27ÈME JOURNÉE. APRÈS MATCH : BORDEAUX 1 / MONTPELLIER 1
UN HEROS FRUSTRE
Résumé
Enfin Bordeaux joue un match de L1, trois
semaines après son match contre Saint-Etienne. Entre temps, les matchs contre
Auxerre et Le Mans sont remis à des dates ultérieures. On attendait avec
impatience ce choc de circonstance, Montpellier profitant du surplace forcé des
Girondins pour revenir ex-æquo au coup d’envoi. Comment Bordeaux allait entamer
cette partie avec un seul match dans les jambes en vingt jours et une
relative nervosité dont les médias raffolent ? Laquelle des deux formations
profiteraient des matchs nuls des poursuivants ? La réponse interviendra
devant une assistance relativement décevante : à peine 27 000
spectateurs pour cette affiche. Est-ce le froid ou le retour des vacances qui a
dissuadé les supporters à remplir les travées de Chaban ?
Beaucoup de questions au coup d’envoi, et
sûrement très peu d’éludées à la fin du match, assez fermé malgré des faits de
jeu importants. Laurent Blanc aligne d’entrée sa formation de gala, en 4-1-3-2,
avec Fernando en sentinelle devant sa défense et un duo Cavenaghi-Chamakh
entrevu uniquement contre Boulogne, pour un résultat décevant à l’époque.
Montpellier reste dans sa philosophie de jeu avec une équipe offensive. Bien
pour le spectacle, mais surprenant pour une formation se rendant sur les terres
bordelaises. Gourcuff allume la première banderille dès la 4ème
minute sur un coup franc côté gauche avec un centre qui est à deux doigts
d’être dévié par Cavenaghi mais le portier montpelliérain dégage. Le breton
arme ensuite à la 6ème minute un bon tir, mais sans souci pour
Jourdren. Le match est tactique mais agréable, les girondins semblent avoir la
main mise globalement mais ne parviennent pas à se procurer de franche
occasion. Et sont à la merci d’un contre de Montpellier. A la 33ème
minute, Montano est lancé en profondeur dans la surface. Il va se présenter en
face-à-face avec Carrasso mais Ciani revenu de derrière le bouscule. Le
colombien joue bien le coup mais le pénalty est indiscutable, et l’expulsion
derrière logique, Michael étant le dernier défenseur. C’est la triste règle de
la double peine qui est appliquée, celle dont nous avions profité en
demi-finale de Coupe de la Ligue
avec Koscielny. Alberto Costa se présente face à Carrasso mais ce dernier
détourne la frappe sur son côté gauche. Bel exploit de Cédric, mais on va jouer
à 10 pendant une heure, sans avoir pu trouver la faille à 11. Cette action
réveille aussitôt Gourcuff qui décoche à la 34ème minute un bon tir
à côté des cages de Jourdren. Montpellier semble prendre de plus en plus
confiance et accule les bordelais avant la mi-temps. Nouvel événement contraire
à la 41ème minute : sur une tête de Montano au point de
pénalty, Chalmé dévie le ballon de la main. Geste incompréhensible de Mathieu,
un peu similaire à celui de Chamakh contre Saint-Etienne. Le deuxième rouge
aurait du tomber, mais bizarrement, M. Bré n’accorde ni jaune ni rouge. Cette
fois-ci c’est Montano qui va tenter la transformation. Le premier essai est
marqué mais à retirer, après avoir marqué un temps d’arrêt dans sa course.
Deuxième tentative et nouvel exploit de Carrasso qui se couche bien sur sa
gauche pour dévier le tir du colombien. Deux pénaltys arrêtés en 10 minutes et
troisième échec des adversaires en comptant Bergessio de Saint-Etienne.
Bordeaux aurait-il transmis à ses adversaires son chat noir de l’automne dans
cet exercice ? Toujours est-il que la pause intervient et qu’on se demande
finalement si les Girondins ne peuvent pas créer la surprise, vu le déroulé de
la rencontre. A noter une tension palpable entre les deux formations, bien
entretenue par un arbitrage musclé qui n’aide pas à calmer les esprits.
Dès la reprise, on voit Cédric Carrasso réunir
ses coéquipiers pour les galvaniser. C’est pourtant Marveaux qui s’infiltre à
la 50ème minute dans la surface mais n’ajuste pas son tir. Bordeaux
réussit enfin à décocher une bonne frappe par Fernando à la 54ème
minute, bien arrêtée par Jourdren. Arrive alors la 58ème minute.
Spahic sort pour se faire soigner un court instant et les deux équipes se retrouvent
en égalité numérique. Trémoulinas tire un coup franc sur la tête de Chamakh à
l’entrée de la surface. Le marocain dévie pour Plasil qui perd la balle mais la
défense montpelliéraine dégage mal. Chamakh en embuscade reprend instantanément
et adresse un missile des20
mètres qui finit au ras du poteau de Jourdren, battu.
Superbe but pour l’attaquant bordelais, qui nous surprend avec ce but … avec
les pieds, mais ô combien magnifique. Au vu du match, on semble s’acheminer
vers le hold-up parfait, car cette frappe est la seule véritable occasion pour
les locaux. Mais Montpellier n’arrive plus à emballer le match dans cette
deuxième période et Bordeaux arrive à bien contenir les assauts héraultais, qui
gardent la maitrise du ballon. Laurent Blanc opère un double changement à la 77ème
minute avec les rentrées de Jussie et Sertic afin d’apporter du sang neuf dans
ce combat homérique. Le jeune Grégory aurait définitivement assuré la victoire
des siens mais son tir de la 81ème minute est bien repoussé par
Jourdren. Puis Camara rate l’égalisation à la 89ème minute en
dévissant sa reprise à bout portant. Sertic à son tour dans les arrêts de jeu
ne peu exploiter un cafouillage dans la surface. L’exploit bordelais est tout
proche, mais M. Bré siffle un coup-franc illogique à la 93ème minute
sur une main, ou plutôt un coude de Fernando. Le brésilien fait toujours très
attention à bien coller ses bras dans le dos dans ses phases défensives. Là, le
ballon vient heurter son coude, il n’y aurait pas du y avoir coup-franc.
Laurent Blanc demande un mur à quatre, mais seulement trois bordelais bâtissent
cette mini-muraille. Alberto Costa d’une lourde frappe transperce sans
difficulté ce mur et Carrasso commet la seule faute main de son match, en
n’arrivant pas à boxer la balle qui se loge dans son soupirail gauche.
Incroyable scénario, le héros bordelais fait le bonheur de l’Hérault. Et les
deux co-leaders se partagent les points.
Score logique mais les girondins tenaient le
bon bout, et cette victoire aurait fait un bien fou d’un point de vue mental
même si sur le plan du jeu, il n’y avait pas grand-chose à retirer.
Heureusement, aucun des rivaux n’a gagné ce week-end. Status quo. Difficile
d’analyser ce match puisque l’expulsion de Ciani a modifié le cours normal du
match. Carrasso fut sans conteste le héros malheureux du match avec ces deux
exploits sur pénalty, mais aussi sa faute de main sur l’égalisation. Mais
comment a-t-on pu laisser un mur de trois hommes sur la dernière occasion
montpelliéraine ? L’arbitrage de M. Bré fut également contestable, avec
des décisions aléatoires, comme l’expulsion de Chalmé non accordée et ce coup
franc imaginaire de Fernando à la fin. A dix, Bordeaux s’est battu
admirablement face à une équipe de Montpellier séduisante pour un promu, mais un
brin truqueur, cherchant facilement le conflit.
Au final, on se contentera du point du nul,
mais cette égalisation est très frustrante. On sort de ce match avec un gout
amer, ne sachant pas trop s’il s’agit d’un bon point ou de deux de perdus, face
à un rival. Avec tous ces matchs en retard, on n’a plus de marge de manœuvre.
Il faudra battre Auxerre dès mercredi, si le match a lieu. Puis bien négocier
un périlleux déplacement à Monaco ce week-end. Mais on a senti tout de même des
bordelais manquant de rythme, face à des visiteurs jouant toutes les semaines.
Ce fichu calendrier risque de nous poser de nouveaux problèmes.
Allez Bordeaux, on reste en tête, mais il faut
désormais engranger des points et des victoires pour se redonner de l’air, et
enfin produire un match plein, chose très rare ces derniers temps.
Les joueurs
Cédric Carrasso : A une minute près, il était le héros du match.
En stoppant deux pénaltys, il maintient les siens à flot. Mais son mini-mur à
trois et sa faute de main gâche un peu sa prestation. Mais après deux beaux
exploits, on ne lui en veut pas…trop. A noter son implication de plus en plus
grande dans un rôle de leader, en parlant aux joueurs à la mi-temps
Matthieu
Chalmé : Un match très très compliqué. Il aurait dû être expulsé pour sa
main volontaire amenant le deuxième pénalty. Beaucoup de mal à stopper les
montées des vifs ailiers montpelliérains, il a semblé souffrir du manque de
rythme et de matchs depuis une vingtaine de jours
Michaël
Ciani : Plutôt bon, jusqu’à son expulsion logique dès la demi-heure de jeu,
pour avoir laissé filé dans son dos Montano.
Marc
Planus : Très costaud dans les moments difficiles, il n’est pas impliqué
dans les différentes actions dangereuses montpelliéraines. Un très bon match,
comme souvent cette saison
Benoit
Tremoulinas : En difficulté comme Chalmé face aux montées et aux
dédoublements des attaquants héraultais, il a néanmoins tenté d’apporter son
soutien sur les rares occasions bordelaises. Mais moins tranchant qu’il y a
quelques mois.
Fernando
: Nouvelle occasion de voir le brésilien dans un rôle de sentinelle. Plutôt
à son avantage ce soir, avec de l’engagement, du courage au cœur de la bataille
du milieu. Mais pas de réussite dans ses tentatives offensives.
Wendel:
Très discret dans son couloir, il n’a pour ainsi pas peser offensivement.
Défensivement, il n’a pas non plus connu son abatage habituel, mais on sait que
le brésilien n’aime pas le froid. Pas forcément une excuse.
Jaroslav
Plasil : A l’origine du but de Chamakh, il a beaucoup travaillé sur son
côté droit, notamment dans le repli défensif, en récupérant beaucoup de
ballons. Moins en vu comme toute l’équipe durant les phases offensives, mais
dans un match comme celui-ci, il est bien plus utile que Gouffran, moins
concerné par le travail défensif
Yoann
Gourcuff : Le problème avec Yoann, c’est qu’on espère toujours le voir
réitérer ses exploits de l’an dernier. Mais visiblement, on ne le reverra plus
cette année. Reste alors un joueur précieux par ses qualités techniques, son
engagement sans faille, qui doit encore travailler ses coups de pieds arrêtés.
En espérant le revoir devenir décisif, car c’est tout le jeu offensif bordelais
qui dépend de son état forme… Et c’est peut-être là le problème, tout reposer
sur un seul joueur.
Marouane
Chamakh : Encore un gros match, très vite esseulé après la sortie rapide de
Cavenaghi. Il a assure comme d’habitude le boulot devant et derrière, et marque
un superbe but d’une frappe inhabituelle pour lui de vingt mètres. S’il se met
à mettre des buts comme ça, il va vraiment devenir un attaquant ultra complet.
S’il veut encore rester chez nous l’an prochain, pas de problème.
Fernando
Cavenaghi : Le malheureux de
la soirée. Laurent Blanc qui lui redonne une chance s’excuse auprès de lui
lorsqu’il fait rentrer Sané. Durant sa petite demi-heure de jeu, il aurait pu
dévier un coup franc de Gourcuff pour ouvrir le score.
Remplaçants
:
Lamine
Sané : Rentré à la demi-heure
de jeu pour rejoindre Planus dans l’axe de la défense, il a livré une
prestation solide, rarement pris en défaut.
Jussie : Bonne rentrée pour Jussie qui s’est
de suite mis au niveau de ses coéquipiers pour tenter de conserver le point du
nul.
Gregory
Sertic : Aurait pu tuer le
match si Jourdren n’avait détourné sa bonne frappe en fin de match. Très présent
dans le jeu offensif, il a apporté sa fougue et son énergie, comme d’habitude
depuis quelques mois, où ses rentrées sont très intéressantes.
La feuille de match
27ème
journée de la Ligue
des Champions 2009-2010
Dimanche
7 Mars 2010 à 21h00
Stade
Chaban-Delmas (Bordeaux)
Arbitre
: M. Stéphane BRE
Buts :
Chamakh (59ème) pour Bordeaux, Costa (94ème) pour
Montpellier
Les
cartons jaunes : Chalmé (37ème), Fernando (93ème) pour
Bordeaux – Costa (35ème), Aït-Fana (48ème), Camara (58ème),
Spahic (89ème) pour Montpellier
-27 494 spectateurs, affluence décevante ce soir
pour l’affiche entre les deux premiers
-Après le retour de Laurent Blanc sur ses terres au
match aller, c’est au tour de René Girard de revenir en Gironde, là où il
écrivit ses plus belles pages de joueur
-Montpellier se la joue à la bordelaise, en ratant deux
pénaltys en un seul match.
-3ème pénalty concédé par Ciani cette saison
et 7 pénaltys au total contre les girondins