algérienne. Mon fils aîné parle français, anglais et comprend l’arabe. Mon petit a trois passeports : anglais, algérien et français. En Angleterre, on est très tolérant sur tous les sujets, notamment la religion, et c’est ce que j’apprécie. L’Algérie de mes beaux-parents est aussi un pays magnifique. Je suis très ouvert. J’adore l’ambiance du vestiaire, ce qui me manquera le plus , c’est la vie du vestiaire.

 

Et la vie à Bordeaux ?

J’ai vécu de très belles saisons, j’ai appris le football de très haut niveau, avec la Ligue des Champions. J’y ai aussi connu ma femme, et mon premier fils est né ici. C’est agréable d’y jouer, mais il ne faut pas se laisser vivre.

 

Souhaitez-vous continuer ici ?

Oui, ce n’est un secret pour personne. Mais çà ne dépend pas que de moi. Ça a toujours été un choix de revenir à Bordeaux et çà s’est fait sans que ce soit prévu. On verra après la finale (demain) »