Sud Ouest 10/05/06 « Se qualifier tous les ans
»
« Sud Ouest ». Dans quel état d'esprit allez-vous aborder la prochaine saison
?
Jean-Louis
Triaud. La saison qui se
présente est très séduisante. La qualification en Ligue des Champions est pour
nous une récompense et un plaisir, mais la priorité du club consistera à se
qualifier de nouveau pour la saison suivante. L'expérience a montré qu'un club
désireux de bâtir une grande équipe sur la durée ne peut pas se contenter d'une
participation à la Ligue des Champions tous les quatre ou cinq ans. Il doit le
faire tous les ans si possible.
Quelle enveloppe financière les Girondins pourront-ils mettre sur la
table à l'intersaison ?
Je ne connais même pas l'apport d'une qualification à la Ligue des
Champions. L'UEFA devrait nous communiquer les chiffres dans les jours qui
viennent. Mais on aura un budget pour recruter, bien sûr. Actuellement, la
discussion entreprise avec Ricardo vise, en partant du groupe tel qu'il existe,
à définir les postes à renforcer. Cette réflexion peut être menée rapidement.
Je ne vais pas
communiquer des budgets précis qui renseigneraient des clubs avec lesquels on
risque de rentrer en contact pour recruter, ainsi que des clubs concurrents sur
des joueurs qui nous intéresseraient. Nous avons des noms en perspective mais
nous ne sommes pas les seuls. L'argent, c'est le nerf de la guerre. Autant
rester discret sur notre enveloppe.
Bordeaux conservera-t-il le groupe de cette année ?
Pour l'instant, nous sommes en
discussion avec deux joueurs en fin de contrat. Pour Denilson (1), ça paraît
compliqué même si on va essayer de le convaincre de confirmer sa renaissance à
Bordeaux. Par ailleurs, je vais discuter sérieusement avec Jean-Claude
Darcheville. Il va y avoir négociation. Rien n'est définitif.
Avez-vous eu un contact avec le président
lyonnais Jean-Michel Aulas, qui se déclare intéressé par Chamakh et par Faubert
(notre édition d'hier) ?
Non. Il a de la suite dans les idées puisqu'il évoquait déjà Chamakh l'an
dernier. Cette fois-ci, il rajoute Faubert. Notre voeu consiste à ne transférer
ni Chamakh ni Faubert.
N'est-ce pas
la rançon d'un club dauphin du champion de voir ses joueurs courtisés
?
Je l'ai déjà dit
l'an passé : je préfère voir du monde se bousculer pour recruter des joueurs de
notre effectif, ça veut dire qu'ils sont bons ! Le jour où je n'aurai pas la
moindre demande, je commencerai à m'inquiéter. Néanmoins l'objectif aujourd'hui
n'est pas d'envisager des départs, mais plutôt des arrivées.
Bordeaux ne va-t-il pas devoir consentir
d'importantes revalorisations salariales pour conserver son groupe
?
Il n'est pas
exclu que dans certains cas, il y ait revalorisation salariale. C'est au bon
vouloir du club puisque les joueurs qui sont durablement avec nous ont signé des
contrats qui leur donnaient satisfaction. On parle toujours de revaloriser ceux
qui ont apporté ce que l'on demandait d'eux, voire plus, mais jamais de baisse
de salaire pour ceux qui ne l'ont pas fait. Je ne vois pas pourquoi on
renégocierait chaque année le contrat d'un joueur qui a répondu aux attentes.
Sinon, quel serait le sens d'un contrat de plusieurs années ?
Johan Micoud souhaiterait revenir en France.
Est-il susceptible d'intéresser Bordeaux ?
Il faudrait qu'on soit aveugle pour ne pas nous
intéresser à Micoud, même si c'est un choix qui appartient à Ricardo. Il n'y a
qu'un bémol : il n'est pas libre. Il est toujours sous contrat avec le Werder de
Brême qui ne me semble pas enclin à le libérer. Ca peut poser quelques
difficultés.
L'effectif doit-il être étoffé
quantitativement ?
Incontestablement, un effectif qui doit disputer trois compétitions
nationales (NDLR : championnat, coupe de France, coupe de la Ligue) et une
compétition européenne doit être enrichi en nombre. Je pense qu'un groupe de 28
joueurs sera nécessaire la saison prochaine. Mais j'y inclus des jeunes du
centre de formation qui ont signé leur premier contrat professionnel et pourront
être utilisés dès la saison prochaine (2). Pas forcément régulièrement, mais ils
participeront aux entraînements et à un certain nombre de matches pour
progresser.
Qu'attendez-vous de la
dernière rencontre samedi contre Marseille à Chaban-Delmas ?
Marseille ne s'est pas imposé
depuis 28 ans à Bordeaux. Il serait très mal venu qu'un groupe qui a su terminer
deuxième du championnat soit celui qui rompe avec cette série d'invincibilité.
Pour le public et par respect pour le championnat, il est important que l'on
gagne ce match.
En août
dernier, on vous aurait dit que Bordeaux terminerait deuxième, quelle aurait été
votre réaction ?
J'aurais été déçu, puisque je pensais qu'on aurait pu être champion !
Sérieusement, personne au départ de la saison ne nous imaginait deuxième. Lyon a
une avance confortable par rapport à nous, mais nous pouvons aussi conserver une
bonne marge sur le troisième. C'est donc une très belle saison qui va un peu
au-delà de nos attentes.
A priori, seule la première place est belle. Mais en-dehors des revenus
qu'elle procure, je suis au moins reconnaissant d'une chose à la formule de la
Ligue des Champions, à savoir avoir revalorisé la deuxième et la troisième place
du championnat. Quand on est médaillé d'argent sur 100 mètres aux Jeux
Olympiques, c'est une belle satisfaction me semble-t-il. Deuxième du
championnat, ça ne valait rien par le passé. Aujourd'hui, l'argent et le bronze
de la Ligue 1 sont aussi de belles médailles.
(1) Denilson est prêté par le Betis de Séville.
(2) Bordeaux a proposé un contrat
pro aux défenseurs Romain Brégerie, Paul Baysse, Benoît Trémoulinas et Mamadou
Baldé.