Samedi sur FREQUENCE-GIRONDINS, la lutte pour le titre continue en direct de Chaban Delmas pour BORDEAUX-SOCHAUX (20h45), soyez au rendez-vous!
37ÈME JOURNÉE. APRÈS MATCH : BORDEAUX 2 / SOCHAUX 0
Pour la première fois depuis bien longtemps, le champion en titre ne sera pas connu avant la dernière journée. C’est tout le football français qui peut remercier Bordeaux d’avoir rendu cette fin de championnat enfin intéressante pour la course au titre. A l’entame de l’avant dernière journée, Bordeaux ne comptait en effet que deux petits points de retard sur le sextuple champion de France lyonnais. Et plus que les supporters Girondins, c’est une grande partie du football français qui espérait voir s’effondrer le champion sortant.
Mais Bordeaux n’a pas son destin en main. Avant d’affronter des sochaliens, très solides à l’extérieur, comme en atteste leur victoire à Marseille, Bordeaux se devait de remporter les 3 points pour continuer à espérer mais étant tributaire du résultat de Lyon face à Nancy. Pour ce dernier match à Chaban, Blanc devait faire face à de nombreux pépins. Bordeaux ne disposait pas de toutes ses armes compte tenu des blessures de Ramé, Alonso, Micoud et surtout Cavenaghi son buteur, sans compter Jussiê. C’est donc à la jeunesse dorée que Blanc devait faire confiance avec notamment la titularisation d’Obertan au poste de milieu droit alors que les jeunes Traoré et Saivet prenaient place sur le banc. Dans un stade rempli comme il l'a peu souvent été cette saison, Valverde prenait place dans la cage Girondine.
Face à des sochaliens bien en place et procédant en contre, Bordeaux a souffert pendant toute la première période. Peu de mouvement et très peu d’enchaînement Girondin. La doublette Bellion – Chamakh peinait à prendre le pas sur la solide défense sochalienne composée du duo Afolabi – Brechet. Pas de véritable occasion si ce n’est un peu après le premier quart d’heure de jeu sur un rare mouvement collectif Girondin avec un débordement de Bellion sur le côté gauche qui centre en retrait sur Chamakh qui voit sa frappe stoppée du pied par Richert, pris pourtant à contre pied. Mais Sochaux fait mieux que résister et à la demi-heure de jeu, il faut un grand Valverde pour empêcher une déconvenue grâce une sortie décisive dans les pieds de Grax, puis ensuite de Pichot. Bellion aura l’occasion de mettre son équipe sur les bons rails mais son face à face avec Richert est à l’image de la seconde partie de saison d’un joueur en crise de confiance. Pourtant Bordeaux va réussir à faire la différence juste avant la mi-temps sur un but peu académique mais important de son meneur brésilien du soir, Fernando. Dés lors Bordeaux ne sera plus rejoint et posera son emprise une seconde période bien maitrisée. Un Bordeaux en confiance, à l’image de son jeune milieu gauche, Trémoulinas, à peine rentré en jeu, auteur d’une magnifique action avec un petit pont sur son adversaire direct suivi d’un centre millimétré qui trouve la tête plongeante victorieuse de Chamakh. Bordeaux fait le break et ne sera plus rejoint sous les ovations du public. Un stade qui se lèvera d’un seul homme pour entamer une ola en remerciement aux Girondins pour cette magnifique saison. Titre ou pas, Bordeaux aura rempli son objectif de se qualifier pour la Ligue des Champions tout en offrant à ses supporters un magnifique spectacle et un football offensif.
Les joueurs : Mathieu Valverde avait la lourde tâche de remplacer Ulrich Ramé blessé. Et le moins que l’on puisse dire c’est que dans les tribunes Ulrich devait être fier de la performance de son second. Un très gros match pour Valverde qui s’est montré décisif en première période avec une sortie digne de son ainé dans les pieds de l’attaquant sochalien. Impeccable sur sa ligne, le gardien Girondin l’a également été dans les airs. Une performance qui vient récompenser un joueur de l’ombre qui vient de prolonger son contrat de 2 ans. Franck Jurietti avait le brassard de capitaine ce soir et il y a fait honneur. Très présent défensivement, il a fourni un match très sérieux sans pour autant accompagner ses attaquants. Il s’est contenté de bien défendre comme il sait le faire, avec sa combativité et son cœur. De l’autre côté, Mathieu Chalmé a beaucoup plus apporté offensivement. Avec le positionnement de Obertan souvent dans l’axe voir sur le côté gauche, Mathieu avait un couloir devant lui et n’a eu de cesse de le prendre. Toujours aussi combatif, avec des tacles glissés qui font souvent très peur, mais toujours maladroit dans ses centres. S’il progresse dans le dernier geste, il peut devenir un latéral de tout premier plan capable aussi bien de défendre que d’attaquer. La charnière centrale des Girondins est sans doute ce qui se fait de plus en solide en Ligue 1. Alors qu’ils ne semblaient pas du tout complémentaires, la garde noire est en train de devenir monstrueuse et indiscutable. Carlos Henrique est toujours aussi solide et toujours aussi tranchant dans ses interventions. Il est revenu de blessure avec une soif incroyable mais c’est surtout son engagement qui a changé. Très peu de fautes : il est en train de devenir un vrai roc. Il pêche encore dans sa relance même s’il a progressé dans ce domaine. A ces côtés, Souley Diawara est sans doute devenu le meilleur défenseur central de notre championnat. Il a poussé Planus sur le banc, mais lorsque l’on voit ses prestations, il n’y a pas scandale. Impressionnant de puissance physique, il parait infranchissable. Son jeu de tête fait merveille et son placement n’a rien à envier à celui de Marco. Son agilité et sa vitesse sont très précieux. Sa relance au pied n’est pas son point fort mais Souley a trouvé la solution. Au lieu de balancer devant, il préfère relancer balle aux pieds par de puissantes chevauchées pour épauler ses attaquants.
Bordeaux prend peu de buts avec une défense centrale intraitable mais également grâce à un travailleur infatigable qui semble aimanter tous les ballons, Alou Diarra. Il est grand et pourtant il est très mobile et récupère un nombre incroyable de ballons dans les pieds. On se demande où il puise toute cette énergie tant il court aux quatre coins du terrain. Une fois de plus, en forme internationale, il a dominé le milieu de terrain malgré la présence dans le camp adverse du solide et rugueux N’Daw. Fernando Menegazzo effectuait son retour après suspension et se voyait confier le jeu Girondin en l’absence de Micoud. Gros match du brésilien qui a été très présent défensivement et offensivement. Marquant le but libérateur juste avant la mi-temps, il a grandement contribué au succès de son équipe. Après une saison des plus abouties, Geraldo Wendel semble marquer le pas, notamment physiquement. Peu présent dans le jeu, c’est encore son pied gauche qui sera à l’origine du but de Fernando. La fin de saison arrive au bon moment pour lui. Blessé, il est contraint de quitter la pelouse un peu avant l’heure de jeu, remplacé par Benoit Trémoulinas. Le jeune Girondin s’est tout de suite illustré avec une magnifique action et un centre décisif pour la tête de Chamakh sur le second but. Il joue peu mais à chaque fois que Blanc a fait appel à lui il n’a pas déçu. Balle aux pieds, il cherche constamment à aller de l’avant et n’hésite pas à provoquer son adversaire direct en misant sur sa pointe de vitesse. En l’absence d’Alonso, Gabriel Obertan était de nouveau titulaire, comme face à Marseille, mais cette fois-ci dans un rôle de milieu droit. Très remuant, même s’il pêche encore dans la finition, il a donné le tournis à la défense sochalienne. On a l’impression que sa saison commence enfin. Son état d’esprit a changé, on le sent plus concerné, notamment au niveau défensif. Son talent est immense, sur une action, il est capable d’éliminer deux adversaires et délivrer un centre dangereux. S’il joue de cette façon la saison prochaine, nul doute que son temps de jeu va gonfler. Emoussé après un match plein, il cède sa place au héros du Vélodrome, Pierre Ducasse qui a fait une bonne rentrée, conservant bien le ballon. On sent chez ce joueur une grande aisance technique. Espérons pour lui que son temps de jeu, la saison prochaine, lui permette de démontrer toutes ses qualités. Marouane Chamakh a une fois de plus été généreux dans ce match, se battant sur tous les ballons, parfois à la limite. Mais cette fois-ci, il a réussi à trouver le chemin des filets, grâce à son atout majeur, son jeu de tête. Même s’il a été souvent dominé dans les airs par Afolabi, il a beaucoup pesé sur la défense sochalienne. A ses côtés, Blanc a relancé David Bellion en l’absence de Cavenaghi. Même s’il a perdu la confiance qui l’habitait lors de la première partie de saison, marquant 11 buts en 19 matches, il n’a cessé de se battre, de provoquer. Souvent pris en position de hors jeu, il a sans cesse tenté d’apporter des solutions, souvent excentré sur le côté gauche. Malheureux sur son face à face avec Richert, il ne parvient plus à trouver le chemin des filets. Remplacé en toute fin de match pour permettre au vieux briscard, David Jemmali de fouler une dernière fois la pelouse de Chaban et de recevoir un accueil chaleureux du public. En fin de contrat, le joueur ne sera pas prolongé et quitte donc un club où il aura passé 10 ans, rendant de multiples services.
Malgré ce succès, Bordeaux reste à 2 points de Lyon, vainqueur d’un petit Nancy. Même si mathématiquement le titre est encore jouable, cela sera dur d’autant que Lyon se déplacera à Auxerre alors que dans le même temps, Bordeaux ira affronter une équipe lensoise qui n’a d’autre alternative que l’emporter pour sauver sa tête en Ligue 1. Mais le football n’est pas une science exacte et en cas de faux pas lyonnais, Bordeaux pourrait coiffer ces derniers sur le poteau après un sprint final époustouflant qui a vu Bordeaux se réveiller, peut être un peu tard. Les 6 points perdus par Bordeaux face à Lyon vont sans doute faire la différence dans ce championnat qui n’a jamais été aussi serré. Verdict samedi soir. En attendant, faisons comme Fernando, continuons de rêver au titre de champion de France !
On retiendra également l’après match avec l’ovation offerte au duo Micoud-Jemmali par un stade Chaban en liesse. Bouquet de fleurs à la main, les 2 joueurs ont été salués par tous leurs coéquipiers avant de remercier le Virage Sud. Un hommage de tout un stade à 2 grands Monsieur du football Girondin qui resteront à jamais Marine et Blanc dans leur cœur et que les supporters n’oublieront jamais. Chapeau les artistes et merci pour tout ce que vous avez apporté au club Girondin durant toutes ces années. On ne vous oubliera jamais !