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AFP 2006 Fernando "La Champions League fait rêver"


Fernando Menegazzo, le milieu défensif du FC Girondins de Bordeaux, va goûter pour la première fois à l'UEFA Champions League, en 2006/07. Arrivé en juillet chez les Marine et Blanc, qui ont assuré leur place dans la plus prestigieuse des compétitions de clubs en terminant 2es de la Ligue 1, le Brésilien, 25 ans, ne cache ni sa joie ni les difficultés d'une saison épuisante.


Un symbole
A lui seul, l'ancien de l'AC Siena (Italie, de 2005 à 2005), prêté à Bordeaux cette saison, symbolise la réussite très sud-américaine de hommes de Ricardo. Son compatriote, qui l'avait entraîné au Grêmio FPA avant son départ pour l'Europe, a fait de lui un titulaire (29 matches, 4 buts). Occasion qu'a saisie Fernando pour impressionner en France - et peut-être demain l'Europe - par son abattage et sa polyvalence



uefa.com : Comme nombre de vos coéquipiers, vous semblez physiquement marqué ces dernières semaines. Qu’en est-il ?

Fernando : Oui, on en parle beaucoup. Mais je pense que toutes les équipes de Ligue 1 connaissent des coups de fatigue, c’est normal. En fait, on conserve suffisamment de forces pour parvenir à la fin de cette saison en conservant notre deuxième place. A Lille (défaite 3-2, le 15 avril), on a manqué notre entame de match et on a eu du mal pendant dix à quinze minutes. Mais ensuite on a fourni une bonne prestation et on s’est créé des occasions pour égaliser

uefa.com : Vous êtes arrivé quasi-inconnu dans un club qui venait de vivre une saison difficile. Quel regard portez-vous sur votre saison ?

Fernando : Il est toujours difficile de débarquer dans une équipe en étant complètement inconnu. Il faut démontrer à tout le monde, au staff comme à ses coéquipiers, qu’on a les qualités nécessaires pour jouer et pour devenir titulaire dans un club qui joue les premiers rôles. J’étais sûr qu’avec beaucoup de travail, je pouvais parvenir à mes fins ici. Petit à petit, j’ai gagné la confiance du groupe et du staff mais je n’ai jamais reçu la moindre garantie quant à un statut de titulaire. J’ai travaillé jour après jour pour le devenir, le rester, et me montrer décisif en match. C’est comme ça que j’envisage ma carrière de footballeur professionnel. Parfois on se retrouve en grande difficulté, c’est normal face à des équipes compétitives. Mais en travaillant sérieusement à l’entraînement avant de tout donner en match sans jamais perdre de sa concentration, on y arrive. Les choses viennent naturellement. Il n’y a pas d’autre secret.

uefa.com : Personne ne vous avait vu évoluer en L1 avant l’été dernier. Maintenant qu’on vous connaît, le comportement de vos adversaires a-t-il changé à votre égard ?

Fernando : Oui, c’est très net. Et ça doit passer j’imagine par les entraîneurs. Dès que je m’empare du ballon, je sais que je vais trouver sur ma route deux-trois adversaires au pressing. C’est lié aux caractéristiques de mon jeu. J’aime bien regarder le jeu, porter le ballon vers l’avant et créer des solutions pour les attaquants en cherchant les espaces et en opérant les bons choix, autant que possible ! En conséquence, l’équipe adverse essaie de me neutraliser.

uefa.com : Etes-vous plutôt un pur milieu défensif ou un milieu relayeur ?

Fernando : Au Brésil déjà je jouais souvent en numéro 8. Je prenais garde à mon placement pour la réussite de mes tâches défensives, mais je ne me contentais pas de cela. J’avais toujours en tête de prêter main forte à l’attaque, de récupérer le ballon, de me retourner et de faire la différence. Voire d’être présent dans la surface adverse pour exploiter les opportunités de marquer. Depuis que je suis en France, je suis content d’avoir inscrit six buts ! Quatre validés et deux refusés pour hors-jeu, alors que l’un des deux était valable… Il est important d’équilibrer son travail sur le terrain entre les composantes offensive et défensive du poste. Le défensif est à la base de tout, puisqu’on est deux à Bordeaux dans ce rôle au milieu de terrain. Faire le filtre pour aider les défenseurs est primordial, mais ce n’est pas suffisant.

uefa.com : La réussite de Bordeaux vous étonne-t-elle, eu égard aux difficultés du club au cours des deux saisons précédentes ?

Les mois de janvier et de février ont correspondu à une époque charnière pour nous
Fernando : Non, je ne suis pas surpris. A chaque saison correspond sa vérité et son histoire. Je savais que l’équipe allait être reprise en main par Ricardo, que j’avais connu au Brésil. Un entraîneur qui a de l’ambition, qui prépare les matches pour les gagner et qui apprécie le travail bien fait. J’étais sûr que nous allions effectuer une bonne saison grâce à cela, grâce au travail. Dans le foot, le travail est essentiel pour décrocher de bons résultats. Les mois de janvier et de février ont correspondu à une époque charnière pour nous. On a bien négocié les matches contre nos adversaires directs pour une qualification européenne, on a gagné tous ces duels-là contre (l'AJ) Auxerre (1-0, 11 janvier), (le RC) Lens (1-0, 28 janvier), (l'AS) Monaco (FC, 1-0 à l’extérieur, 14 janvier). Ces équipes-là occupaient le haut du tableau. Avec ces performances, notre tableau de marche devenait très intéressant. On a produit énormément d’efforts à ce moment de l’année pour engranger des points. Mais sur une saison aussi longue, il convient d’abord d’être régulier. Même en début de Championnat, on était bien placé, souvent dans les cinq premières places. On est maintenant installé à la deuxième place depuis la 21e journée, c’est une prime à la régularité. On va faire tout notre possible pour la conserver jusqu’au terme de la saison.

uefa.com : A titre personnel, quels temps forts ressortez-vous de votre saison ?

Fernando : A chaque fois que j’ai marqué ! On prend énormément de plaisir à marquer ! Mais plus généralement, on peut être satisfait de sa prestation quand on sort épuisé du terrain, vidé de ses forces. Même quand on est fatigué et qu’on n’est pas très bon, savoir que l’on donne tout et qu’on aide ses coéquipiers est déjà une satisfaction pour un joueur professionnel.

uefa.com : Pour un Brésilien qui tente de réussir en Europe, que représente la Champions League ?

Au Brésil on joue un peu plus tranquille
Fernando : Déjà, à la base, un grand championnat européen est très différent du championnat brésilien. Pour jouer en France, en Italie ou en Angleterre, on doit se montrer intelligent, s’adapter vite, voire changer sa façon de jouer. Au Brésil on joue un peu plus tranquille. On ne rencontre pas une telle agressivité sur le porteur du ballon. Alors passer à la Champions League, c’est forcément un rêve pour ceux qui n’y ont encore jamais participé. Quand on voit l’appétit des joueurs du Milan AC, qui ont mis tout en œuvre pour la remporter alors qu’ils ont déjà levé six fois la coupe, on comprend mieux l’attrait de cette compétition sur tous les professionnels. On s'est battu pour gagner le droit d’en être nous aussi l’an prochain.

uefa.com : Vous êtes arrivé à Bordeaux sans pratiquer un mot de français. Vous parlez presque couramment maintenant. C’est important pour vous ?

Fernando : Je prends encore des cours. Je suis décidé à apprendre du mieux possible. C’est important pour la compréhension des consignes tactiques, ainsi que pour les relations avec la presse et avec les supporteurs. Et c’est tout aussi capital pour la vie en-dehors du monde du football. Quand on s’installe dans un nouveau pays, il est toujours plus intéressant de s’intégrer et de comprendre la langue et la culture. J’aime beaucoup la région. C’est vrai qu’il pleut un peu trop ! Mais dans le sud du Brésil dont je suis originaire, il pleut aussi, même s’il ne fait pas aussi froid. Les terrains sont aussi difficiles qu’ici !

uefa.com : Vous êtes prêté à Bordeaux par le club italien de Sienne. Où en êtes-vous contractuellement ?

Fernando : Je suis d’accord avec les dirigeants bordelais pour un contrat de quatre ans. J’accorde une grande valeur à la stabilité. Un professionnel doit pouvoir jouer dans la sérénité, avec la confiance des dirigeants, sans s’inquiéter sans cesse du lendemain. Je remercie Bordeaux pour la confiance qui m’est octroyée mais elle n’est jamais acquise pour la suite. Il me faut la renouveler jour après jour par mon travail, aux entraînements comme en match. Reste aux deux clubs à s’entendre. Je sais que des discussions sur le sujet sont imminentes. Mais ça ne me préoccupe pas. Je veux avoir la tête au jeu jusqu’à la fin de la saison.

uefa.com : Avez-vous l’impression que vos performances cette année en France ont été remarquées au Brésil ?


Fernando : L’esprit du staff brésilien est déjà tourné vers la Coupe du Monde (de la FIFA) qui arrive. Je ne pense donc pas avoir été particulièrement remarqué. Mais si une nouvelle génération doit émerger au lendemain du Mondial, j’aimerais bien sûr jouer ma carte en continuant à me montrer important dans le dispositif bordelais. Dans cette optique, participer à la Champions League n’est pas neutre. Elle est très regardée au Brésil.

   


   
 
     
 
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