Sud Ouest 28/03/06 « Soyons irréprochables
»

Titularisé en défense centrale en raison de la suspension de
Henrique et la mise à l'écart de Beto, David Jemmali a rempli sa mission avec
sang-froid, application, sérieux. Hormis une entrée en matière délicate,
l'habituel latéral droit a réussi une prestation de tout premier plan. En outre,
il est l'auteur de la passe qui a amené le but de la victoire face à des Niçois
désemparés. Plus ancien de l'équipe avec Ulrich Ramé, il achève sa neuvième
saison au club. Une référence, donc, lorsqu'il s'agit de définir les objectifs.
Sous le feu des questions, il avoue même que la Ligue des champions ne peut
échapper aux Girondins.
« Sud Ouest ». Un but inscrit par Denilson au
bout de 11 secondes de jeu sur une passe de David Jemmali, est-ce une
combinaison que vous travaillez souvent à l'entraînement ?
David Jemmali.
(Sourire) Non, non... On voulait juste mettre la pression d'entrée sur cette
équipe niçoise. On avait décidé de jouer long le premier ballon. On a eu la
chance d'avoir le contre favorable. Ensuite, le talent de Denilson a fait le
reste. Mais je ne sais pas si ce but a servi nos intérêts. On pouvait penser que
le plus dur était fait, qu'on allait prendre confiance et dérouler. En même
temps, le doute ne pouvait que s'installer dans l'esprit de nos adversaires.
Cela n'a pas été le cas. Au contraire, les Niçois ont réalisé une bien meilleure
première période que nous. Après, on s'est appuyés sur notre solidité défensive
pour préserver notre acquis. Rien n'a été facile.
Vous avez mieux
résisté en deuxième période, l'équipe a semblé un peu plus équilibrée. Comment
l'expliquez-vous ?
A la mi-temps, on s'est dit qu'il fallait absolument
se positionner plus haut. Car subir de la sorte encore quarante-cinq minutes,
aucun doute, on aurait craqué à un moment donné. Et ce n'était pas le but.
Alors, on a évolué un, voire deux crans, plus haut pour maintenir un pressing et
essayer, à partir d'une bonne récupération, de marquer le deuxième. On n'est pas
parvenu à aggraver le score, mais cela nous a permis de réussir une bien
meilleure seconde mi-temps.
Même acquise dans la douleur, cette
victoire vous permet de réaliser la bonne opération du week-end. Est-ce un
soulagement ?
C'est un avantage de jouer le dimanche. Il permet de
connaître le résultat de vos concurrents directs. Comme Lille et Auxerre avaient
été tenus en échec, on était très motivés à l'idée de creuser à nouveau un écart
important. On a rempli notre contrat. A quelques journées de la fin, c'était le
coup à ne pas manquer.
Physiquement et collectivement, Bordeaux
traverse une période difficile. S'accrocher, est-ce le mot clé du moment
?
Je dirais plutôt : il ne faut pas lâcher. On a accompli une trentaine
de matches avec un état d'esprit irréprochable, il faut poursuivre dans cette
voie. Pour autant, on ne va pas tout remettre en cause pour deux ou trois
rencontres où on a été moins bien. J'ai vu que les critiques recommençaient à
fuser, il faut les laisser de côté. Le plus important, je le répète avec force,
c'est de ne pas lâcher.
Les critiques, c'est quand même Ulrich Ramé
(voire notre édition de jeudi dernier) qui les a émises le premier.
Il
n'a pas eu tort. Il vaut mieux pousser un coup de gueule maintenant qu'à la
veille de Marseille (NDLR : le dernier match de la saison). Que certains l'aient
mal pris ou pas, peu importe. Je pense que c'était le bon moment pour le faire
et il a employé le ton adéquat tout y mettant les formes. Moi, cela ne m'a pas
choqué. Son discours était le bienvenu. Par le passé, on a vécu des fins de
saison délicates où on a raté la qualification en Ligue des champions pour un
cheveu. Il a fait de la prévention.
Aujourd'hui, la route qui conduit
à la Champions League est-elle dégagée ?
En partie. Il faut rester
mesuré. Il suffit de deux ou trois nuls et autant de victoires pour Lille et
Auxerre et tout peut être remis en cause. On ne va pas en parler trop tôt.
Néanmoins, on ne va pas prétendre non plus qu'on joue l'UEFA ou quoi que ce
soit. Moi, je n'ai jamais formulé d'objectif précis. Mais cette deuxième place,
je ne la lâcherai pas.
Quand même, sept points d'avance à six journées
de la fin, n'est-ce pas énorme ?
Oui, en plus avec un match en retard à
Sochaux. En sachant que samedi prochain, il y a un Lille-Auxerre, intéressant
pour nous. On pourra peut-être évoquer un peu plus la situation lundi
matin.
Il faudrait un cataclysme pour ne pas y arriver, non
?
(Il s'enflamme) Oui, là j'arrête le foot si on ne finit pas deuxièmes.
J'arrête tout. En gros, je deviens fou. Bon, on se calme. Non, c'est bien parti,
il ne faut pas s'enflammer et ne rien lâcher. Soyons irréprochables jusqu'au
bout.