Bilan Mercato : les arrivées

 

« Tout départ sera compensé », « mercato terminé », « nous avons un effectif suffisant »… Ces propos, vous les voyez chaque saison. Chaque saison vous croyez au Pauleta sorti de nulle part, au Denilson qui se relance, à un Savio en manque de temps de jeu, à la bonne affaire en milieu de mercato… Mais vous voyez passer devant vos yeux des joueurs pour d’autres clubs, par manque de réactivité/volonté – et de liquidités – de nos dirigeants… Ces derniers, chaque année, en prennent clairement pour leur grade. Mais comme ils n’aiment pas les réseaux sociaux, vous pouvez écrire tout ce que vous voulez, ils ne vous liront pas. Votre seul moyen de lutter ? Ne plus vous abonner. Mais cet acte devient on ne peut plus naturel devant le manque d’arrivées, et surtout d’ambitions de notre club qui régresse petit à petit. Il y a aussi le boycott des maillots mais là, même à près de 80€ l’unité, vous vous précipitez dessus, même s’il est garni de fleurs. Et au final, vous râlez, comme un bon français depuis le jour de son apparition sur terre. A l’exception près que vous avez surement raison, et que vous, fidèles lecteurs, vous restez des supporters parce que vous aimez votre club.

 

 

 

 

Un mercato low-cost : Jérémie Bréchet


Avec l’arrivée relativement rapide de Jérémy Bréchet, on pensait que les Girondins allaient, pour une fois, faire venir des joueurs rapidement afin de s’éviter les remous de fin de mercato. Bordeaux a pour objectif de doubler ses postes et l’arrivée d’un défenseur central, qui nous a fait défaut la saison dernière et même lors du Trophée des Champions, devenait une obligation. Oui, il aura fallu attendre une saison pour que le départ de Michaël Ciani soit compensé : incroyable mais vrai. Arrivant en fin de contrat à Troyes, descendu en Ligue 2, Jérémy Bréchet n’avait pas d’autres propositions que celles des Girondins de Bordeaux et plus précisément de Francis Gillot. Rien ne nous a choqué ou presque sur le coup, tant l’envie de voir de nouveaux visages au Haillan nous feraient faire ou dire n’importe quoi. D’ailleurs, lui-même le disait lors de son arrivée : « Bréchet, ce n’est pas très sexy ». Pas grave, on s’en contentait en pensant qu’il serait notre quatrième défenseur et que ses éventuelles titularisations seraient pour économiser nos titulaires.

 

Coût de l’opération : un salaire pour un an.

 

 

 

 

 

Un mercato de remplacement : Lucas Orban


Nous ne sommes pas encore exprimés réellement sur Lucas Orban : c’est le moment. Nous avons pu assister à plusieurs entrainements ainsi qu’aux matches de CFA auxquels il a participé. Et le moins que l’on puisse dire c’est que défensivement, il nous a impressionné. Très rapide sur le porteur de balle adverse, on a la première impression qu’il ne réfléchit pas et s’élance vers son adversaire direct pour intervenir. Mais les résultats sont là : c’est propre, très propre, précis. Avec également un bon jeu de tête, il possède aussi une bonne relance, et semble déjà se plaire en Gironde. Nous aurions pu être septiques à la vue des vidéos de lui postées sur le net : les mêmes impressions que ci-dessus, mais avec un peu plus de virulence dans ses interventions. Nous attendrons de voir ce que cela donne dans le championnat français, si on lui donne enfin sa chance ailleurs qu’en CFA… Offensivement en revanche, il serait très surprenant qu’il rivalise l’ex bordelais Tremoulinas. Il a bien tenté à quelques reprises lors des entrainements de proposer des solutions dans son couloir mais, peu servi, il a vite fait marche arrière. D’ailleurs, nous ne l’avons que très peu vu centrer, et encore moins monter.

 

Coût de l’opération : 2.5 millions d’euros.

 

 

 

 

 

Comment amortir 9 millions : Julien Faubert


On se souvient du choix pour l’argent de Julien Faubert à son départ de Bordeaux. Il avait rapporté la somme improbable de 9 millions d’euros, mais cela lui avait ensuite couté sa carrière. Et même s’il fit six mois de présence au Real Madrid, même s’il connut le championnat anglais et d’autres championnats plus exotiques, il était devenu pour les Girondins une priorité. A tel point qu’ils s’étaient donné rendez-vous avec Triaud à la rentrée, pour signer un nouveau contrat de travail. Il est l’incarnation même du recrutement de Bordeaux ces dernières années : des joueurs libres, cherchant la tranquillité, aimant Bordeaux aussi, avec un peu de hargne et d’envie également. Encore faudrait-il les faire jouer, ces joueurs, et ne pas rester cantonné dans un 11 type, qui n’arrive pas à faire ses preuves. Les « journalistes », d’ailleurs, s’emmerdant littéralement en début de mercato, s’étaient même donnés le mot sur le fait qu’il n’allait pas signer avec Bordeaux. Seulement, la promesse avait été faite et il ne restait plus qu’à se mettre d’accord sur la durée du contrat : une proposée par Bordeaux, deux souhaitée par Faubert. Le joueur a eu gain de cause.

 

Coût de l’opération : deux ans de salaire.

 

 

 

Les retours de prêt, à l’envoyeur


Parce qu’à Bordeaux, on aimait faire signer des contrats de longue durée pour ne pas faire jouer les joueurs les ayant signés, pour au final les prêter. C’est probablement une des plus grosses erreurs de l’après titre de Champion de France : ces prolongations accordées à des joueurs qui allaient forcément ressentir le poids des ans, ou la lassitude du calme plat du Haillan.

Ainsi, Vieira Jussiê revient des Emirats avec des matches ternes avec Al Wasl, sans réelle porte de sortie, sans club voulant de lui. Autant, il connut une bonne période avec Gouffran lors de la première partie de saison, autant son irrégularité ne nous amène rien de bon au moment où Bordeaux a besoin de certitudes. Après avoir été écarté par l’entraineur afin de trouver un club, Francis Gillot dut se résigner à le reprendre, fautes d’offres. Le « magicien », longtemps plébiscité pour sa technique, n’intéresse même plus les parents qui veulent organiser une fête d’anniversaire pour leurs enfants.

Après six mois en prêt à Ajaccio, Matthieu Chalmé revient avec très peu d’arguments pour postuler à une place de titulaire. Sa saison en Corse n’a pas ébloui les foules et son salaire, trop conséquent et pas du tout en adéquation avec le marché, feront qu’il restera pour sa dernière saison avec les Girondins, attendant sagement le début du mois et le virement sur son compte. Aimer un club, c’est aussi prendre conscience de ses difficultés. Aimer le football, c’est aussi vouloir y jouer. Et à la question « Qu’auriez-vous fait à sa place ? », nous répondrons que nous aurions suffisamment de fierté et de liquidités sur notre compte pour aller voir ailleurs, et jouer. Peut-être que la récente tempête de vingt minutes d’il y a un mois a entaché la prochaine récolte du Château La Connivence.

Vujadin Savic était bien présent, ponctuel à la reprise, après deux prêts consécutifs à Dresde. Assidu aux entrainements, rendant de bonnes copies avec la CFA, motivé, il ne figure pas dans les plans de Francis Gillot lui préférant un pré-retraité à sa jeunesse. Dommageable, surtout que lui, il nous a couté de l’argent, et représente plus l’avenir… Nous l’avons d’ailleurs contacté récemment à ce sujet et le serbe ne comprend pas sa situation et aura, jusqu’à la fin du mercato, essayé de trouver un point du chute : sans succès. Le problème, économiquement parlant, c’est qu’il va arriver en fin de contrat en 2015 et qu’il faudra probablement encore se coucher sur une éventuellement rentrée d’argent…

 

 

 

 

Au final, Bordeaux aura dépensé 2.5 millions d’euros pour l’arrivée d’Orban. Et… c’est tout ! On ne peut même dire qu’ils aient été clairement actifs sur le marché des transferts, malgré quelques petits renseignements ici et là, quelques émissaires envoyés ici et là. Bordeaux n’a, comme chaque saison depuis trop longtemps, fait que réagir au pillage des autres clubs. Et cet état d’esprit suffit à nous laisser penser que notre club est sur la pente descendante, n’ayant clairement pas envie d’aller chercher plus que ce que l’on a, en espérant un miracle chaque saison, et essayant d’atteindre les limites de son entraineur…

Francis Gillot, qui s’attendait à retrouver un grand club avec plus de moyens, se retrouve avec un Sochaux bis en matière de recrutement. Un club comptant sur ses joueurs formés au club (pour les revendre à maturité), comptant sur des joueurs libres pour – éventuellement – compenser un départ. Aujourd’hui, Bordeaux, c’est ça, et rien d’autre. On aurait pu croire que Francis Gillot, à l’image de Laurent Blanc, allait faire bouger ce beau monde. Mais ce malheureux nordiste a eu pour grand problème de réussir à se qualifier pour l’Europe, à remporter la Coupe de France, avec cet effectif si conspué et limités aux dires des supporters. Horreur, malheur, il aurait encore une fois fallu que l’on soit au pied du mur pour réagir et agir.

Au club, plus personne ne semble avoir les moyens de faire quelque chose, de les faire bouger. Ce qui revient à nous faire penser que nous avons les moyens de nos ambitions : le néant. D’ailleurs, depuis des années, notre Président nous rappelle que « Bordeaux n’a pas d’objectif cette saison ». Vous, qui êtes dans la vie active, dans le monde réel, votre supérieur ne vous donne-t-il pas d’objectifs ? Dans toute entreprise qui se respecte, tout le monde a des objectifs, c’est même le mot d’ordre et le leitmotiv pour avancer, qu’il soit rémunéré ou non. Nous, à Bordeaux, le discours est le même, en adéquation avec le calme plat du Haillan : « Nous n’avons pas d’objectif, nous ferons ce que nous pourrons ». Et bien, pour les supporters, ce sera pareil… Ah non, c’est vrai, nous, on aime notre club.

 

Si, à tout hasard, cette politique était – dans nos rêves les plus fous – actée afin de rentrer dans le nouveau stade avec une équipe plus viable, nous espérons réellement que cela ne fera pas comme le LOSC qui, après un recrutement impressionnant sur le papier, a connu une seconde chute après une première saison pas du tout à la hauteur du standing de leurs joueurs. Mais ça, nous n’y sommes pas encore…

 

 

 

 

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