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Fautrel prépare aussi la finale

 

 

Girondins et savoyards ne sont pas les seuls à se préparer pour la finale au Stade de France vendredi soir. Désigné pour diriger cette rencontre, l’arbitre Fredy Fautrel s’est confié au site de la Fédération Française de Football au sujet de la préparation de ce match.

 

 

« Comment avez-vous accueilli votre nomination ?

 

Avec beaucoup de joie et aussi avec surprise. J’étais prévu pour la demi-finale entre Troyes et Bordeaux. L’annulation du premier match (ndlr : en raison des intempéries) m’a empêché d’officier. Pour un amoureux du football, il n’y a pas mieux qu’une finale de Coupe de France. Je ne vis pas cette nomination comme une apothéose. Cela aurait un côté fin de carrière alors qu’il me reste quatre ans à arbitrer. Mais émotionnellement, c’est plus fort que ma finale de la Coupe de la Ligue (Bordeaux-Vannes) qui ne concerne que les pros alors que la Coupe de France rassemble tout le football tricolore. Elle est en plus chargée d’histoire.

 

Qu’évoque-t-elle pour vous ?

 

Des exploits comme ceux de Quevilly et Calais, les confrontations entre petits et gros. En Coupe de France, il m’arrive d’arbitrer ce genre de rencontres qui ont un parfum particulier. Je me souviens aussi d’avoir assisté en tant que spectateur à deux finales. En 2007 (Marseille-Sochaux) et en 2011 (Lille-Paris SG) pour voir mes assistants habituels qui étaient à la touche. Mon plus beau souvenir remonte à 1988. En lever de rideau de la finale entre Metz et Sochaux au Parc des Princes, j’avais arbitré la finale des poussins. Claude Bouillet, l’arbitre du match, était venu discuter avec moi. À 17 ans, ça marque.

 

Comment préparez-vous le match ?

 

J’ai visionné pas mal de matches de Bordeaux et d’Évian-Thonon-Gaillard pour étudier le jeu de chaque joueur et la tactique des deux équipes. Physiquement, même s’il s’agit de la fin de saison, je me sens frais car une blessure m’a contraint récemment à couper un mois. Cette finale est un moment unique dans une vie. Il faut être au top.

 

Est-ce spécial d’évoluer au Stade de France ?

 

Bien sûr. Pour moi, ce stade symbolise la Coupe du Monde 98. C’est mythique. J’ai eu la chance d’y arbitrer une fois. Connaître un tel stade est important car cela permet d’évacuer le côté émotionnel. Cela l’est d’autant plus qu’une finale demeure un moment particulier.

 

Cette finale sera la première avec un arbitrage à cinq. Que pensez-vous de ce système ?

 

Je l’expérimente depuis trois ans en Europe, comme central ou arbitre additionnel (ndlr : derrière les buts). C’est un vrai plus, même s’il est souvent décrié. Les arbitres additionnels n’ont pas le droit de communiquer par gestes. Mais à travers l’oreillette, ils donnent plein d’infos. Ils déchargent aussi les assistants des fautes commises dans leur zone. Ces derniers peuvent ainsi se concentrer sur les hors-jeu. En tout cas, j’espère qu’on ne parlera pas de nous. Cela signifiera qu’on a fait un bon match. »