L'Equipe 08/05/03 Interview Savio
Savio, libre au 1er juillet, veut encore croire qu'il va rester à Bordeaux. Mais
s'il doit partir, ce sera sans états d'âme.
Les mains pleines de
médicaments, Savio avance un peu comme s'il marchait sur des oeufs. Ses
adducteurs le font visiblement souffrir. Au point qu'il a dû renoncer à la pause
face à Auxerre (0-1, samedi dernier). Mis depuis au repos complet, il ne sera
pas aligné contre Le Havre, demain. Mais il compte jouer les deux derniers
matches de la saison. Il pourrait alors s'agir de ses deux dernières apparitions
sous le maillot au scapulaire. Car Bordeaux ne veut pas lui offrir le dernier
gros contrat, estimé à 9 Millions d'Euros, de sa carrière.
Votre saison
est-elle déjà terminée ?
Même si je dois faire attention à ce début de
pubalgie, je ne pense pas. J'essaye de récupérer. Mais ce sera trop juste pour
samedi. Je verrai comment mon état va évoluer la semaine prochaine. J'espère
ensuite pouvoir être du déplacement à Nice et jouer face à
Lille.
S'agira-t-il alors de votre dernière sortie avec Bordeaux
?
Je ne sais pas. Tout ce qui m'importe dans l'immédiat, c'est de
pouvoir terminer ma saison. Mon contrat avec le Réal prendra fin le 30 juin. A
partir de cette date, je serai libre, sans avenir défini.
Aimeriez-vous
continuer à jouer pour les Girondins ?
Oui. Ma famille et moi-même
sommes désormais bien intégrés et heureux. Ca a été une très bonne saison pour
moi. J'ai donc envie de rester un ou deux ans de plus pour être encore beaucoup
plus fort. C'est pour cette raison que j'espère que nous arriverons à trouver
une solution.
Même si Bordeaux vous a dit qu'il n'est pas prêt à payer le
salaire que vous réclamez (il serait de l'ordre de 150 000 Euros net par mois)
?
Je respecte la décision de ces dirigeants. S'ils estiment que je suis
trop cher pour eux, pas de problème ! Mais nous sommes toujours en phase de
négociation. Et même si c'est toujours compliqué, je suis serein. Vous savez,
je suis d'un naturel optimiste.
Au regard de vos performances, vous
attendiez-vous à un tel refus ?
Cette éventualité m'était effectivement
passée par la tête. Car je savais dès le départ que je venais pour un an avec
l'ambition de renouveler ensuite mon contrat dans ce club.
Savez-vous
aussi que pour demeurer dans le leur, Del Piero, Recoba ou Vieri ont accepté de
baisser leurs salaires ?
Oui. Mais vous êtes en train de me parler de
joueurs qui gagnent je ne sais pas combien, mais beaucoup plus que moi en tout
cas.
Seriez-vous prêt à les imiter pour demeurer à Bordeaux ?
Non. Chacun a sa démarche personnelle. Moi, j'ai attendu plus de cinq ans pour
retrouver ma liberté. Aujourd'hui, je l'ai. A vingt-neuf ans, je dois penser à
réaliser un bon contrat pour ma famille. Car il s'agira du contrat pratiquement
le plus important de ma carrière. Je vais donc prendre mon temps pour le
négocier. Et si je dois quitter Bordeaux, je quitterai Bordeaux. Même si ce club
dispose de bonne installations et d'un réel soutien populaire, je partirai sans
déception. Il est normal que certains clubs offrent de meilleures conditions
financières que d'autres. C'est la vie propre à un footballeur, non ?
Une
qualification en Ligue des champions serait-elle de nature à adoucir votre
position ?
C'est clair qu'il s'agit d'une compétition très importante.
Maintenant, je ne sais pas si cela changerait vraiment les choses sur le plan
financier.
N'auriez-vous pas déjà donné votre accord au Benfica Lisbonne
?
Non, non ! Il y a beaucoup de spéculations autour de mon avenir. On
parle de moi au portugal, en Espagne, en Angleterre... Mais ça ne va pas plus
loin. Il n'y a rien de concret pour l'instant. Je suis désormais ouvert à toutes
propositions.
Pourriez-vous rentrer au Brésil ?
Mon intention
est de continuer à joueur en Europe pendant encore trois ou quatre ans avant de
retourner dans mon pays.
Et en ce moment, où êtes-vous dans votre tête
?
(Rires.) Mais dans ma saison ! Où voulez-vous que je sois ?