« Nous engrangeons de l’expérience »

 

 

Bonjour. Peux-tu te présenter en quelques lignes ? Il paraît que tu es un supporter de Guingamp qui vit à Bordeaux?

Bonjour, j’ai 37 ans. Je vis à Bordeaux depuis quelques années pour des raisons professionnelles. Je suis originaire des Cotes d’Armor, plus précisément de Saint Brieuc, et je supporte l’EAG depuis mon enfance.

 

Cela nous fait plaisir de revoir Guingamp en Ligue 1 après quelques années « galères ». Comment le club s’est reconstruit pour revenir au plus haut niveau?

Nous avons en effet vécu plusieurs années de galère après les belles saisons que nous avions eues en L1 au début des années 2000, malgré l’embellie de notre victoire en Coupe de France en 2009. Nous avons touché le fond lors de notre descente en National à la fin de la saison 2009/2010. Avec le recul, cette descente fut un mal pour un bien, car le club est reparti sur de bonnes bases en faisant confiance à Jocelyn Gourvennec. Depuis, il a mis en place son projet de jeu, l’équipe adhère à son discours. Nous sommes remontés dès la saison 2010-2011. Et après deux saisons en L2, nous revoici en L1.

 

 

En 2003, alors que Guingamp réussit au plus haut niveau, le club doit se séparer de Florent Malouda et Didier Drogba. A la fin de la saison, Guingamp descend en Ligue 2, une situation mal gérée pour toi ? Comment expliques-tu ce moment difficile pour le club ?

La transition a été rude. Le club a opté pour des joueurs comme Cabanas (qui était international suisse à l’époque), Fuentes (un défenseur argentin qui devait être le digne successeur de Nestor Fabbri) ou Nicolas Goussé. Je pense que ces accumulations d’erreurs de casting ont fait que le club s’est un peu perdu. C’est peut être étrange pour vous comme remarque, mais Guingamp a toujours été le petit contre les gros. Pour moi, ces joueurs ne connaissaient pas les valeurs du club et n’ont pas su relever le défi. La descente a été difficile pour les supporters car elle s’est jouée à peu de choses sur les derniers matches de la saison, notamment la défaite à domicile contre Nice lors de la 37ème journée.

 

Votre entraîneur Jocelyn Gourvennec vient de recevoir une distinction (meilleur sportif de l’Ouest de l’année 2013). Il arrive en 2010 et fait remonter le club de National à la Ligue 2. Deux ans après il vous permet de retrouver l’élite en finissant second derrière l’AS Monaco, après neuf ans d’absence en première division. Peut-on parler de « patte Gourvennec » ?

C’est clair, pour moi, c’est à JG que nous devons cette remontée. Il faut tout de même préciser que le club (et notamment le président Desplat) lui a donné tous les moyens pour qu’il puisse réussir. En deux mots, c’est lui le patron du sportif. Il a su faire passer son message et donner un projet de jeu précis à l’équipe. On peut voir que lors de l’absence de joueurs clés (Yatabaré, Mathis…), l’équipe sait toujours répondre présent et obtenir des résultats.

 

Plus généralement quelles sont, depuis le début de saison, les forces et les faiblesses de ton équipe ?

La principale force de l’équipe est le jeu sur les cotés. L’EAG est l’équipe qui centre le plus en L1 et qui marque le plus sur des centres. Le jeu de passes est également un de nos points forts. Je pense aussi que notre défense centrale est particulièrement performante. Pour finir, nous (les supporters) avions quelques craintes sur notre « Yatabaré dépendance ». Finalement, nous nous apercevons que l’équipe est performante alors que notre principal buteur est absent. C’est aussi un bon point. Concernant nos faiblesses, je trouve qu’on les gomme au fil de la saison. Nous avons débuté difficilement contre Marseille au Roudourou (1-3) en faisant preuve de « naïveté ». JG aime dire que l’équipe se met au niveau de la L1. Je pense que sur ce premier match, c’est ce qui nous a manqué. Ça nous arrive encore parfois, contre Paris nous avons perdu 2-0 en encaissant les buts dans les arrêts de jeu (91ème et 93ème). Nous avons également vécu cette situation à Lyon, en encaissant les deux buts en une minute en début de match. Le manque d’expérience de certains joueurs nous a joué des tours sur certains matches. Mais plus la saison avance et plus nous engrangeons de l’expérience.

 

Est-ce que la position des Girondins te surprend-elle (Bordeaux est derrière Guingamp avant le match), et comment perçois-tu les Girondins de Bordeaux en tant que supporter d’une autre équipe ? En plus tu vis dans la région…

Comme tu dis, je vis à Bordeaux, donc je côtoie des supporters Girondins tous les jours. Ils sont bien moroses sur le niveau de jeu proposé par l’équipe en dehors de quelques fulgurance (Sochaux et Ajaccio). Pour ma part, je ne comprends toujours pas comment un club comme Bordeaux peut prêter son capitaine (Plasil) en fin de mercato sans avoir de solution de rechange. Je ne suis pas vraiment surpris par les performances de Bordeaux, il ne faut pas se mentir, la saison dernière n’était pas extraordinaire. Heureusement que la victoire en Coupe de France a sauvé la saison.

 

 

Quels sont les joueurs côté bordelais qui d’après toi peuvent faire la différence, et/ou qui t’impressionnent ?

Je ne suis pas vraiment impressionné par les joueurs bordelais. Je suis comme une bonne partie du public, je ne vais plus souvent au stade. Je suis quand même surpris par le nombre de buts de Diabaté. Je pense que vous avez de très bons éléments comme Obraniak, Saivet ou Carrasso. Je pense d’ailleurs que Cédric aura un accueil particulier au Roudourou, car il a fait une saison mémorable chez nous et le public guingampais aime saluer ses anciens joueurs.

 

Justement, plusieurs joueurs sont passés par les deux camps : Romain Ferrier, Anthony Bancarel, Phillipe Lucas, Nisa Saveljic, Jean Pierre Papin et même Cédric Carrasso… Te souviens-tu de ces joueurs ? Desquels tu gardes un bon souvenir et pourquoi ?

Comme je te le disais, Cédric a fait une bonne saison chez nous. En dehors de JPP, les joueurs que tu as cité ont laissé de bons souvenirs au club. Pour Jean-Pierrre, son aventure chez nous n’a pas été concluante et elle a d’ailleurs été très courte puisqu’il a arrêté en octobre ou novembre 98. Sa motivation ne devait pas être énorme et le cadre de vie guingampais n’a rien à voir avec le Bassin d’Arcachon… (rires)

 

Pour terminer, quel est ton pronostique pour cette rencontre ?

J’espère bien évidemment une victoire guingampaise : 2-1. Bien qu’un match nul ne serait pas un mauvais résultat. Dans tous les cas, je ne vois pas les Girondins gagner au Roudourou. Je vous souhaite à tous un bon match ;-)

 

Merci une nouvelle fois à Yann pour ses réponses et sa sympathie ! Bon match également ;)