L'Equipe 19/09/05 David Jemmali : Lyon est protégé
DAVID
JEMMALI, le défenseur bordelais, estime que l’OL bénéficie d’un traitement de
faveur de la part des arbitres.
Samedi, à la fin de la
rencontre face à Lyon(1-1),David Jemmali a été l’un des joueurs bordelais les plus
courroucés par les décisions de Bruno Derrien et l’un des plus virulents à son
égard. Il a même été averti pour contestation à la 80e minute. Comme tous ses
coéquipiers, il reprochait à l’arbitre de ne pas avoir vuCris boxer le ballon
(4e minute) et d’avoir jugé involontaires deux autres fautes demainde Tiago (63e
et 88e minutes). Hier, si le ton était apaisé, le défenseur bordelais a malgré
tout renouvelé ses reproches. Il a même ouvertement déploré que l’on fasse
preuve de trop de mansuétude à l’égard des Lyonnais.
« Quel est le sentiment qui prédomine au lendemain de ce
match que Bordeaux n’a pas su gagner, la colère ou la frustration ?
La nuit
a permis d’atténuer la colère, mais la frustration et la déception, elles, sont
toujours là. On méritait vraiment de gagner ce match à l’issue de notre
meilleure prestation depuis le début de la saison. Les Lyonnais ont été
beaucoup
plus réalistes que nous, c’est vrai. Mais cela fait quelques années
aussi qu’ils ont pas mal de chance.
En voulez-vous toujours à M.Derrien
denepasavoir sifflé au moins un penalty en faveur de Bordeaux ?
On ne peut
que lui en vouloir. Qui ne lui en voudrait pas à lui et à ses deux assistants ?
Trois personnes dans le stade n’ont pas vu la faute de main de Cris en début
dematch et ce sont les troishommes en jaune.Mais on ne peut rien y faire. Ce
sont eux qui ont le pouvoir de décision. Pour moi, les trois fautes de main sont
flagrantes. La première peut changer le cours du match. Si on avait transformé
le penalty qui s’imposait, on aurait pu compter deux buts d’avance (Smicer ayant
ensuite ouvert le score à la 7e minute). On aurait alors été plus sereins face à
une équipe du calibre de Lyon.
« Aulas, il faut qu’il se remette un peu
en question »
Avez-vous le sentiment que Lyon est une équipe protégée
?
Complètement. Tout le monde pense que Lyon est protégé, il n’y pas que
moi, et cela ne date pas d’hier. On voit encore la réaction de Jean-Michel
Aulas, après le match, dans le vestiaire, qui nous dit qu’il faut qu’on arrête
de pleurer et qu’on est à notre place (*). Lui, même s’il mène 3 à 0, et qu’on
oublie de lui siffler un coup franc à la 90e minute, il va ameuter les
journalistes. Il faut qu’il se remette un peu en question et qu’il analyse un
peu mieux la situation.
À ce sujet, les Bordelais ne peuvent pas mettre
leur demi échec sur le seul dos de l’arbitre. Vous avez aussi fait preuve de
beaucoup de maladresse sur le plan offensif ?
Effectivement, nous avons
péché dans la finition. Nous n’avons pas été capables d’inscrire ce deuxième but
qui nous aurait mis à l’abri. C’est ce que l’on doit travailler, notre
efficacité devant le but. Mais je ne suis pas inquiet. On a un très bon bloc
défensif, l’équipe est plus forte que la saison dernière, et si on garde
cet
état d’esprit et cette envie, tout ira bien. »
(*) À l’issue du match, le
président lyonnais a notamment déclaré qu’il « ne s’attendait pas à ce genre de
match de Bordeaux, qui a une image de gentleman, mais dont l’attitude des
joueurs n’a pas été à la hauteur », et estimé que l’arbitrage de M. Derrien
avait été « à sens unique » en faveur des Bordelais. (Lire L’Équipe
d’hier.)
RECTIFICATIF. – Une erreur s’est glissée dans une déclaration de
Jean-Louis Triaud, hier, à l’issue du match Bordeaux - Lyon (1-1). Ironiquement,
il a comparé les membres de l’International Board à des « vieillards séniles »
et non à « des séniles grabataires », comme écrit. – H. P.