[Bilan de la saison 2019-2020] Episode 2 – Les joueurs et leurs performances (la défense)

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    Après l’épisode 1 du bilan de la saison 2019-2020 des Girondins de Bordeaux, sur les le sujet des propriétaires, voici l’épisode 2 avec pour contenu les joueurs et leurs performances (la défense). Article rédigé par Guillaume

     

    Le départ de Jules Koundé et 11 joueurs pour 4 ou 5 postes.

    Bordeaux commence son mercato d’été avec le départ de notre meilleur espoir Jules Koundé. La déception est vite oubliée avec l’arrivée d’Edson Mexer puis de l’international Laurent Koscielny. Bordeaux vient de vendre pour plus de 20 millions d’euros et d’acheter deux joueurs expérimentés pour 5 millions. On apprendra un peu plus tard que l’arrivée de ces deux joueurs et de l’international suisse Loris Benito vont plomber la masse salariale du club pour cette année et peut-être pour les futures. Deux arrières droits Enock Kwateng et le jeune italien Raoul Bellanova viennent également poser leurs valises sur les bords de la Garonne alors que Youssouf Sabaly est toujours au club. Bordeaux semble armé défensivement, l’effectif parait même un peu trop fourni pour une saison sans Coupe d’Europe (3 arrières droits pour un poste, 5 défenseurs centraux de métier (Pablo, Paul Baysse et Jovanovic en plus des deux cités au-dessus) et 3 arrières gauches avec la promotion du jeune Ismaël Sow).

    Très vite, on comprend que les jeunes comme Raoul Bellanova ou Ismaël Sow n’auront pas leur chance dans cet effectif pléthorique. Les salaires des “lofteurs” Maxime Poundjé et Paul Baysse (même si leurs comportements ont été exemplaires) pèsent dans les finances du club.

     

    La défense à 5, pas adaptée à cet effectif ?

    Paulo Sousa est persuadé que la tactique en 3-5-2, une fois assimilée, permettra à l’équipe d’avoir une identité de jeu et les résultats qui en découlent (notamment avec une forte possession de balle).
    Bordeaux a deux visages au cours des premiers mois de compétition, un conquérant à l’extérieur avec une capacité à contrer notamment par l’explosivité de ses ailiers, la qualité de relance de Laurent Koscielny et un autre à domicile où le 3-5-2 proposé semble sans imagination, sans créativité et où les longs ballons derrière notre défense à 3 sont un supplice semaine après semaine.

    Pablo est le symbole de l’inadaptation d’un joueur à une tactique. Sur la gauche de la défense à 3 et mal à l’aise sur son pied gauche, il accumule les erreurs coupables et semblent perdre confiance. Il retrouve son niveau à chaque fois que Bordeaux repasse en 4-4-2. Edson Mexer, par sa lenteur, ne trouve pas vraiment ses marques.

    Dans ce système, le rôle des pistons est fondamental, il demande une capacité à faire des allers-retours incessants entre sa tâche défensive et offensive. La vélocité, la capacité à provoquer balle aux pieds, la qualité de centre sont également des caractéristiques importantes du poste. Loris Benito, bien que techniquement intéressant, ne remplit quasiment aucune des cases ci-dessus. On remarque d’ailleurs que Bordeaux ne sait plus acheter ou former des arrières gauches performants alors que nous avons une grande tradition dans ce domaine (Bixente Lizarazu, Benoît Trémoulinas). Le jeune Ismaël Sow, qui peut jouer également à droite, est décrit comme un grand espoir avec un coffre et une percussion impressionnante. Malgré plusieurs apparitions dans le groupe, il n’a pas encore eu sa chance bien que la saison terne de l’international suisse et un profil qui ressemble à ce poste auraient pu lui permettre de montrer ses qualités. A suivre l’année prochaine…

    A droite, Raoul Bellanova, bien présent pourtant lors de la préparation et des matchs amicaux, n’aura eu le droit de porter la tunique girondine que lors du naufrage à Angers (1ère journée). Il suit les traces de ces nombreux joueurs qui n’auront jamais eu leur chance dans notre club (de Mauro Arambarri à Grzegorz Krychowiak en passant par Yassine Benrahou ou Paul Bernardoni). La belle surprise est venue de l’arrivée du nantais Enock Kwateng, infatigable sur côté droit, dur sur l’homme, solide sur ses jambes et dans sa tête, il est la bonne surprise de la défense girondine et on espère un des hommes de base pour la prochaine saison. On regrette sa mise à l’écart, difficilement compréhensible entre l’automne et le printemps même si elle peut s’expliquer par le souhait de repositionner des joueurs offensifs (sans grande réussite) à ces postes (Samuel Kalu à gauche ou François Kamano à droite par exemple)

    Le coach a beaucoup tâtonné sur son articulation défensive, sur le choix des hommes et au fur et à mesure de l’année et les fondations, au lieu d’être de plus en plus solide, ont semblé de moins en moins stable. On retrouve ce même phénomène dans les lignes au-dessus mais cela est encore plus flagrant et visible sur cette base défensive car l’idée de jeu de Paulo Sousa repose au départ sur une relance au pied et à terre des défenseurs centraux vers la seconde ligne du milieu. Plus la saison a avancé et plus ses principes ont disparu, de grands ballons ont commencé à voler par-dessus notre milieu de terrain. Le projet de jeu a changé, le 3-5-2 a été abandonné (trop tard ?), le doute s’est immiscé dans les têtes et Bordeaux a commencé à défendre en reculant. Avant le confinement, Paulo Sousa ne semblait plus avoir les clés pour inverser cette tendance.

    Dans cet effectif, on ne peut pas dire que Bordeaux n’a pas un mélange intéressant entre jeunes prometteurs et joueurs d’expériences mais quand il faudra réfléchir et façonner le nouveau cru bordelais 2020-2021 (indépendamment de la situation au sein du club), il faudra se poser la question du nombre (pour éviter la trop grande frustration sur le banc et au Haillan) de joueurs à chaque poste et comment mettre en valeur des talents qui ont semblé souvent le perdre en même temps que leurs repères.

    A venir l’Episode 3 – Les joueurs et leurs performances (le milieu de terrain)