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Point-presse de Gillot

Nouveau point-presse d’avant match avec la traditionnelle interview de l’entraîneur bordelais. Francis Gillot revient sur la préparation de ce déplacement à Dijon, qui intervient après une trêve internationale. Il a également été interrogé sur divers sujets d’actualités des Girondins de Bordeaux : le buzz autour de Christophe Dugarry, celui autour d’un retour de Marouane Chamakh, mais aussi le départ de Grzegorz Krychowiak et la réussite de Yoan Gouffran depuis quelques matchs.

 

 

 

 

Bonjour Francis, si vous aviez dû choisir un sport autre que le foot, lequel serait-il ? (En référence au calendrier 2012 des Girondins, présenté aux journalistes avant la conférence de presse, ndlr).

J’aime bien le tennis, et le golf aussi.

 

Avez-vous jeté un œil au calendrier ? Quel mois préférez-vous ?

Je ne sais pas, j’ai regardé comme ça. Ils sont tous bien. On a une équipe de mannequins, c’est bien (sourire, ndlr).

 

Vous restiez sur bonne dynamique avant cette trêve, le risque est qu’elle se casse…

Non, je ne pense pas qu’il faille prendre le problème de cette façon. Quand on a une trêve, il vaut mieux terminer sur une bonne note. Si nous avions perdu contre Paris, nous aurions été contents d’enchaîner tout de suite sur un autre match. Il faut faire avec cette trêve. Nous en avons profité pour bien travailler. C’est vrai que nous ne pouvons pas continuer à travailler les automatismes de cette bonne dynamique. Cela est embêtant, mais c’est le lot de toutes les équipes, ce n’est donc pas grave.

 

Vous devez tout de même avoir un peu de frustration de ne pas pouvoir enchaîner après un bon match comme celui réalisé face à Paris…

Oui, mais nous ne pouvons rien y faire. Le calendrier est fait en avance, c’est comme ça. Il faut s’adapter.

 

Nous avons l’impression que l’équipe est enfin sur une bonne dynamique…

Non, la période est trop courte. Nous restons sur une victoire à Ajaccio et un match nul contre Paris. Il ne faut pas non plus s’enflammer. Nous restons sur 2 bons matches, mais il faut attendre un petit peu pour pouvoir tirer des conclusions. Aujourd’hui, le constat est qu’il reste 6 matches avant la trêve et que nous avons encore beaucoup de points à prendre pour être en milieu de tableau à cette période-là. Nous ne pouvons que nous reposer sur 2 bons matches et j’aimerais pouvoir le faire sur plus de rencontres. Nous verrons si cela va continuer lors des 15 prochains jours.

 

Nous avons tout de même vu un groupe plus solidaire, qui se parle, des choses sur le terrain que nous n’avions pas vu depuis le début de saison.

Nous avons vu la même chose contre Lille et Montpellier. Je n’ai pas non plus vu un mauvais match contre Saint-Etienne lors de la 1ère journée. On ne peut pas dire que c’est le jour et la nuit par rapport au début de saison. Les contenus ont toujours été intéressants. Il est vrai que nous avons été solides contre Ajaccio et nous n’avons pas pris de but. Contre Paris, c’était pareil, mis à part la petite bêtise qui amène leur but. Il y a eu une erreur de marquage. Tout ce que nous pouvons dire aujourd’hui est que nous maitrisons un petit peu mieux, sur les 2 derniers matches. Il ne faut pas trop vite tirer de conclusions.

 

Cette semaine, la presse a pas mal parlé des coups de fil de Jean-Louis Triaud à Marouane Chamakh. Avez-vous aussi essayé de le joindre ?

Non, c’est de l’histoire ancienne. Cela date d’un mois, je ne sais pas pourquoi cela ressort aujourd’hui. Il n’a pas répondu, nous avons donc laissé tomber.

 

Que pensez-vous de l’équipe Dijon ?

Ils ont battu Paris et nous ne l’avons pas fait. Je suis en train de regarder leur match face à Marseille. Ils ont réalisé une 1ère mi-temps très difficile en prenant 2 buts assez vite, puis ils sont revenus et ont bien réagi. C’est une équipe qu’il faut prendre en considération, capable du pire comme du meilleur. Je ne sais pas ce qu’il va se passer contre nous. Il faut que nous soyons à 100% de ce que nous savons faire afin d’éviter une désillusion. Nous allons là-bas pour évidemment au moins prendre 1 point ou mieux. Comme à Ajaccio, il s’agit d’un match un peu charnière. C’est le type de match où il nous faut des points.

 

Cela vous permettrait d’écarter un concurrent…

Non, ce n’est pas ça. J’aimerais avoir au moins 10 points supplémentaires à la trêve. Avec au moins 23 points, cela nous permettrait de nous situer dans des eaux un peu plus calmes. 10 points en 6 matches passent par 3 victoires à domicile et entre 1 et 3 points, au minimum, à l’extérieur. Il faut absolument que nous fassions le plein à domicile, et que nous soyons capables de prendre des points à l’extérieur. Sur le papier, le déplacement à Dijon est le plus facile, par rapport aux prochains à Marseille et Rennes. Evidemment, nous y allons pour gagner. Si nous ne prenons qu’un point, nous le prendrons avec plaisir. Nous y allons tout de même pour l’emporter, c’est une certitude.

 

Une équipe s’est-elle dégagée dans votre tête depuis 2 matches ?

Je ne peux pas dégager une équipe sur 2 matches. Si l’équipe que j’aligne jusqu’à la trêve a des résultats, alors évidemment je pourrai répondre que oui. Si, sur 7-8 matches, nous sommes capables de gagner des rencontres et de ne pas perdre, alors je pourrai dégager une équipe. Aujourd’hui ce n’est pas le cas. 2 matches ne sont pas suffisants. C’est l’équipe du moment, mais je dois faire avec 24 joueurs. Il y a des joueurs qui tapent de nouveau à la porte. Ils étaient en-dessous mais ils reviennent. Il faut en tenir compte.

 

Vous ne vous êtes pas entraînés aujourd’hui (la conférence de presse a eu lieu hier, ndlr), comme lors de la dernière conférence de presse. Allez-vous revenir ? Cela nous manque un petit peu.

Cela dépend de vous, si vous êtes sympa (sourire, ndlr)… Non, c’est parce que nous avons beaucoup travaillé et quand c’est comme ça, nous récupérons le jeudi. Nous faisons donc un footing, car paradoxalement cela défatigue. On l’effectue dans la forêt plutôt qu’autour du terrain. On aimerait passer devant vous (sourire, ndlr), mais c’est monotone. Nous avons un petit parcours dans la forêt.

 

Comme nous n’avons pas d’image, pouvez-vous nous faire un petit peu de radio ? Comme cela s’est-il passé ? Qui a bien couru ?

Si je mets René Lobello devant et qu’il ne faut pas le dépasser, cela prouve vraiment que c’est tranquille (sourire, ndlr). Nous faisons ensuite une bonne séance d’étirements en salle. En été nous nous mettons devant vous, mais là il faisait froid donc nous sommes allés en salle pour qu’ils ne prennent pas froid. On a rien contre vous, ne vous inquiétez pas.

 

Un mot sur la polémique de la semaine dernière avec Christophe Dugarry. Il disait qu’il manquait un directeur sportif. Qu’en pensez-vous ?

Je n’en pense rien. Je suis entraîneur et j’entraîne. Cela m’est complètement égal.

 

A Lens, cela n’avait pas été évident pour vous de travailler avec un directeur sportif…

Je m’adapte. Peu importe. De toute façon, je ne décide pas. Il faut poser la question au président.

 

Est-ce que le fait que les anciens joueurs donnent leur avis est une bonne chose pour le club ?

Bien sûr, nous pouvons toujours écouter. Avec le Président, nous sommes au sein du club au quotidien. Nous savons comment cela se passe. Parfois, on n’a pas les mêmes visions de l’extérieur.

 

Pouvez-vous nous donner une explication sur le départ de Krychowiak en prêt à Nantes ?

Cela fait un moment qu’on en parle. J’en ai longuement parlé avec lui. Il a un souci avec sa sélection, il faut qu’il joue. Je ne peux pas lui donner du temps de jeu comme il l’espère. C’est donc mieux pour lui qu’il joue. C’est un garçon qui a besoin de jouer. Il est très dynamique et a besoin de se dépenser. S’il veut progresser techniquement, il a besoin de temps de jeu. Ce n’est pas en CFA qu’il va progresser. Il valait mieux pour lui qu’il parte. Je pense que c’est une bonne décision en sa faveur.

 

Vous a-t-il consulté sur le choix du club ?

Nantes m’a appelé. Il y avait Reims au mois de juin. Il a voulu tenter l’expérience de jouer ici. Il a trop peu de temps de jeu pour pouvoir être tout le temps appelé avec sa sélection. Etant donné qu’il y a l’Euro 2012 à la fin de la saison, je pense qu’il a fait le bon choix.

 

Que lui manquait-il ?

Il manque un peu de technique au milieu. C’est pour ça qu’il occupe le poste de défenseur en sélection. Je commençais à le mettre derrière, mais nous y avons du monde. Je ne le voyais pas au milieu chez nous. Apparemment, son sélectionneur voit la même chose que moi. Je ne sais pas s’il va jouer au milieu ou derrière avec Nantes.

 

Francis, par rapport à votre statut de formateur et d’éducateur, vous avez toujours des jeunes dans votre groupe, que ce soit à Sochaux ou ici. Il est dit que les jeunes dans le sport de haut niveau, et particulièrement dans le football, sont le reflet ce ceux qu’ils sont dans la société. Il y a une évolution de leur caractère. Est-ce un sentiment que vous partagez ? La mentalité a-t-elle évolué ? Devient-il difficile de les encadrer ?

Oui, c’est de plus en plus dur. Il y a un décalage entre les anciens et les plus jeunes. Je l’ai constaté lors des 2 dernières années à Sochaux, avec beaucoup de très jeunes joueurs. Nous avions aussi des anciens comme Jérémie Bréchet ou Teddy Richert. On sentait que c’était parfois à la limite dans le vestiaire. Il a fallu du temps pour que les jeunes et les moins jeunes soient bien en osmose. A Sochaux, les jeunes étaient vraiment bien, très polis et très travailleurs. Parfois, on est confronté à des jeunes qui n’ont pas le souci du travail bien fait et cela peut bloquer. J’ai constaté ça depuis quelques temps.

 

La solution est-elle de leur inculquer cette rigueur ?

Oui, il faut parfois leur donner l’éducation qu’ils n’ont pas eue. Ce n’est pas évident car ils n’ont pas forcément les bons réflexes à la base. Il faut leur expliquer que pour réussir il faut bien travailler. Il y en a qui ne comprennent pas.

 

Ce n’est pas votre rôle…

Non, mais au bout d’un moment, cela le devient. On sent qu’il y en a qui pensent que cela va arriver comme ça. Le problème est que nous sommes dans une société où l’on a tout, tout de suite. Au niveau des principes de jeu, il faut travailler. Cela ne rentre pas comme ça.

 

Quand vous dites que c’était à la limite dans les vestiaires de Sochaux, cela veut-il dire qu’il y a eu des affrontements ?

Non, pas d’affrontement. On sentait que ce n’était pas un vestiaire où tout le monde s’entendait bien. Les jeunes doivent faire l’effort de venir. Je me souviens qu’il y a quelques années, quand on allait dans le vestiaire des pros, on frappait à la porte. Quand on devait prendre un bain dans les installations, on frappait et on demandait l’autorisation. Aujourd’hui, tout leur est dû. Je ne dis pas qu’il faut revenir à ça, mais il faut un minimum de respect entre ceux qui arrivent et les anciens qui ont prouvé depuis quelques années. De nos jours, quand on fait 3 bons matches, on devient une vedette. A l’époque, il en fallait 150 pour être connu et reconnu. Cela peut s’expliquer par les médias qui placent les jeunes très hauts, alors qu’il leur faut peut-être encore quelques temps pour vraiment prouver leur valeur.

 

Êtes-vous confronté à ce problème ici ?

Ici, non ça va. A Sochaux, cela s’explique du fait que nous avions de très très jeunes. Ici c’est moins le cas. Quand ils arrivent, ils ont parfois des manières de faire surprenantes, comme avec la musique dans les vestiaires. Nous ne sommes pas habitués.

 

Il y a peut-être aussi une différence dans la façon se de divertir. Il y a le clan de la belote d’un côté, et celui de la PS3 de l’autre…

La belote n’existe plus (sourire, ndlr). C’est comme le tarot. Maintenant c’es le poker au casino, et puis c’est tout. Franchement, ce n’est plus d’actualité tout ça. Tout se perd (sourire, ndlr).

 

Un petit mot sur Yoan Gouffran qui a retrouvé son efficacité depuis 3 matches. L’avais-tu vu venir du fait de son investissement et de sa progression, ou est-il simplement plus en réussite ?

Les 2. On sent qu’il est plus mature et plus réfléchi dans ce qu’il fait, les derniers gestes. Il fait le bon geste au bon moment. Automatiquement, on marque des buts quand on fait ça. A l’entraînement, il est en pleine bourre, il court partout. Le problème est qu’on est à la limite de la blessure quand on est en forme comme ça. Il faut faire très attention. Le plus dur commence pour lui. Souvent, on a le contrecoup quand on est en forme comme ça. Il va falloir qu’il soit très vigilant.

 

Selon vous, a-t-il une marge de progression encore importante ?

On a toujours une marge de progression. Il a été blessé un moment l’année dernière. Il a mis du temps pour y arriver car il manquait de rythme. On va voir s’il est encore capable d’élever son niveau de jeu. En ce moment, il est intéressant. J’espère qu’il est capable de passer un palier supplémentaire. C’est sur la durée que nous allons juger les gens et les comportements.

 

Lui avez-vous dit ?

Non, mais je vais le faire (sourire, ndlr).

 

Il s’était blessé alors qu’il était en pleine bourre l’année dernière. Cela doit être difficile d’être au top, puis de redescendre très bas. Il faut faire encore plus d’efforts pour revenir…

Il faut surtout être très vigilant dans la préparation invisible. On a l’impression qu’on est sur un nuage et qu’on marche sur l’eau. On fait moins d’effort dans la récupération et on se blesse. Parfois cela ne dure pas longtemps quand on est au top, il faut donc en profiter.

 

Comment se porte Abdou Traoré suite à sa crise de paludisme ?

Il a recouru depuis 2 jours. Il est vraiment très affaibli et ne peut faire que ça pour l’instant. Il ne peut pas reprendre l’entraînement normal. On va encore attendre un moment car il est vraiment très faible.

 

Cela peut-il avoir un impact sur son éventuelle participation à la CAN ?

Oui, bien sûr. Cela va arriver vite, il va falloir qu’il se remette. Aujourd’hui, il est incapable de s’entraîner normalement. On verra dans les 3-4 jours s’il est capable de monter en intensité.

 

 

Source: Girondins.com