Sud Ouest 30/04/06 « Je réfléchis à mon avenir
»
Ce match contre Le
Mans est-il le plus important de l'année ?
Marc Planus Le résultat le dira ! Mais c'est effectivement un match
capital pour nous et pour l'histoire du club. On l'a préparé dans les meilleures
conditions possibles en allant gagner à Sochaux. On va rencontrer une belle
équipe, qui se montre très bonne à l'extérieur et qui perd peu souvent. Elle a
bougé pas mal de grosses écuries. En toute sincérité, je n'ai pris aucune équipe
à la légère cette année et je ne vais pas commencer avec Le Mans. Un promu qui
joue bien au ballon et qui a assuré son maintien depuis longtemps joue libéré.
Et c'est souvent dans ces conditions qu'on tente des gestes et qu'on les
réussit. Les Manceaux se reposent sur un gros bloc derrière, très solide. Ils
peuvent compter sur un milieu très créatif et des attaquants physiques, qui
marquent pas mal de buts. Ca va être très compliqué. Alors j'espère que le stade
sera plein. Pour un tel événement, il faut que les gens répondent présent comme
ils l'ont fait toute l'année.
Le rendement défensif de
Bordeaux a-t-il baissé depuis deux mois ?
Peut-être, du fait qu'on n'a pas souvent aligné
la même défense. Il nous a aussi manqué de la rigueur et du punch, on gagnait
moins souvent les duels. Ces défauts se sont révélés à l'échelle de l'équipe
plutôt que d'une seule ligne. Si le pressing est moins bien effectué devant, on
souffre un peu plus. Ces deux derniers mois, on lâchait un peu dans toutes les
lignes et on en ressentait les conséquences dans le secteur défensif. Alors qu'à
Sochaux on a dégagé quelque chose qui ressemblait à ce qu'on avait montré à
Ajaccio (NDLR : victoire 2-0, 18 février), de la sérénité derrière qui permet de
placer des contres bien préparés.
Qu'attendiez-vous
du stage à Lacanau programmé à partir de jeudi ?
Rien de particulier. Du repos. Se retrouver
entre nous pour savourer. L'an passé, on était aussi parti en stage à Lacanau
pour préparer les deux derniers matches de la saison. On a recommencé dans le
même état d'esprit : être ensemble, profiter des bons moments et bien
travailler. La saison dernière, la pression était beaucoup plus forte que cette
année et on avait pourtant vécu trois-quatre jours exceptionnels, dont tout le
monde se souvient.
Comment Bordeaux a-t-il
retrouvé sa fraîcheur physique ?
Avec le temps, le fait de jouer les matches à une semaine
d'intervalle nous a fait du bien. On a aussi récupéré des blessés. Et puis un
tel engouement, avec la perspective d'une Ligue des Champions au bout, a
tendance à faire disparaître les petites douleurs. Une belle victoire avec la
manière aussi. Le lendemain d'une défaite, le décrassage est toujours plus
difficile... Là, on se sent un peu moins lourd, les courbatures sont plus
éphémères. Tout cela nous a redonné de l'allant.
Vous avez souvent été placé parmi les incertains ces dernières
semaines pour des problèmes récurrents au bassin. Allez-vous mieux
?
Pour la première
fois de ma carrière, j'ai vécu une période de deux mois pendant laquelle je ne
me suis entraîné que le vendredi pour jouer le samedi. Physiquement, c'était un
peu dur en match. Il m'est arrivé de prendre des coups de barre au bout de 20-25
minutes de jeu. Je n'avais plus trop le rythme des rencontres. Le staff médical
m'avait prévenu qu'il me fallait simplement attendre la fin de la saison et me
reposer pour que les douleurs disparaissent. L'alternative était posée ainsi :
soit je m'arrêtais immédiatement et je ratais toute la fin de la saison, soit je
poussais et je patientais jusqu'aux vacances pour me reposer. Maintenant, je
peux m'entraîner à nouveau plus ou moins normalement.
Serez-vous forcément bordelais l'an prochain ?
Non. En revanche, j'ai toujours
dit qu'en cas de départ, je voulais partir sur une bonne note. Je ne me voyais
pas quitter le club après 34 matches disputés et une place de 16e, comme l'an
passé. Mais j'attaquerai ma 16e année au club la saison prochaine. Depuis neuf
ans, je viens au Haillan tous les jours. Peut-être faut-il changer à un moment,
peut-être faut-il continuer ?
Parfois, on prend la décision de partir pour trouver un cadre différent,
parce qu'on est curieux d'autre chose. J'ai pris beaucoup de plaisir ici et j'en
prendrai plus encore l'an prochain avec la Ligue des Champions si je reste. Ca
ne m'empêche pas de parler de mon avenir avec mes proches. Ca fait longtemps que
j'y réfléchis. J'ai rencontré des gens qui m'ont témoigné une certaine
attention. Je ne veux pas prendre de décision tant que je ne connais pas
l'avenir de Bordeaux, aussi bien vis-à-vis de mes partenaires que des
dirigeants. Si on se qualifie rapidement pour la Ligue des Champions, je
pourrais à nouveau me pencher sur la question. Pour l'instant, je suis sous
contrat avec Bordeaux jusqu'en 2008. J'attends que le club se positionne. Je
sais qu'avec Michel Pavon, Ricardo et le président, on va se rencontrer tôt ou
tard pour en parler. On verra à ce moment-là.
Toutes les options sont donc envisageables ?
Tout est ouvert depuis le mois de
novembre. Ca ne m'a pas empêché d'être concentré sur mes performances avec
Bordeaux. J'ai toujours tout donné, je m'éclate avec cette équipe et ce staff et
j'espère que l'histoire continuera.